Ca se passe comme ça

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La "fiction" de Bédier devenue réalité

jeudi 22 janvier 2004, par 16 bis


- Et voilà, ça se passe comme ça M. Bédier.

Le secrétaire d’Etat aux Programmes immobiliers de la Justice a remis sa démission au gouvernement mercredi, pour cause de mise en examen par le juge Courroye.

Il est soupçonné de "corruption passive et recel d’abus de biens sociaux" [1].

Le même Pierre Bédier, qui moins de 24 heures plus tôt, se prenait le bec avec un journaliste.

En effet, harcelé par les journalistes dans les couloirs de l’Assemblée mardi, Pierre Bédier refusa systématiquement de répondre à autre chose que des questions convenues [2], c’est à dire sur un sujet maîtrisé.

Retoquant la meute, Pierre Bédier a expliqué qu’il ne parlerait pas de quelconque "fiction". Ce à quoi un journaliste répondit, sous-entendant que ce ne serait bientôt plus une fiction. D’où la prise de bec.

Le ministre à l’aube d’une mise en examen est toujours tendu au moment où approche l’heure d’accomplir la jurisprudence Balladur [3]. Ca se passe comme ça.

Mais pas au point d’atteindre le niveau du renoncement : « Pierre Bédier continuera à conduire à ses côtés la campagne pour les élections régionales dans le département des Yvelines en qualité de chef de file UMP » a déclaré [4] Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement et tête de liste aux élections régionales en Ile-de-France. Les amis sont là pour soutenir le "ministre des Prisons". Ca se passe comme ça.

Pierre Bédier est remplacé au gouvernement par Nicole Guedj.

Notes

[1] Plus précisément, "d’avoir perçu des fonds en espèces de la part du PDG d’une société de nettoyage, Michel Delfau, alors qu’il était maire de Mantes-la-Jolie (Yvelines) entre 1995 et 2002, en échange de son appui pour l’attribution de marchés de la ville à cette société" - In Les Echos du 22/01/2004.

[2] Technique également couramment utilisée par le suzerain de Pierre Bédier, Alain Juppé. Le problème ce jour là, c’est que la meute de journalistes s’est ruée avec évidemment une seule question : "Et alors si vous êtes mis en examen ?".

[3] Instauré pour la première sous le gouvernement Balladur et sans cesse pratiqué depuis, procédé qui voit le ministre mis en examen quitter le gouvernement, alors qu’il est présumé innocent.

[4] In Le Figaro du 22/01/2004.

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