Il n’y aurait donc aucune issue à Sarkozy ??
Proposition abracadabrantesque : Bayrou à Matignon !
jeudi 1er avril 2004, par 16 bis
Après les élections régionales [1], on se demandait bien à Casepassecommeca ce qu’allait faire Jacques Chirac du gouvernement... A l’annonce de la composition de l’appareil "Raffarin III", on a été déçus [2] : quel manque de créativité pour un gars qui est encore le mentor de toute la droite française ! Un Chirac devenu une figure phare de l’histoire politique française, une institution, que les Guignols nous brocardent actuellement sous les traits d’un roi de droit divin... Qui donne 44 fauteuils, un record dans l’histoire de la Ve République, à tous ces [3] obligés qu’il récompense avant qu’il ne le puisse plus... Ca se passe comme ça.
Avant l’annonce du nouveau gouvernement, au moment où toute la presse était intoxiquée du refrain "Sarkozy hérite d’un méta-ministère : Economie, Finances, Budget, Emploi et Réforme de l’Etat" [4], on s’était imaginé un peu plus de créativité : mettre Bayrou à Matignon... [5]
1./ Vis-à-vis de l’opinion, il surprend tout le monde, qui n’attend que Raffarin OU Sarkozy.
2./ Vis-à-vis de l’électorat, il envoie un message fort : "Mes chers compatriotes. J’ai compris votre message. Comme je m’appelle Chirac et que je ne peux décemment pas mettre un mec de gauche dans mon gouvernement, je prends Bayrou, un centriste, représentant d’une UDF qui électoralement est la moitié de l’UMP aujourd’hui, un homme qui n’a bâti son identité politique que sur le thème "il faut de la pluralité, différents avis", etc.
3./ Vis-à-vis de Bayrou, il le flingue physiquement après la claque électorale aquitaine, lui dézingue toute sa stratégie "dualiste", l’oblige à passer les réformes au pas de charge, lui met la France à dos, le grille pour 2007, etc.
Le gouvernement est réellement modifié, personne ne commente en disant "chaises musicales" ou autres. C’est plutôt : "Bayrou, ça alors". "Comment va-t-il assumer ?", etc. Par le poids de Matignon, ça permet de ne rentrer aucun autre UDF dans l’appareil (et garder ou virer Gilles de Robien selon l’humeur). Ca fout un Bayrou dans les pattes de Sarkozy (ça tiendra ce que ça tiendra...).
Or, en réalité, nous apprenons le jour de l’annonce de Raffarin III que Bayrou aurait influé pour que les UDF ne "montent" pas au gouvernement. Qu’il aurait réclamé plus de considération de la part de l’UMP et une gestion politique plus plurielle. Aujourd’hui le Figaro nous éclaire un peu sur l’attitude de Bayrou [6].
Il admettrait que Chirac est ouvert à la conciliation après l’avoir eu "près d’une demi-heure" au téléphone. Les pontes de la Chiraquie ont proposé à Bayrou le fauteuil de la Défense, en expliquant que s’il l’acceptait, un nombre "significatif" de postes ministériels seraient affectés à l’UDF.
Mais Bayrou a décliné. Il avait réuni l’UDF mardi et tous avaient abouti à cette conclusion, résumée par André Santini : "Etre invité à monterà bord du Titanic, merci bien !".
Des UDF avaient été pressentis. Jean-Pierre Raffarin a contacté Maurice Leroy (député, Loir-et-cher) et Jean-Louis Borloo Valérie Létard (sénateur, Nord). Bayrou a qualifié ces manoeuvres d’"agression". Alain Juppé a du consoler François Bayrou en lui proposant qu’il se rencontrent.
[1] Qui rappelons-le, ne sont QUE des régionales...
[2] Mais pas forcément surpris...
[3] Ou "ses".
[4] Ne parlons même pas de la télévision, qui se contentant des communiqués officiels ne disait rien et n’importe quoi comme d’habitude.
[5] Et avoir le courage de sauver le soldat Raffarin qui a perdu jusque sa région, le laisser se reposer, puis lui trouver un bon boulot tranquille qui lui plaise.
[6] Le Figaro n° 18554, jeudi 01/04/04, page 5. Edition dont la Une présente une tête écrasante avec grande photo carrée contenant Sarko, Fillon, de Villepin, Borloo, titre "Printemps à risques pour Raffarin III", sur la droite, un 2 col grisé avec la liste du nouveau gouvernement. Sous la tête écrasante, un 2 col de pub en pied : "Avertissement - Malgré le montant outrageusement élevé des reprises ci-dessous, cette publicité n’est pas un poisson d’avril"...