Et ca se passe effectivement comme ça. Lundi 26 janvier 2004, la gendarmerie a effectué une descente à Candé (49) [1], et a arrêté à l’usine Aubret [2] une dizaine de ressortissants Maliens qui travaillaient dans les abattoirs, nous apprend Le Figaro Entreprises [3].
Les esclaves maliens ont aussitôt été placés en rétention administrative avant embarquement charter prévu destination Bamako. Carlos Dos Santos, un responsable local de l’employeur [4]des Maliens, a été placé en détention par le tribunal correctionnel d’Angers pour aide à séjour irrégulier. L’entreprise pourrait de surcroît être accusée de trafic de main-d’oeuvre et d’abus de vulnérabilité. Le groupe agroalimentaire ayant fait travailler les Maliens en bout de chaîne, pourrait être poursuivi également en tant que donneur d’ordres...
Sinon y’a pas que de sinistres nouvelles dans le grand Ouest. Quelques pages plus loin, Le Figaro Entreprises nous rassure... Pages 28 à 36, un dossier [5] "Emploi Grand Ouest", sous ce gros titre : "Un vent d’optimisme souffle sur le grand Ouest". Juste sous le titre, la photo : une ravissante jeune fille, la vingtaine pétillante et les dents blanches posant devant une agence CIO Banque. Sous la photo un encadré faisant les présentations titré : "Carrière sur mesure". Sous le papier principal, un hors-texte : "Les recrutements sur la bonne tendance".
[1] En plein coeur des Pays de la Loire, région du ministre du Travail et des Affaires sociales.
[2] L’usine d’abattage appartient au groupe agroalimentaire Cecab , "également propriétaire des légumes D’Aucy et des oeufs Matines, qui fournit notamment la grande distribution" nous précise Le Figaro Entreprises.
[3] Du lundi 2 février 2004, n° 18503, page 6, un excellent papier de Jean-François Arnaud.
[4] L’employeur, une société baptisée GID semble avoir opéré ici une sorte de portage de salariés, les recrutant et les mettant à disposition. Une activité, "pour le moins, juridiquement floue" précise Le Figaro Entreprises, qui rappelle que le principe de portage de salariés est strictement réglementé (par exemple les réseaux de travail intérimaire, NDLR). "D’après la LDH, le GID, qui porte plainte contre son homme de main, aurait fourni en deux ans 350 salariés portugais, ainsi qu’une cinquantaine de Maliens aux abattoirs Aubret, à Saint-Mars-la-Jaille (Loire-Atlantique), à une société de Saint-Macaire-en-Mauges (Maine-et-Loire), et à une autre, près de Vannes (Morbihan)" précise L’Humanité .
[5] Dont 5 pages de PA.