Ca se passe comme ça

> Abonnez-vous, désabonnez-vous de notre liste de discussion <
Accueil du site > Ca se passe comme ça > Le Rocher perd la tête

Le Rocher perd la tête

mardi 29 mars 2005, par 15 bis


- Pour une petite phrase du chroniqueur Guy Carlier à propos du prince Rainier, la principauté de Monaco s’insurge et s’en prend officiellement à France 3.
- Ce qui pose plusieurs questions sans doute fondamentales.

La petite phrase n’était même pas assassine. « C’est triste, c’est vrai, ce qui se passe à Monaco. Mais on n’est pas submergé par une émotion romanesque ». Connaissant les coups de griffes du critique Guy Carlier, la phrase fait plutôt dans le genre patte de velours. Ce n’est même pas une attaque ni une galéjade : c’est un constat. Le prince Rainier est un vieil homme gravement malade, et hospitalisé. Rien de drôle, pas plus que de romanesque, là dedans.

Et pourtant les autorités monégasques fustigent officiellement l’insolent Carlier dont les propos sont qualifiés « d’ignobles et honteux ». Attention, ici commence la barrière du non-dit, de l’agression contre la liberté de dire ce qu’on pense en public. Car, on le répète, elle est quand même bénigne, la petite phrase de Guy Carlier. Rapportée aux tonnes de pages de papier glacé qui ont accompagné l’histoire des Grimaldi, elle est même infinitésimale. Les Monégasques ont le droit de vénérer leur prince comme d’autres ont le droit de s’en battre l’œil, c’est une liberté fondamentale : celle de penser, et d’exprimer sa pensée.

Peut-on rire de tout ?

A côté de ça, on peut se demander s’il est bien judicieux de se rire d’un vieil homme malade. Cela rappelle le débat posé par un certain humoriste du nom de Pierre Desproges un certain 28 septembre 1982 face à un certain Jean-Marie le Pen. Cela se formulait en deux parties. Premièrement : peut-on rire de tout ? Secondement : peut-on rire avec tout le monde.

« S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors, oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? ».

De la seconde question, Pierre Desproges avait fait un réquisitoire anti-raciste des plus convaincants. La bonne cause, quoi.

Bien penser ?

Oui, sauf que... A cette époque. Dans les années quatre-vingt, alors que l’homme avait droit de cité sur l’antenne de France-Inter pour laisser libre court à son imagination pas toujours bien pensante, on pouvait entendre d’autres choses. Sur scène, certains sketches délibérément provocateurs et dont on ne saurait à aucun moment douter qu’ils étaient écrits pour fustiger la bêtise qu’ils étaient censés incarner étaient acceptés comme tels par le public, comme une critique au second degré, une démonstration par l’absurde...

Au cours d’un sketch dédié aux coiffeurs, l’homme se permettait même la saillie suivante : « J’ai horreur qu’un Brummel de bal disco me gerbe dans le cou le crachin postillonnant des réflexions de philosophie banlieusarde que lui inspirent sporadiquement la hausse du dollar, l’anus artificiel du Pape, l’inappétence sexuelle de la petite Grimaldi depuis la mort de sa mère en bagnole, l’agonie de St-Etienne, le déclin de l’Occident, le fibrome de sa femme... ». Boum. Coup sur coup : le pape, le Rocher, le foot, St Etienne, la corporation des coiffeurs... Et devinez quoi ? Le public riait, prenant l’homme sur scène tel qu’en lui-même, artiste s’employant à dérider les zygomatiques d’un public venu le regarder. Et le lendemain, la presse, faisant la part des choses, traitait de l’actualité, des vraies choses importantes du monde réel, et pas de la dernière blague, ratée ou non, d’un humoriste sur scène.

Ce qui pose, à notre sens, au moins deux questions cruciales. D’abord, à l’heure qu’il est, le Rocher n’a-t-il rien de mieux à faire que de regarder « on ne peut pas plaire à tout le monde » ? Et ensuite : depuis les années 80, la liberté de parole en France a-t-elle vraiment progressé ?

