lundi 7 mai 2007

Minorer. Amoindrir. Diminuer. Relativiser. Voilà sans doute les consignes transmises par les services officiels aux fonctionnaires de police chargés des relations presse. Le règne du faux oeuvre actuellement à occulter une réalité dérangeante pour le nouveau pouvoir : l’élection de Nicolas Sarkozy a été génératrice de fortes réactions hostiles [1].
Voilà pourquoi depuis deux jours, les Français peuvent entendre sur les ondes de médias généralistes aveugles l’antienne serinée par la Direction générale de la police nationale : "le second tour des élections présidentielles n’a pas généré de grandes manifestations de violences urbaines dans les quartiers sensibles", et surtout le niveau des violences est "au-dessus de celle d’un 14 juillet, mais inférieures à celles d’un Réveillon de la Saint-Sylvestre".
Se contentant donc (parfois) de préciser que le commentaire est de source policière, les grands médias relaient donc ce message lénifiant : il y a moins de voitures brûlées qu’une nuit normale de St-Sylvestre ! Peu importe que la comparaison se fasse entre pommes et cerises [2], tant qu’il ne s’agit surtout pas de dire une réalité si simple, si évidente : c’est la première fois que des violences urbaines généralisées [3] prennent corps spontanément après une élection présidentielle. La comparaison utile, qui fait sens, est là et pas ailleurs.
Et pendant ce temps, le feu couve, les violences continuant au 2e jour. Ca se commence comme ça, le projet de Sarkozy pour la France.
[1] Des incidents ont éclaté un peu partout en France dans la nuit de dimanche à lundi après la victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle. Ils se sont soldés par au moins 367 voitures incendiées, 28 policiers blessés et 270 arrestations, selon un bilan partiel de la Direction générale de la police nationale (DGPN). Ce bilan, arrêté à 6 heures du matin et qui ne sera pas actualisé, ne semble pas faire état de la totalité des dégâts enregistrés dans le pays si l’on tient compte de chiffres obtenus auprès de préfectures et d’institutions régionales. La préfecture de police de Paris fait ainsi état à elle seule de 33 policiers blessés. La DGPN n’en impute que trois à la capitale. D’autres bilans régionaux font état de dégâts matériels supérieurs. Le bilan de la DGPN ne fait ainsi pas mention d’attaques de bus au cocktail Molotov en région parisienne, ni de l’incendie criminel de l’école de la Lanterne à Evry, ni d’une tentative d’incendie contre un centre d’action sociale dans la même ville, attestés de source policière. Il ne fait pas état non plus de magasins ravagés et pillés, comme à Lyon, où selon un décompte réalisé par Reuters, une vingtaine de devantures de magasins de la Presqu’Ile ont été brisées, ainsi que des abribus et des cabines téléphoniques. Dans la ville, la préfecture de police fait état de 13 blessés, dont 10 dans les rangs de la police, et 54 voitures incendiées. Dans le département du Nord, une centaine de voitures ont été incendiées, en particulier dans les villes de Lille et de Roubaix, rapportent les pompiers. Des dizaines d’abribus ont été brisés, des feux de poubelles observés. Environ 70 personnes ont été interpellées à Lille, selon la police. Source : Reuters.
[2] Suggestion d’argument pour les artificiers du règne du faux : "Le niveau des violences est inférieur à celui de la seconde intifada palestinienne, et largement inférieur à celui de la campagne israélienne de l’été 2006 contre le Hezbollah au Liban".
[3] C’est à dire partout dans l’Hexagone.
C’est sûr qu’il y a eu des réactions et tout le monde le sait probablement de façon intuitive.
mais ces violences ne sont pas suffisantes
elles manquent de coordinations stratégiques
elles ne sont pas encore suffisamment idéoligisées
pour leur faire peur il faudrait bien plus
or ils sont assurés de la connerie épaisse et crasse du bon peuple d’électeur de l’innommable comme des bien pensants ayant supporté la candidate caviar de droite gentille comme il faut
la france est un pays de la honte collaboratrice de toutes les dominations qui font fantasmer d’être plus fort que le voisin qu’on va enfin pouvoir dénoncer pour déli de non mimétisme grégaire
j’aime pas cette france et je ne peux la quitter car j’ai la honte d’en avoir la nationalité génétique et pas assez de fric pour intéresser un pays étranger !
Les anti-Sarkozy bloquent Paris I-Tolbiac
lefigaro.fr (avec AFP).
Actualisé le 09 mai 2007 : 17h28
800 étudiants entendent protester contre les réformes universitaires annoncées par le nouveau président de la République durant la campagne.
A l’issue de plus de trois heures d’assemblée générale, 800 étudiants de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne se sont prononcés pour la grève et le blocage immédiat du site parisien de Tolbiac. Une décision facile à mettre en œuvre : Tolbiac est une tour dont les salles sont accessibles par des ascenseurs qu’il suffit de bloquer pour interdire tout accès.
