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Elections régionales

En Poitou-Charentes, pas d’enjeu national !

jeudi 29 janvier 2004, par 16 bis


- Nicolas Sarkozy est aujourd’hui [1] à Angoulême pour soutenir Elisabeth Morin aux élections régionales.
- Encore un qui n’a pas compris l’atroce vérité : l’enjeu est régional, uniquement.

Il est seulement deux régions françaises où l’union [2] au premier tour se fait à droite comme à gauche : PACA et Poitou-Charentes. Dans la première, il s’agit de contrecarrer un FN puissant qui "nationalise" du mieux qu’il peut le scrutin, dans la seconde pas d’enjeu particulier.

Pas d’enjeu national [3] en Poitou-Charentes. Le choix simple entre la sortante Elisabeth Morin (UMP) et l’ex-ministre Ségolène Royal (PS).

François Bayrou himself n’en a pas vu : lorsqu’il est monté affronter l’UMP, c’est en Aquitaine qu’il s’est arrêté. Ne voyant pas de contradiction dans le fait d’affronter symboliquement Alain Juppé [4] tout en déclarant ne pas présenter de liste en Poitou-Charentes, fief électoral du Premier ministre, par souci symbolique de ne pas déranger Jean-Pierre Raffarin.

Cet ex-président de région devenu hôte de la rue de Varenne cultive d’ailleurs ses racines auprès de ses électeurs picto-charentais. Dans ses voeux à la presse [5], il explique son "attachement à la région dans laquelle je suis enraciné et grâce à laquelle j’ai été à l’école des responsabilités". A propos des scrutins pricto-charentais de 2004 [6] il souhaite que "notre Région donne l’exemple d’une démocratie humaniste, où les propositions l’emporteront sur les divisions, où l’esprit régional dépassera l’esprit partisan".

Un époux, une épouse et "n°3"...

C’est sans doute parce que les régionales en Poitou-Charentes sont sans enjeu et que la campagne s’annonce sans risque de surprise, en mode binaire qui sied au politicien prudent, qu’on assiste à des débarquements de personnages "nationaux". Ils se chauffent à peu de frais, c’est pas dans les derniers jours qu’ils auront le temps de venir ici... Ca se passe comme ça.

La veille, le 17 janvier, François Hollande était au Centre des conférences de La Rochelle (17) pour soutenir sa compagne à la ville, Ségolène Royal, députée des Deux-Sèvres et tête de liste aux régionales. Parmi les "phrases-qui-font-gagner" du premier secrétaire du PS : "Ce serait un symbole de gagner Poitou-Charentes avant de s’occuper du reste le moment venu" et "Dans cette région, vous avez de la chance d’avoir Ségolène à vos côtés. Je parle d’expérience : quand on a la chance de rencontrer Ségolène, on la garde" [7].

Le mardi suivant, le 20 janvier, Anne-Marie Raffarin, l’épouse de Jean-Pierre, était à Angoulême [8], rendant visite à "des associations communautaires ou d’insertion sociale" [9]. En pré-campagne peut-être ? "Pas du tout, j’avais en projet de rencontrer ces associations depuis longtemps. Avec mon mari, on vient au festival Musiques Métisses quasiment chaque année" déclare-t-elle à la presse [10].

Nicolas Sarkozy tient actuellement une réunion publique au logis de Lunesse. Qu’il ne perde pas de vue cette évidence [11] : "Ce n’est pas moi qui déciderai si c’est ou non un enjeu national, mais les électeurs".

Notes

[1] En réunion publique à 20 heures au logis de Lunesse. Cf. Charente Libre du jour, qui donne une pleine page aux "anti-Sarkozy".

[2] UDF-UMP et PS-PC-Verts.

[3] Le seul enjeu global est donc de savoir si la Région restera à droite, où si elle basculera à gauche. Ensuite dans quelle mesure le fait que J.-P. Raffarin soit chef de gouvernement a influé sur le résultat.

[4] Symboliquement car Alain Juppé n’est pas tête de liste régionale.

[5] Faxés le 18 janvier dernier sur quatre pages et dont la Charente Libre, n° 18337, du 19/01/2004 a ironisé en voyant que le service de communication de Matignon avait souligné les passages les plus intéressants à relayer, "au cas où les rédactions manqueraient de pertinence".

[6] Elections régionales et cantonnales.

[7] Cité par La Charente Libre, n° 18337 du 19/01/2004.

[8] Pardon, dans la presse, on n’évoque qu’une visite dans un "quartier" -Basseau-, chez "la France d’en bas".

[9] In La Charente Libre, n° 18338, du 20/01/2004.

[10] Citée par La Charente Libre, n° 18339, du 21/01/2004.

[11] Elle est de Ségolène Royal, interrogée si elle considérait le scrutin comme "une sorte de test à portée nationale", in La Charente Libre, n° 18344, du 26/01/2004.

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