Répondre à cet article

4 Messages de forum

  • > Le Rocher perd la tête

    31 mars 2005 14:54, par Un passant

    Pauvre crétin, la télévision nationale est payée par la nation, et dans la nation la moitié des gens n’ont aucune envie de voir cracher sur un mourant.

    Si t’es d’un autre avis, le jour où ta mère sera sub-claquante, j’inviterai les Guignols à nous faire un show en direct de son hopital pour expliquer que c’est juste une vieille conne, tu verras comme tu vas apprécier.

    Si Carlier veut exprimer ses idées de demeuré élitiste rive gauche,il n’a qu’à faire comme toi, qu’il crée un blog pour les bac-8, et qu’il ne compromette pas la France en disant qu’ "on" n’est pas vraiment bouleversé parce qu’ "on" l’encule, lui et son Fogiel de merde.

    Répondre à ce message

    • > Le Rocher perd la tête 8 avril 2005 10:49
      fortement dit ... mais bien répondu !! sinon dans la forme mais sur le fond. On ne se moque pas, on ne rit pas quand un homme est sur son lit de mort .

      Répondre à ce message

    • > Le Rocher perd la tête 11 avril 2005 05:13, par une passante

      Si le seul fait de ne pas être d’accord autorise à traiter quelqu’un de pauvre et de crétin, je peux commencer ma réponse au passant par :

      "Pauvre crétin", justement parce que la télévision nationale est payée par la nation, les gens (peut-être l’autre moitié) n’ont pas envie d’entendre baver des heures sur des mourants qui n’ont rien de plus que les autres si ce n’est la notoriété et surtout l’argent. Tous les jours, et en ce moment même, des milliers de gens sont en train de mourir, y compris des enfants. Et pas de vieillesse, comme le pape et le prince, mais de faim, de guerre, de maladies qui pourraient être soignées, et surtout de la bêtise et de l’égoïsme de certains. Sans oublier tous ceux qui meurent du sida à cause des paroles irresponsables du pape. De toute façon, ce n’est pas cracher sur un mourant que de constater la réalité que la mort d’un prince qui a fait sa vie et même bien, ne déclenche pas forcément une émotion romanesque pour tout un tas de gens qui ont d’autres soucis dans leur vie quotidienne.

      Je ne commenterai pas la suite du message dont le contenu grossier et vulgaire justifie largement le début de ma réponse.

      Répondre à ce message

    • > Le Rocher perd la tête 24 avril 2006 11:26, par Keanu

      "Pauvre Crétin", à lire ton faible vocabulaire tu confirmes l’adage que la violence est le recours des faibles d’esprit, et j’ai connu mieux pour dire que l’on était contre l’avis indiqué..

      Permet moi également de te demander si tu as réagit sur le forum Voici, Gala etc... Car je vais t’apprendre une chose très importante, Monaco, ne fait pas parti de la France. En France, les rois nous leur avons coupé la tête. (Les pleurs tu toujours ???)

      Je me demande si tu ne fais pas parti des gens qui aime bien se faire battre et rêve de fleur de lys.

      Autre information, des plus importante. La mort est la suite logique de la vie. Tu né, vis et meurs. Quel différence entre Monaco et la Somalie ? L’argent... hummmm !

      Dans certains pays, la mort d’une personne est un jour de fête, c’est le moyen le plus simple qu’ils ont trouvé pour ne pas être abatue. Moi je dirais maintenant, "Tu as de la chance tu as fini tes jours de dure labeur avec ces fous aux commandes les plus destructrices."

      Réfléchis un jour Pauvre Crétin et ne participe plus aux interdictions, ne soit plus réfractaire, mais soit critique, ouvre toi les yeux au lieu de vivre la vie des autres par l’intérmédiaire d’une feuille de choux !

      P.S. : c’est bien d’être anonyme, on ne prends aucun risque dans ces cas là !!!
      P.S.2 : Ce site n’est pas un blog...

      Répondre à ce message


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP