Ca se passe comme ça

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... en 2004

DEHORS !

Liberté, précarité, fraternité

mardi 30 décembre 2003, par 20bis

Le plan de sauvetage de l’Unedic qui entre en vigueur au premier janvier prochain va mettre fin à l’indemnisation de centaines de milliers de chômeurs. Et meilleurs voeux.

Ca y est. Le plan de redressement de l’Unedic entériné en décembre 2002 entre en vigueur. Et dès janvier prochain, ça va être le chaos pour des centaines de milliers de chômeurs. De 180 000 à 250 000 personnes vont se retrouver à la porte de l’Assedic du jour au lendemain, amputées de un à sept mois d’indemnisation. Le chiffre est un peu flou, - de trois à quatre fois la capacité du Stade De France - mais on ne va pas pinailler pour 70 000 personnes : en euros, une telle différence aurait sans doute eu son importance. En unités hommes, c’est moins grave. Bon. On rétorquera sans doute que sans cette purge, l’Unedic allait financièrement dans le mur. Il n’est pas question ici de contester cette réalité. Il est juste question de se demander s’il n’y avait pas d’autres solutions que de faire porter l’effort national sur les épaules des plus fragiles. Et d’observer que le principe de solidarité sur lequel repose notre société en prend un coup dans l’aile. Pour caricaturer : on vient de sacrifier l’assurance chômage d’un - relativement - petit nombre pour tenter de préserver celle d’un plus grand nombre. Cela pourrait passer pour un principe de solidarité. Cela signe au contraire un recul significatif de cette dernière : cela veut dire que nous sommes de moins en moins capables de nous entraider et que - tant pis pour ceux qui coulent en route - nous nous délestons d’eux pour tenter d’arriver à bon port. Et avec la manière, encore : témoin ce chômeur apprenant le 29 décembre 2003 que ses droits d’arrêtent net le 8 janvier 2004. Bonne année et prend ça dans la gueule.

Solidarité en berne

Mécaniquement, un certain nombre d’anciens allocataires Assedic va basculer sous le régime de l’allocation spécifique de solidarité (ASS), une pension de vaches maigres accordée sur justification de très faibles revenus. Mais lui aussi vient d’être réformé en prévision des nouveaux arrivants. Jusque là sans limitation de durée, l’ASS ne sera plus valable que deux ans - allez, trois ans pour ceux qui en étaient déjà bénéficiaires. Une réforme qui ne touchera pas les plus de 55 ans. Ah. Bon. Sur le terrain, ça veut dire quoi ? Que ceux qui auraient voulu se goinfrer sur le dos de l’Etat pour faire la tournée des grands ducs tous les soirs avec 406 euros par mois n’ont qu’à bien se tenir : il n’en est pas question. Quant au travailleur en galère de 52 ans qui ne trouve pas de travail, non parce qu’il se tourne les pouces mais parce qu’il n’y en a pas, alors celui-là a encore plus de souci à se faire que ceux qui doivent vivre avec 400 euros mensuels. Il n’y a aucune raison pour que ce dernier ne finisse pas par aller rejoindre la grande famille des Sdf. A propos, la semaine dernière, j’ai vu ceux de mon quartier faire le ménage et balayer devant leur Abribus. Ben oui, faut que ça soye propre. Ca se passe aussi comme ça, dans nos Abribus.


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