Elections de 2007
Parce que Raffarin cherche la meilleure configuration possible pour l’UMP...
jeudi 13 janvier 2005, par 16 bis
Le conseil d’Etat a retoqué hier la dernière configuration électorale pour 2007 échafaudée par Matignon (sénatoriales en 2007, municipales repoussées en 2008), au motif qu’il était peu démocratique d’envisager l’élection de sénateurs par des conseillers municipaux dont le mandat aurait été artificiellement prolongé. [1]
Et cela paraît logique, en effet, que le conseil d’Etat toussote : le calendrier initial normal prévoit des municipales avant les sénatoriales. En inversant -soi-disant pour raisons techniques- l’ordre de ses 2 élections, Jean-Pierre Raffarin manœuvre tactiquement : les sénateurs de 2007 seraient élus par les conseillers municipaux actuels, élus en 2001, une "grande année" pour la droite.
Raffarin est donc toujours aussi aux ordres de l’Elysée, toujours aussi boutiquier et... toujours aussi malheureux avec la réforme des procédures électorales. [2] Mais Matignon n’a pas fini ses petits calculs et s’est ainsi empressé de préciser, à la suite de l’annonce du Conseil d’Etat, que les décisions de ce dernier n’étaient que consultatives !
Le calendrier électoral initial prévoyait ceci :
Mars 2007 : municipales et cantonales
Avril 2007 : présidentielles
Mai 2007 : législatives
Septembre 2007 : sénatoriales
A ce niveau là, à Casepassecommeca on a une question toute naïve : Où est le problème ? Et d’autres interrogations qui suivent. Pourquoi faut-il chambouler le calendrier ? [3] Pourquoi ne peut-on pas respecter les procédures prévues ? Pourquoi les grands spécialistes en droit constitutionnel, les politiques et autres élites envisagent-ils maintenant de prolonger le mandat des sénateurs ? [4]
La réponse nous est donnée par Le Figaro du jour [5] : "Tout le monde estime que cela poserait des difficultés difficiles à surmonter". Mais encore ? Au Figaro de poursuivre : "Des raisons pratiques sont invoquées : une surcharge de travail insupportable pour les services municipaux qui organisent les bureaux de vote, la difficulté, rendue encore plus aiguë, de trouver des scrutateurs et des assesseurs. Sans compter la lassitude du corps électoral et ses conséquences sur l’abstention".
A ce stade, on se demande si ledit corps électoral n’est pas tout simplement pris pour un gros con par les politiques et par les journalistes relayant d’aussi "fausses bonnes raisons"... Mais après tout, les bobards à deux sous, plus c’est gros, plus ça passe, non ?
Et alors si on accepte l’argument de cette soi-disant complexité qui ferait soi-disant fuir le citoyen [6], pourquoi pondre des scénarii de substitution tous plus complexes les uns que les autres ? Pourquoi remplacer une complexité par une autre complexité ? Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
La simplicité, la voilà : organiser toutes les élections le même jour (où plutôt les mêmes deux dimanches, un pour chaque tour).
Un seul scrutin [7] aurait l’inestimable avantage de réduire d’un coup à néant toutes les fausses bonnes raisons qu’on sert à l’opinion ! Avec une seule date pour tous les scrutins, pas de surcharge de travail pour les bureaux, pas de difficultés à trouver des assesseurs [8], pas de lassitude du corps électoral. Une solution pratique, économique et efficace.
Le citoyen français peut très bien comprendre que cela coûtera moins cher à tous, que cela sera plus pratique et plus rapide. Mais sans doute qu’on prend tellement l’électeur pour un con qu’on craint qu’il ne sache pas gérer plusieurs votes à suivre au même moment...
Car le sujet fait consensus chez les politiques (UMP et PS en tête) [9], qui veillent de près au système électoral qui les fait et les défait... Alors, vous pensez bien que les solutions de bon sens comme celle que propose Casepassecommeca, ils n’y ont pas pensé, aveuglés par leurs petits calculs et leurs arrières-pensées. Un politicien restera toujours un politicien. Ca se passe comme ça !
[1] A dire vrai, cela voudrait dire que les élections municipales se tiendraient après les élections sénatoriales (et donc que les sénateurs seraient élus par des grands électeurs eux-mêmes élus par le peuple huit ans plus tôt !), ce qui n’est jamais arrivé dans l’histoire de la Ve République...
[2] Après l’échec de sa tentative de 2003 d’imposer, à grands coups de 49-3, un seuil de 10% des voix au premier tour pour accéder au second des élections régionales, tentative qui s’était faite piteusement censurer par le Conseil Constitutionnel...
[3] A Casepassecommeca, on est instinctivement hostile aux bidouillages sur les calendriers électoraux. C’est pas qu’on est borné, on veut bien comprendre si il y a une raison, mais là, précisément, on n’en voit aucune.... Toutes les dictatures commencent par de petits arrangements sur le calendrier électoral...
[4] Après l’invalidation de sa première proposition, le gouvernement songerait à repousser les sénatoriales à septembre 2008 ! Ce qui imposerait le vote d’une loi organique pour faire durer le mandat d’une partie des sénateurs jusque là (soit 10 ans !). Ce qui est un non-sens contextuel, puisque la réforme du mandat sénatorial est en cours, pour en réduire progressivement la durée de 9 à 6 ans.
[5] Le Figaro n°18799 du jeudi 13/01/2005.
[6] C’est bien connu, l’électeur préfère aller à la chasse le dimanche...
[7] A la rigueur, on organise les sénatoriales après le quadruple scrutin municipales/cantonales/présidentielles/législatives, puisqu’il s’agit d’élections indirectes voyant les édiles élire les sénateurs.
[8] Et puis qu’on arrête de nous faire croire qu’il y a pénurie de volontaires, ce n’est pas vrai, ce n’est qu’un prétexte pour nous imposer peu à peu des machines à voter...
[9] Les socialistes proposent le calendrier suivant : présidentielles en avril 2007, législatives en mai 2007, municipales et cantonales en novembre 2007 et sénatoriales en janvier 2008.