vendredi 1er avril 2005, par 15 bis
Surmontée de la date « vendredi 1er avril », et succédant de peu à cette autre (Reuters) titrée « Jean Paul II dans un état très grave après un arrêt du cœur ». la dépêche ne saurait être un canular de mauvais goût. Surmontée du titre « Nomination de nouveaux évêques par le pape », elle explique très sérieusement que Jean-Paul II « a nommé un grand nombre d’évêques et de responsables, a annoncé le Saint-Siège dans l’après-midi sans préciser son état à ce moment-là ». Ben voyons.
Voilà un homme de 86 ans, amaigri, atteint de la maladie de Parkinson, qui a subi une trachéotomie il y a quinze jours, à qui chaque effort coûte au point qu’il ne peut plus parler, victime hier d’un empoisonnement du sang et d’une crise cardiaque, au point de recevoir l’extrême onction. Voilà donc un homme qui décide ce matin de vaquer à ses nominations de manière totalement autonome. Ca se passe comme ça. Que cette nouvelle provienne du Vatican n’est pas vraiment surprenant : lorsqu’on est seul détenteur d’une information, on ne communique que ce qu’on veut bien communiquer. Mais que les médias dans leur ensemble relayent cette même information sans plus de mise en perspective que ça, sans enquête, sans chercher à comprendre qui est nommé, comment et pourquoi, si ces nominations étaient prévues de longue date où si elles surgissent de nulle part, que ces mêmes médias fassent semblant de croire ce qui à l’évidence n’est pas crédible, et relayent de chaîne en chaîne des rumeurs et non des informations, voilà bien le problème.