vendredi 2 avril 2004
En même temps qu’il passait de la place Beauvau à Bercy, Nicolas Sarkozy était élu président du conseil général des Hauts-de-Seine. Elu hier, il succède à Charles Pasqua.
S’il se tenait à la règle imposée par Jacques Chirac, celle du non-cumul des mandats quand on est au gouvernement [1], Nicolas Sarkozy ferait sans doute ce qu’il a dit qu’il ferait, à savoir coller son 1er vice-président du conseil général à la "présidence par intérim". Mais dans la réalité, ca ne se passe pas comme ça pour Nicolas Sarkozy, qui se juge sans doute au-dessus des règles de bienséance édictées par Chirac.
La présidence par intérim se fera donc "dans quelques semaines, une fois notre organisation mise en place". Devant les journalistes médusés, le ministre de l’Economie cumulard a juste eu le temps après cette déclaration d’insister sur la nature de son engagement pour le département en forme de croissant de lune : "ferme, durable et, que personne n’en doute, résolu".
A un journaliste qui lui demanda si ces deux fonctions ne représenteraient pas "beaucoup de travail", le sémillant Sarko répondit : "C’est à vous de porter un jugement si je fais du bon travail ou pas. Vous connaissez mon appétit pour le travail".
[1] A noter que Nicolas Sarkozy n’est pas le seul concerné, loin de là, mais qu’il est le seul à opérer un cumul "descendant" (déjà au gouvernement, il fait le choix de gagner un mandat territorial). Sont par ailleurs concernés par la règle -non écrite- du non-cumul : Philippe Douste-Blazy (maire de Toulouse), Serge Lepeltier (maire de Bourges), Marie-Josée Roig (maire d’Avignon), Eric Woerth (maire de Chantilly), François d’Aubert (maire de Laval), Gérard Larcher (maire de Rambouillet), Nelly Olin (maire de Garge-lès-Gonnesse, Marc-Philippe Daubresse (maire de Lambertsart), François Goulard (maire de Vannes), Philippe Briand (maire de Saint-Cyr-sur-Loire), Nicolas Forissier (maire de La Châtre. Quant à Hubert Falco il est toujours maire de Toulon et au gouvernement depuis 2 ans. Tous des cumuls "ascendants", de vrais obligés et non pas un candidat à l’Elysée aux dents longues...