Assaut de faux du 22 mars au 7 avril...
Mais comment font-ils donc pour en être tellement sûrs ?
dimanche 8 avril 2007, par 16 bis
Agression sauvage l’autre jour à la gare. L’affiche pour l’Express dans la sucette présente l’énorme visage d’un Nicolas Sarkozy carnassier, titré "Quel président je serai". Sans "s". Pas au présent du conditionnel, mais bien au futur de l’inéluctable...
Il n’y aurait que cette affiche passe encore [2]. Mais, depuis 2 semaines [3], il y a tous les médias dominants [4], Le Figaro par exemple, qui s’ingénie à évoquer les actions du président Sarkozy au futur de l’indicatif tandis qu’il écrit sur celles des autres candidats au... conditionnel présent. Et puis les sondages, les sacro-saints sondages, qui, niant l’évidence, intoxiquent le corps électoral à chaque minute qui passe, en donnant invariablement depuis ces 15 derniers jours le 2e tour rêvé des sarkozystes : Sarko (en tête) vs. Ségo [5]. Ces sondages, comme on le craignait, ils roulent pour le candidat UMP, pétrissant l’opinion : "Les sondages, ça marche bien. On va finir par croire que je vais être élu" se réjouissait le 22 mars Nicolas Sarkozy [6]. Comme un aveu de la collusion...
Quinze jours donc, où la campagne a pris un tour bien curieux, où tout semble fait pour forcer l’opinion à accepter que Nicolas Sarkozy soit présent au second tour, puis élu président. Et ce malgré une défiance envers sa personne qui grandit chaque jour un peu plus dans le pays (les casseroles se multipliant). Bref, le rouleau compresseur médiatique que l’on attendait à l’entre-deux tours, Nicolas Sarkozy a été contraint de le sortir du garage plus tôt et roule actuellement avec à 180 sur l’autoroute... [7]
D’ailleurs, l’opération est tellement visible, génère un tel malaise dans l’opinion française [8], que Nicolas Sarkozy et ses troupes ont carrément eu peur que la ficelle de tant de faux ne soit trop grosse, lançant de discrètes contre-mesures médiatiques.
"Rédiger nos projets de lois ? C’est un sujet tabou ! Nicolas Sarkozy ne veut pas qu’on ait l’air de vendre la peau de l’ours..." expliquait le 22 mars François Fillon, que tous les analystes sarkozystes ont déjà placé à Matignon [9].
"Vous savez, le moment n’est pas à se répartir les postes. Je ne suis pas président de la République. Les Français ne m’ont pas désigné pour être au 2e tour. C’est les Français qui font l’élection et personne d’autre, ni les médias ni les sondages. Donc j’attendrai que les Français choisissent pour me déterminer sur cette question" surenchérissait le 28 mars Nicolas Sarkozy himself [10].
Nicolas Sarkozy encore, le 2 avril, en expliquant pourquoi finalement, il n’annonce pas le nom de son Premier ministre avant la fin du processus électoral ("avant d’être élu" dixit Le Figaro) : "C’est vrai que je l’avais promis, mais je dois faire très, très, très attention à ne pas donner aux Français le sentiment que je crois que c’est arrivé" [11].
Nicolas Sarkozy toujours, dans la semaine du 2 avril : "Si je ne fais pas de connerie, c’est gagné". [12]
Cinq ans que Sarkozy se rêve à l’Elysée, 5 ans que cela le perturbe et pas que le matin en se rasant... Cinq ans qu’il dispose des leviers de l’Etat pour organiser le scrutin à sa guise... Ce n’est donc sans doute pas la volonté populaire qui va l’empêcher d’atteindre les marches du perron élyséen.
D’ailleurs, tout comme au flic d’il y a un an, il semble tellement impossible à l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy (dirigée par un éminent policier, une première dans l’histoire de la République) que son poulain ne l’emporte pas, qu’elle a déjà rédigé ses premiers articles de loi, qui doivent passer en force dès l’été [14] : suppression des droits de succession (mesure favorisant les plus riches au détriment de l’Etat), détaxation des heures supplémentaires (mesure favorisant le patronat au détriment de l’Etat), crédit d’impôt sur les intérêts des prêts immobiliers (mesure favorisant les accédants à la propriété au détriment de l’Etat), loi de réforme du dialogue social (contenant des mesures pour briser les grèves), loi renforçant ses précédentes lois sur la prévention de la délinquance (avec mesures de "peines plancher" pour envoyer les multirécidivistes en prison sans jugement et réforme de l’Ordonnance de 1945 pour envoyer plus facilement les mineurs en prison) [15].