Les étudiants entendent ainsi protester contre les réformes universitaires annoncées par Nicolas Sarkozy avant son élection à la présidence. Mais pour l’Unef, principal syndicat étudiant, "il est trop tôt" pour réagir, alors que Nicolas Sarkozy n’a pas commencé la mise en œuvre de son programme."L’Unef ne soutient pas les initiatives de blocages d’universités ou les manifestations de violence et elle appelle au retour au calme", annonce le syndicat, pour qui "il appartiendra aux étudiants, dans un cadre démocratique, de réagir aux propositions de réformes lorsqu’elles seront présentées par le nouveau gouvernement".
Nicolas Sarkozy s’était engagé à accorder "une autonomie réelle aux universités volontaires" qui seront notamment libres de recruter leurs enseignants et leurs chercheurs, et de moduler les rémunérations et les charges d’enseignement. Il avait également souhaité que "l’orientation sélective" ne soit plus une "question taboue" et veut "adapter les flux d’entrée dans chaque filière en fonction de la réalité des débouchés".
Avant de procéder au vote, l’assemblée générale de la faculté, traditionnellement très ancrée à l’extrême gauche et très mobilisée, avait lancé un "appel à tous les travailleurs" : "Rejoignez-nous dans la grève, unissons nos forces pour combattre la politique libérale, autoritaire, raciste de Sarkozy". Lors du mouvement contre le contrat-jeunes (Contrat première embauche, CPE), proposé par le gouvernement de Dominique de Villepin en mars 2006, les ascenseurs de Tolbiac avaient été bloqués pendant plusieurs semaines.
Lens
AMBIANCE
Lendemain d’élection dans le quartier de la Grande Résidence
La plupart des habitants de la Grande Résidence voient d’un mauvais oeil l’arrivée de Nicolas Sarkozy. Certains craignent que la situation n’empire. L’incendie d’une partie de l’enseigne commerciale, dans a nuit de dimanche à lundi, fait causer. PAR ELSA GRENOUILLET lens@info-artois.fr Lundi après-midi, un petit groupe de badauds s’amasse près du centre commercial. Une voiture vient de brûler. ...
Voir en ligne : La Voix du Nord
Actualité
Ouest-France du mercredi 9 mai 2007
Des manifestations anti-Sarkozy qui dérapent
À Nantes, comme à Rennes, les violences sont le fait de petits groupes « bien identifiés et bien organisés ». Franck Dubray Depuis dimanche, des heurts opposent police et manifestants libertaires. Dans l’Ouest, Nantes et Rennes ont été touchés par cette violence nihiliste.
Pour la troisième journée consécutive, des manifestations anti-Sarkozy ont eu lieu. Dans le calme, à Caen (500 personnes) et à Lyon (400). Mais, en soirée, des incidents se sont produits à Lyon et la permanence de l’UMP a été incendiée à Villeurbanne. Quelques incidents également à la Bastille, à Paris, où plusieurs interpellations ont eu lieu.
Depuis dimanche soir, plusieurs manifestations ont dégénéré dans des centres-villes, entraînant des heurts avec la police, notamment à Paris, Lille, Toulouse, Nantes ou Rennes. Plusieurs centaines de voitures ont été brûlées (365 dans la nuit de lundi à mardi, après les 730 de la nuit précédente).
Les violences qui accompagnent ces rassemblements ont été condamnées par le PS, le PCF, l’Unef et de nombreux élus locaux comme Edmond Hervé et Jean-Marc Ayrault (les maires de Rennes et Nantes) qui ont, vainement, appelé au calme.
Ces violences sont le fait de petits groupes « bien identifiés et bien organisés », selon un policier. Le noyau dur est constitué de militants d’extrême gauche, libertaires ou anarchistes, « des irréductibles de la fin du mouvement anti-CPE ». À eux s’ajoutent des dizaines de lycéens et collégiens ; très violents pour certains, ils constituent les voltigeurs des groupes de casseurs et la cible la plus facile des forces de l’ordre. Le troisième groupe est celui des jeunes issus de quartiers sensibles. Jusqu’à présent minoritaires, ils sont apparus lundi soir à Nantes (une quarantaine gantés et encapuchonnés) et à Rennes où le cortège a fait, dimanche et lundi soirs, des incursions dans les quartiers du nord et du sud pour y faire le plein.
