Ca se passe comme ça

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Dérives des milices privées de supra-épiciers...

Viens dans mon supermarché, te faire péter !

vendredi 25 mars 2005, par 16 bis


- L’INSEE a publié avant-hier (22/03/2005) les chiffres de la consommation des ménages de février. Pas de chance pour Raffarin, ils ne sont pas très bons, dites donc...
- Il faut dire qu’ils ne sont pas aidés les ménages, pour "bien" consommer : à chaque fois qu’ils vont au supermarché, ils prennent le risque de se retrouver au violon, ou de se faire péter la gueule !

[Bienvenue dans un monde meilleur ! ->http://supermarcheferraille.free.fr]

Bienvenue dans un monde meilleur !
DR

Ca se passe comme ça... Voici deux histoires apparemment normales, anodines (sauf pour ceux qui l’ont vécu), quasi banales... qui se sont déroulées récemment dans la France profonde...

Et soudain la caissière : "Votre compte est bon mon gaillard !"

Olivier, était rapidement passé ce jour là, à la grande surface niortaise où il a habitude de faire les courses... Il devait d’urgence se procurer une mangeoire et des graines pour piaf [1].

Il trouve, passe en caisse et s’imagine peut-être alors déjà rentré chez lui... Fatale erreur !

Car lors de son passage en caisse, pour payer ces courses dont l’ardoise s’élève à 5,30 euros, voilà que la caissière de l’hyper fait une tête bizarre...

Oubliant sans doute qu’il y a certainement des raisons à ce que, dans cette société impitoyable, elle ne soit que caissière, et se prenant sans doute alors à cet instant pour un expert en billets de la Banque centrale européenne, voilà qu’elle flaire une embrouille... Un énorme réseau de faux-monnayeurs pour sûr !

"Il est passé à la machine à laver ?" demande-t-elle alors à Olivier, inquisitrice, évoquant un billet de 5 euros... Avant de l’accuser ouvertement et publiquement de refourguer de la fausse monnaie !

A ce stade, on peut raisonnablement se demander dans quelle mesure la hiérarchie de la caissière n’avait pas matraqué des consignes de vigilance sécuritaire à son petit personnel. Car appelés en renfort, les responsables du magasin scrutent à leur tour la coupure...

Ils concluent indiscutablement à un faux et appellent la police. Ca se passe comme ça ! [2]

Et voilà notre pauvre Olivier citoyen modèle qui vient simplement consommer, qui se retrouve embarqué au poste, escorté de trois policiers ! L’humiliation publique était en promo ce jour là ! En prime, il se fait confisquer son billet de 5€, qui est envoyé pour expertise à la Banque de France. [3]

Leclerc pète la gueule à ses clients !

Plus fort encore que l’histoire d’Olivier, celle de Stéphane, survenue mercredi dernier (15/03/2005) dans un supermarché angoumoisin [4].

Il vient chercher un salon de jardin pour accompagner le retour du beau temps... Il est en famille, avec sa femme et sa fille de 4 mois. Comme toujours pour ce genre de "gros" achats, il attend un moment un vendeur responsable de rayon [5].

Dans l’attente, il joue avec sa fille... Il raconte la suite : "J’ai pris des peluches et une poupée qui était sortie de son emballage. J’ai tout reposé ensuite. Nous avons payé et c’est après les caisses que les deux vigiles nous ont rattrapés. Ils m’ont dit : "Vous avez été filmé en flagrant délit de vol, vous savez ce que vous avez pris, vous restez ici".

Les vigiles réclament le ticket de caisse et se permettent de fouiller la poussette du bébé ! [6]

"Je ne voulais pas être fouillé. Ils m’ont dit qu’ils allaient appeler la police et que je devais attendre. Je leur ai dit que je voulais raccompagner ma femme à la voiture. Ils ont commencé à m’agripper. J’en ai peut-être légèrement bousculé un à l’épaule et j’ai pris un premier coup de poing au visage. Je me suis retrouvé par terre avec un bras coincé et une main qui m’étranglait. Je suis resté bloqué pendant deux à trois minutes".

