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Dati voudrait nous faire croire qu’elle se préoccupe de la tradition du droit français !

jeudi 13 mars 2008

Le Premier ministre François Fillon et le bulldozer autiste du sarkozysme, la ministre de l’Injustice la Justice Rachida Dati viennent d’affirmer haut et fort qu’ils s’opposaient au principe contenu dans la demande de Chantal Sébire, cette mère de famille de 52 ans profondément défigurée par une maladie orpheline incurable, qui a demandé à pouvoir être euthanasiée.

Nous ne reviendrons pas ici dans le débat sur l’euthanasie, déjà évoqué ici par 15bis. Relevons simplement une faille de l’argumentaire de la Garde des Sceaux [1], qui nous a fait bondir, sans savoir si nous devions en rire ou en pleurer.

Car en effet, comment Rachida Dati peut-elle se trouver crédible quand elle affirme, pour justifier sa position intransigeante, que :

"Ce n’est pas notre droit et nous avons fondé notre droit et la convention européenne des droits de l’Homme sur le droit à la vie" [2]

Un tel argument ne tient en effet pas une seule seconde, dans la bouche de celle qui met en oeuvre le saccage organisé de l’institution judiciaire, de celle qui a défendu bec et ongles la loi fascistoïde de son mentor d’enfermer les criminels sans jugement, sur décision administrative, sur la foi d’une hypothétique dangerosité, d’un éventuel délit pas encore commis. Si on se souvient bien, Rachida Dati, ne mettait à l’époque pas autant d’hypocrisie à défendre la tradition de notre droit et les droits de l’homme... [3]

L’amnésie en politique est une constante, mais là ça dépasse les bornes.

Notes

[1] Qui n’en est pas forcément une en elle-même, mais qui le devient dès lors qu’elle est prononcée par Rachida Dati (ou tout autre sarkozyste fervent). Où l’on voit bien que l’impact du message est autant conditionné par la nature de son contenu mais également par son émetteur.

[2] Citée notamment par Libération.

[3] La loi sur la rétention de sûreté bafoue précisément les droits de l’homme et la tradition républicaine de notre droit.

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