mardi 3 août 2004
Jean-Pierre Raffarin parlerait de modernisation de l’appareil d’Etat, d’une administration au service des citoyens et autres formules politiquement correctes et et facilement vendeuses...
Mais la réalité est plus prosaïque. Voici quelques exemples tirés du quotidien. Exceptionnels aujourd’hui, ils seront banals demain.
La santé au travail plus assurée. Un décret publié au JO du 30/07/2004 réforme la médecine du Travail, de façon à faire crouler les médecins du Travail sous la surcharge de travail [1] (= dégradation du service). [2].
Des délais incroyables pour disposer d’une fourniture électrique. Ainsi un habitant de Niort qui emménageait dans son HLM a-t-il dû attendre une semaine avant de pouvoir bénéficier d’une fourniture électrique, et a été contraint d’aller loger chez un ami en attendant qu’EDF dispose d’un agent pour aller reposer le compteur (EDF l’avait déposé derechef parce que le locataire précédent était mauvais payeur). [3]
Le courrier non distribué en cas de maladie courte d’un facteur. Les effectifs des facteurs, rapportés à la réorganisation des zones de tournée entraîne des effectifs en flux "tout-juste-suffisant" sur les zones rurales. Concrètement, quand un facteur tombe malade inopinément, il n’y a plus personne pour le remplacer : ses collègues prennent sur eux s’ils sont des convaincus du service public, sinon, le courrier n’est pas distribué. [4]
Et demain, la sécurité du consommateur plus assurée ? Le président sortant (et qui ne se représente pas au poste [5]) du Conseil de la Concurrence propose avant de partir de "concentrer" l’institution qu’il dirige avec la Direction générale de la Consommation, de la Concurrence et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) [6]. L’homme prenant soin de préciser "qu’il est possible de se réformer et d’améliorer sa productivité, sans forcément augmenter ses moyens budgétaires", il est sur la bonne voie...
Celle de la "modernisation" de l’Etat. Ca se passe comme ça...
[1] Surcharge évaluée à 30% selon le syndicat CGC, qui dénonce là "le fruit de la soumission [gouvernementale] au Medef".
[2] Source : Les Echos n° 19213 du 03/08/2004
[3] Source : La Nouvelle République n° 18164 du 03/08/2004
[4] Source : mon facteur.
[5] "Le mandat de l’actuel président arrivant à échéance fin juillet, son successeur devrait être nommé dans les prochaines semaines par décret du Premier ministre sur proposition du ministre de l’Economie." précisent Les Echos.
[6] Source : Les Echos n°19197 du 9/07/2004.