mercredi 28 juin 2006
Peu connu des Français, héritage historique d’une époque sans pétrole, les Haras nationaux constituent toujours un service public détenu à 100% par l’Etat (au statut d’établissement public administratif)...
L’établissement vient de modifier son conseil d’administration , de façon à en évincer le représentant de la Confédération paysanne, syndicat paysan jugé gênant par le gouvernement, qui lui préfère largement la FNSEA dirigée par Jean-Michel Lemétayer, avec laquelle il opère en parfaite collusion.
Or, le représentant de la Confédération paysanne disposait d’une réelle légitimité pour siéger dans cet établissement, en ce sens qu’il est aussi représentant de l’association France-Trait, qui regroupe la filière du cheval de trait français.
La Confédération paysanne s’est récemment déclarée "stupéfaite" de cette éviction, voire "incrédule". Il faut dire qu’apparaît au conseil d’administration des Haras Gérard Mestrallet, le président de Suez, dont on se demande bien quelle est sa légitimité à se poser là... Gérard Mestrallet a été nommé au titre de "personnalité choisie en raison de ses compétences". Celle de gestionnaire "dégraisseur" peut-être ? "Confier l’avenir d’un secteur important en France aux mains de non-professionnels et de la sphère financière, est irrresponsable et lourd de conséquences" explique la Confédération.
Peut-être n’a-t-elle pas compris le subtil dessein du gouvernement : restructurer encore les Haras nationaux... Une fusion GDF-Suez-Haras nationaux, ça aurait de la gueule, et on n’est plus à une décision arbitraire près !