[1] Même si nous n’écririons plus notre article 100 de cette façon aujourd’hui -7 mois ayant passé-, même si comme prévu nous ne pensons plus tout ce que nous pensions alors, notre angoisse initiale du bourrage des urnes demeure. Bourrage qui pourrait aisément prendre la forme d’ordinateurs de vote par exemple, lesquels enregistreront plus d’1 million de votes sur les scrutins 2007. Et les spécialistes en informatique sont très clairs : avec les ordinateurs de vote, il est impossible de prouver qu’il y a une fraude.
[2] Après tout, il s’agit de L’Express, s’il y a encore des gogos pour payer pour des Unes accrocheuses suivies de 52 pages pleines de vide, c’est leur problème...
[3] C’est à dire très clairement depuis les 22/23 mars environ jusqu’à aujourd’hui... où cela semble s’atténuer (Sarko semble "s’extêmiser" de nouveau, au point de susciter un regain de rejet...).
[4] Excepté Libération (en train de sombrer en flammes vers le sol) qui donne maintenant dans l’anti-sarko primaire, et dont la rédaction semble s’être souvenue que le titre était censément de "gauche" le jour de la présentation de son projet éditorial de relance par Edwy Plenel (projet finalement retoqué par Rothschild et Joffrin).
[5] Alors que le tiercé gagnant des sondages n’a eu de cesse de changer ces derniers mois, cela fait 15 jours que leur ECG est calé sur Sarko-Ségo. Très symptomatique fût le sondage CSA pour Aujourd’hui/Le Parisien du 23 mars, ouvrant donc la période d’intense matraquage médiatique que nous stigmatisons dans le présent billet (message : Sarko/Ségo au 2e tour, avec avantage Sarko) avec une "Egalité parfaite" (selon la Une Le Parisien/Aujourd’hui en France) : chacun des deux candidats obtiendrait 26% des voix au premier tour, puis 50 % au second. Soit le scénario que nous avions imaginé comme idéal pour Sarkozy dans l’hypothèse d’un bourrage.
[6] Le Figaro, 23/03/2007, page 9.
[7] Heureusement, il a détourné à son profit quelques motards de l’Etat pour dégager la route devant son rouleau ;)
[8] Sarkozystes béats mis à part, heureusement ils ne le sont pas tous.
[9] Source : Le Figaro, 23/03/2007, page 9. A Pierre Méhaignerie de décrypter pourquoi les lois sont déjà prêtes : pour créer un "choc de confiance" dans la population. A défaut de choc de confiance ces sarkoséides aveugles pourraient bien avoir à gérer quelques mois de violences urbaines, si leur mentor s’emparait du pouvoir... A ce propos, la récente "affaire" de la gare du Nord n’est pas forcément "excellente" pour le camp Sarkozien, comme le croit le sarkocaporal Patrick Devedjian.
[10] Avant de s’emporter contre France 3 et son reportage, ceci est une autre histoire...
[11] Source : Le Figaro, 03/04/2007, page 8.
[12] Ajout du 13/04/2007. Source : "Comme si c’était fait", in Le Canard Enchaîné, 11/04/2007, page 2.
[13] Si vous relevez auprès de sources fiables d’autres "contre-mesures médiatiques" exprimées ces 15 derniers jours par Nicolas Sarkozy et ses proches pour lutter contre l’idée que l’élection est jouée d’avance, envoyez-les nous avec les références à leurs sources. Nous les ajouterons à la présente démonstration. Merci.
[14] Les sarkozystes n’ont en effet pas renoncé à leur projet de "guerre-éclair" à mener contre la France...
[15] Source : Le Figaro, 23/03/2007, page 9, "Sarkozy tient déjà prêts ses premiers projets de loi".