vendredi 15 avril 2005, par 15 bis
"Si mon fils était encore vivant, je n’aurais pas de solution pour lui". Cette petite phrase de Marie Humbert [1] en dit long sur la vacuité de la loi "sur la fin de vie" votée au Sénat dans la nuit de mardi à mercredi. Marie Humbert, au cas où quelqu’un l’aurait oublié, c’est cette mère de famille qui s’est battue pour accéder au désir de son fils rivé dans la douleur à son lit d’hôpital, cette mère de famille qui, par amour, a mis fin à la souffrance de son fils. Nous nous en étions, à l’époque, fait l’écho .
Aujourd’hui, Marie Humbert poursuit son combat pour que ce genre de situation exceptionnelle puisse être traitée de façon exceptionnelle : par une autorisation à mettre médicalement fin à la souffrance d’un patient qui n’en peut plus et qui demande à quitter une vie qui lui apporte moins que ce qu’elle ne lui donne, sans espoir de retour.
Mais cela, nos hommes politiques qui consacrent quand même beaucoup plus de temps de parole à leur autopromo qu’à se pencher sur la misère du monde, ne veulent pas vraiment le voir. Et bricolent à la va-vite une loi qui ne résoud pas le problème posé. Pour le malade qui souffre au point de vouloir quitter cette vie (et faut-il souffrir pour ça !), Marie Humbert prône de le "laisser partir tranquillement avec une piqûre, entouré par sa famille" plutôt que de le "débrancher" ou de le laisser "mourir de faim". Les mots sont durs, ils font grincer des dents, mais de quoi parle-t-on ? De la mort d’un être cher, rien de moins.
A l’heure où notre président réunit plein de djeunz’ pour faire son show télévisé destiné à nous vendre l’Europe en regardant demain avec confiance et sérénité, nous ne sommes toujours pas capables de régler chez nous des problèmes de cette ampleur [2].
Aujourd’hui, l’association de Marie Humbert poursuit son "mouvement national pour une loi Vincent Humbert" et veut organiser le 29 mai prochain (date du référendum sur la Constitution européenne) des "référendums d’initiative populaire" pour interroger des gens, la plèbe, le peuple, nous, sur une loi qui accepterait "une exception d’euthanasie" sévèrement encadrée.
A Casepassecommeca, nous pensons qu’il s’agit d’une vraie question, d’un vrai débat qui dépasse largement les bancs de l’Assemblée nationale ou du Sénat, un débat qui a lieu tous les jours dans l’intimité des familles, dans des chambres d’hôpital où la tristesse des uns le dispute au malheur des autres.
Voilà pourquoi nous relayons cette affaire. Voilà pourquoi nous soutenons Marie Humbert que nous trouvons courageuse et digne d’être, au moins, écoutée. Le reste, ça se passe sur le site "Faut qu’on s’active". Ici ou là .
[1] Source : Nord Littoral, 14/04/2005.
[2] Attention : il n’est pas question de poser ici un débat pro ou anti-Constitution européenne, alors qu’il existe pléthore de sites dédiées à ce vif débat .