Ca se passe comme ça

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Fuites de gaz en liberté, pompiers aux abonnés absents...

Quand la dérégulation des services publics peut vous péter à la gueule !

mercredi 18 août 2004, par 16 bis


- C’est l’histoire de deux défaillances des services publics d’urgence survenues simultanément en deux endroits de Poitou-Charentes...
- Cela aurait pu être n’importe où en France. Cela va se reproduire de plus en plus souvent maintenant. On est censé s’y faire, ça se passe comme ça.

Ca s’est passé exactement comme ça en France dimanche dernier. Un habitant du quartier Ma Campagne à Angoulême sent une forte odeur de gaz dans sa rue devant son domicile. Il est 22 heures et il décide d’appeler les pompiers.

Les hommes du SDIS arrivent rapidement sur place et constatent la réalité de la fuite. Ils alertent aussitôt GDF. Quelques minutes plus tard, l’agent GDF d’astreinte est sur place et localise la fuite.

"Rassuré, notre habitant pense que l’agent va réparer de suite" écrit le quotidien Charente Libre, qui relate l’histoire [1].

Ce qui n’arrive pas, GDF ayant déjà subi les effets des thèses dérégulatrices, l’entreprise externalise tout ce qu’elle peut. C’est une société privée basée à Chabanais, à quelque 60 kilomètres d’Angoulême qui est désormais officiellement en charge de ce type d’intervention. Et bien évidemment, dans cette société, pas d’astreinte, pas autant d’agents que GDF, etc.

Si bien que la fuite de gaz sur la voie publique n’a cessé qu’à une heure du matin, soit 3 heures après sa découverte ! "Le gars de GDF, lui, est resté sur place tout ce temps pour surveiller, mais les mains dans les poches" précise Charente Libre.

Moralités : GDF est déjà dérégulée. L’etat du réseau laisse à désirer (il y a des fuites). La gestion efficace des urgences gaz n’est plus assurée. Vive la déréglementation.

Partez-pas, y’a une fuite !

C’est donc la sécurité aux personnes même qui est menacée par l’excès de libéralisme [2]. Le pire, c’est qu’à force de progresser, les thèses libérales pètent tout peu à peu [3]. Et en se multipliant, elles deviennent dangereuses par effet de superposition/accumulation...

Ainsi, si Angoulême avait été situé non en Charente mais en Deux-Sèvres, département voisin, notre habitant de Ma Campagne, il aurait bien pu péter avec sa maison ! Car au même moment dans tout le département des Deux-Sèvres, le "18" ne répondait plus !

En effet, à 21 heures ce dimanche soir, les huit lignes acheminant les appels au CODIS de Chauray (sorte de standard des pompiers, centralisant les appels 18) "tombent". Plus aucun appel au 18 ne passe en Deux-Sèvres, les pompiers sont sur les dents, et préviennent aussitôt leurs homologues du secteur secours (15, 17...).

La cause de la panne tient en fait en un problème de serveur France Télécom, situé entre le central de Niort et le SDIS. Comme chez France Télécom, y’a aussi tout un paquet de gugusses qui sont passés pour optimiser la performance, "Top 2005" et tout ça, et qu’en plus, on est les rois du monde de la technologie IP et tout ça, les techniciens en charge de la maintenance de ces routeurs deux-sèvriens sont basés à... Toulouse (Haute-Garonne) ! Pas de problèmes, ils télé-interviennent les gars, ils auraient tort de se gêner.

Sauf que là, pas de chance : "Le centre de Toulouse a détecté le dérangement mais n’a pas réussi à régler le problème à distance. Un technicien d’astreinte s’est rendu sur place pour faire repartir le serveur" précise un cadre de la DRFT à La Nouvelle République du Centre Ouest, qui s’est renseignée sur l’affaire. [4] En l’occurence, le système est resté planté pendant plus de deux heures, avant que les appels aux pompiers ne "passent" de nouveau.

Le responsable régional FT précise que "la sécurisation des lignes dépend de ce que demande le client" et qu’ici en l’occurence, "toutes les lignes passaient au même endroit". [5]

Pour autant "l’opérateur n’envisage pas de modifier la ligne" relate la "NR". Le lecteur des Deux-Sèvres est prévenu, l’indisponibilité du 18 pourra se reproduire...

Moralités : FT est déjà dérégulée. Plus chiant, cela impacte la qualité des services de secours en France [6] et on "n’y avait pas pensé dites donc !". Les gens peuvent crever... Vive le numérique ! Vive la déréglementation !

Documents joints

Notes

[1] Charente Libre du 17/08/2004.

[2] On parle beaucoup de sécurité aux Français, on leur dit qu’ils sont menacés par de vilains terroristes qu’il convient de terroriser... Mais en attendant, les gens meurent aussi -et de plus en plus souvent- dans des accidents d’industries dangereuses mal gérées.