A ce moment, sa femme affirme avoir été bousculée au sol avec sa fille dans les bras... Avant de pouvoir s’extirper de la scène avec un autre employé du Leclerc, pour amener la table de jardin à la voiture [7]

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(c) 1973 Gilbert Shelton

Pour Stéphane, ça empire : "Ils m’ont emmené dans un couloir, m’ont forcé à m’asseoir. J’ai refusé. J’ai pris un nouveau coup de poing au visage. Un d’eux m’a dit : "On va voir qui commande, tu vas moins rigoler". Un gars de Leclerc est venu en chemise cravate et leur a demandé de faire moins de bruit. Ils m’ont traîné dans les vestiaires. Je me suis battu avec le plus petit des deux. J’ai été frappé par derrière et j’ai perdu connaissance quelques instants. J’ai pris des coups de pied un peu partout. (...) Le type avec la chemise cravate est revenu. Il m’a vu en sang mais n’a pas réagi. Il m’a juste demandé de me rasseoir".

Les policiers sont venus et ont derechef appelé les pompiers pour la prise en charge de Stéphane.

Deux jours plus tard, après un passage à l’hôpital, Stéphane est allé déposer plainte. Le centre Leclerc et un des vigiles l’avait précédé, portant plainte contre lui respectivement pour vol à l’étalage et coups et blessures. [8]

En attendant, il est couvert de bleus, a un oeil en drapeau, un traumatisme crânien et le nez fracturé ! En ITT jusqu’au 28 mars, il se fait donc offrir sa table de jardin par la Sécurité Sociale...

Mais il a consommé ! Quel courage !

Notes

[1] Histoire citée par La Nouvelle République du Centre-Ouest, n° 18356, 19-20/03/2005.

[2] A noter malgré tout que pendant que la force publique se déplaçait au magasin, la caissière acceptait sans broncher une autre coupure (10€) de la part d’Olivier qui consomma donc quand même, ce bon citoyen qu’il est ! Il va sans dire qu’à Casepassecommeça, on leur aurait envoyé au tapis (roulant) leurs graines !

[3] Ah oui, au fait, le billet était parfaitement authentique, cela va de soi. La Boulange aux faffes a confirmé. La coupure fut restituée.

[4] Et citée par Charente Libre, n° 18704, 22/03/2005, qui "sort" l’histoire.

[5] Espèce rare s’il en est de nos jours... Avez-vous remarqué comment, il faut toujours attendre deux plombes dans les grandes surfaces, pour qu’un vendeur s’occupe de vous ?

[6] Il est utile de rappeler ici que de vulgaires vigiles privés n’ont aucun autre droit que d’appeler la police. Ils n’ont ni le droit de vous palper (sauf en cas d’arrêté préfectoral ad hoc, ce qui dans le cadre d’un supermarché n’est pas prêt d’arriver), ni de vous fouiller (ils peuvent vous demander d’ouvrir un sac, mais pas le fouiller sans votre consentement), ni de vous retenir (Sur ces points, voir : Syndicat de la Magistrature ). A fortiori, ils ne peuvent contrôler votre identité (voir : Service-public et le Code de procédure pénale ).

[7] On remarquera là encore que Stéphane consomme quand même, laissant environ 150 euros à un supra-épicier qui le fait tabasser !

[8] Méthode bien connue des auteurs de tabassages, que celle de juridiquement attaquer le premier pour organiser ensuite sa défense sur la base de la "parole contre parole"...

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2 Messages de forum

  • bonjour, je suis caissiere dans un centre leclerc et je tenais a préciser que si la caissiere a refusé ce billet qui lui semblai faux c’est tout simplement qu’au dessus elle a un supérieur hierarchique qui la guette a la moindre erreur.Il faut savoir que l’encaissement d’un faux par la caissiere lui vaut un avertissement.Une caissiere doir controler les billets si un d’eux lui semble suspect elle doit appeler la sécurité (c’est ce pourquoi elle est payée) et ensuite c’est eux qui voient.Ce n’est pas contre le client.En revanche j’avoue que de regarder le client avec un regard inquisiteur n’était pas une force majeur

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