[3] Ainsi, le dernier avatar de cette avancée fût la réforme de statut d’EDF-GDF menée à la hussarde par Nicolas Sarkozy, qui impactera surtout la qualité de la prestation électrique (transport et fourniture) puisque, on le voit ici, la qualité GDF a déjà été largement "réformée" de l’intérieur. Lors de son baroud d’honneur des arrachages de compteurs, la CGT en a prédit les premiers effets visibles d’ici 4 à 5 ans...

[4] La Nouvelle République, Ed. Deux-Sèvres, du mercredi 18 août 2004.

[5] Amis pompiers, vous aurez compris que vous êtes désormais un client comme un autre, si vous voulez la sécurisation de votre réseau -fût-il d’urgence-, ça se demande et ça se paie !

[6] Le 18 est le premier numéro instinctivement appelé par les Français en cas d’accident.

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2 Messages de forum

  • Ils vivaient à la bougie : deux morts dans un incendie

    La famille endettée s’était fait couper l’électricité six jours auparavant. Par Anne DALAINE

    samedi 21 août 2004 (Liberation - 06:00)

    n peut mourir à cause de 1 700 euros de dette à EDF. C’est la spirale affreuse de la précarité : plus d’argent, plus d’électricité au compteur et une bougie pour toute lumière, qui finit par embraser l’appartement.

    C’était mercredi à 0 h 45 à Saint-Denis, au troisième étage d’un HLM de la place des Pianos. Six personnes d’une même famille originaire de la République démocratique du Congo (RDC) dorment dans un appartement où « une bougie a été allumée contre la peur du noir des plus jeunes enfants », raconte Patrick Braouezec, député-maire PCF de Saint-Denis. Le courant est coupé depuis six jours. La bougie enflamme un des lits. Le père et sa fille de 6 ans sont morts intoxiqués. La mère et les trois autres enfants ont été légèrement intoxiqués et hospitalisés.

    « La famille a bénéficié d’un an de service de maintien d’énergie - 3 000 watts -, alors que la durée moyenne est généralement d’un mois, et d’un mois de service minimum - 1 000 watts -, se justifie l’entreprise de service public. Nous les avons par ailleurs contactés dix-sept fois, par téléphone, lettre recommandée ou en envoyant des médiateurs sur place. »

    Dans le cas présent, la mère de famille s’est rendue à la mairie la veille de la coupure annoncée, pour dire qu’elle allait régler ses factures. L’assistance sociale a cherché à négocier avec EDF, en vain.

    La situation de la famille n’était connue des services sociaux depuis 2001 que pour une dette locative. Elle ne bénéficiait pas du fonds social énergie, aide dont ont pu profiter 11 000 personnes en Seine-Saint-Denis l’année dernière.

    « C’est un dispositif qu’il faut solliciter, or il n’existe pas de système d’alerte des services sociaux par EDF, contrairement à l’office HLM, regrette Stéphane Peu, adjoint au maire de Saint-Denis. C’est là la preuve qu’EDF n’a pas de politique sociale. »

    Même constat du côté du sociologue André Decroix, qui travaille sur la pauvreté dans les banlieues : « Tout ce qui précarise les gens les met un peu plus en danger. Il y a un double langage par rapport à la fourniture d’électricité. On laisse entendre qu’il n’y aura plus de coupure quand il s’agit de prôner la cohésion sociale. Mais derrière ce discours officiel, il y a une vraie course à la rentabilité qui va dans le sens de l’évolution du statut d’EDF-GDF. » En dix ans, selon EDF, le nombre de coupures a tout de même été réduit de 70 % et a concerné 215 000 familles en 2003.

    Patrick Braouezec constate, lui, au contraire, « une recrudescence des coupures ces derniers mois », coupures qu’il qualifie de « pratiques inhumaines ». Déjà, en 1997, deux fillettes étaient mortes à Saint-Denis dans un incendie causé par une bougie.

    Voir en ligne : même cause, mêmes effets hélas

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  • > Et ça continue...

    21 mai 2005 12:57


    - Dysfonctionnement ponctuel du serveur Free : le standard des pompiers parisiens saturé
    - 20 mai 2005 10:14

    Le dysfonctionnement du serveur du fournisseur d’accès à internet Free jeudi dans la soirée a entraîné l’acheminement des numéros composés par ses abonnés commençant par 01 50 et 01 70 vers le 15 et le 17, saturant ainsi pendant une heure trente les standards téléphoniques des pompiers et du SAMU parisiens, a-t-on expliqué vendredi de source industrielle.

    Les autres numéros débutant par exemple par 01 60 ou 01 80 pouvaient aboutir, eux, à une sonnerie de ligne occupée, a-t-on ajouté de même source.

    Cet incident, qui a été réglé une heure trente après son signalement, fait suite à une opération de mise à jour d’équipements réseaux voix sur IP produit par une filiale du groupe Thomson.

    De 19h00 jusqu’à 20h30 les pompiers ont reçu 400 appels par heure contre 300 en temps normal, avaient-ils indiqué.

    (...)

    Voir en ligne : Source : TSR.ch

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