Ces groupes, qui ne dépassent pas quelques centaines de manifestants (300 à Rennes ou à Nantes, 800 à Caen, lundi soir) utilisent des blogs et des forums pour communiquer. Sur le site nantais d’un « collectif de médias activistes », le ton était, hier, à la surenchère : « Demain, après-demain et encore, on sera là, on lâchera pas, ça ne fait que commencer », écrivait un contributeur. « Thib », de Brest, ajoutait : « Heureusement qu’on prend notre pied à cogner/casser ce que tu veux. Sarkozy parle d’insécurité. Il va en avoir. »
Voir en ligne : OF
09.05.2007 Angoulême : des voitures brûlées dans la nuit
A 22h30, place Jean-Faure, sept voitures ont été détruites et deux sérieusement endommagées. L’horodateur a fondu
Richard TALLET On entendait des bruits, comme si on claquait des portières de voitures. » C’est ce qui a alerté cette riveraine de la place Jean-Faure, juste en dessous la préfecture d’Angoulême. Il était 22h30, lundi soir. « J’ai vu les voitures brûler. On a immédiatement prévenu les voisins et appelé les pompiers. » Sept voitures ont été détruites, deux autres très endommagées. L’horodateur de la place a fondu.
« On rentrait chez nous, il était 1h15 », retrace cette locataire de la résidence Lacroix, derrière le centre commercial de Saint-Cybard. « Les pompiers et la police étaient déjà là. C’était impressionnant. Il y avait des flammes qui montaient à 4 m de haut, au moins. Cinq voitures étaient en train de brûler. » Trois ont été détruites, deux autres sérieusement touchées.
Première alerte à 21h30 à Ma Campagne Mimétisme avec les violences constatées dans la région parisienne après l’élection de Nicolas Sarkozy ? Ou incendiaire-pyromane qui profite du contexte ? De 21h30 à 1h30, dans la nuit de lundi à mardi, pompiers et policiers n’ont pas chômé. En quatre heures, une vingtaine de voitures ont brûlé. Et dans des secteurs réputés pour leur quiétude. Selon les enquêteurs, le seul résultat de l’élection du week-end ne suffit pas à expliquer les événements de la nuit. Les secteurs et la méthode employée les incitent à émettre des doutes sur une simple montée de violence urbaine.
La première alerte a eu lieu à Ma Campagne, sur le parking devant la MJC. Il était 21h30. Une voiture vient d’être incendiée. Elle a été entièrement détruite.
Quelques minutes plus tard, les secours convergent vers Basseau. Un local désaffecté de la mairie, derrière le Corsaire, est en feu. Un groupe de jeunes a fracturé la porte. Ils ont entassé des pneus et allumé le tout. La police est en patrouille. Elle parvient à interpeller trois adolescents de 14 ans et 15 ans. Ils ont été placés en garde à vue. Elle a été prolongée hier soir.
A 22h30, les pompiers sont appelés place Jean-Faure, un quartier proche du centre-ville, en contrebas de la préfecture, et particulièrement calme. « J’ai entendu une dizaine d’explosions, s’émeut encore une voisine de la rue Massicaut. Au départ, je croyais que c’était de l’orage. » Sur la petite place à côté de la résidence du Château, où étaient stationnées une dizaine de voitures, deux départs de feux au moins ont été constatés par les policiers. Les flammes se sont propagées aux autres véhicules.
« Heureusement que nous ne sommes pas en automne, reprend celle qui a appelé les secours. Sinon, les arbres auraient entièrement brûlé aussi. » Les gros platanes sont quand même bien noircis. Nouvelle alerte à 1h15. Juste derrière le centre commercial de Saint-Cybard, les voitures des habitants de la résidence Lacroix brûlent. « Il y avait celle de mon mari », raconte cette visiteuse médicale. Une ZX qui lui sert pour aller travailler à Montmoreau. « Nous venions juste de finir de la payer. » Elle est en colère, ne comprend pas cette violence, et surtout pourquoi ici, dans ce quartier réputé pour son calme.
« Même en 1968, il n’y a pas eu de trucs comme ça dans notre petite ville », se souvient Lionel Schlienger, secrétaire de la copropriété de la résidence Lacroix. Il vit ici depuis vingt ans. « C’est de la violence gratuite », reprend la visiteuse médicale. « C’est ridicule », complète le retraité.
Alors que les pompiers finissent d’éteindre les flammes à Saint-Cybard, le dernier appel de la nuit tombe vers 1h30. Deux voitures se consument rue du Port-Thureau.
« J’avais ma R 21, tempête le propriétaire d’une voiture détruite. Je suis handicapé. Je voulais la vendre. Je n’ai plus rien. Le pire, c’est qu’on ne peut rien contre ces gens-là. Alors que moi, si je me gare mal, j’aurais une prune ! » La sienne et une autre R 21 ont été détruites. Et trois autres voitures ont été endommagées.
Une enquête qui s’annonce difficile Pour la police, les phénomènes de la nuit dernière sont d’autant plus incompréhensibles qu’elle avait l’œil sur les agitateurs habituels. « Nous étions présents sur les secteurs dits sensibles », décrit Héloïse Pruche, directrice départementale adjointe de la sécurité publique.
La méthode ne ressemblerait pas à celle des violences urbaines habituelles. Notamment sur la mise à feu. Selon les premiers éléments, les voitures auraient brûlé particulièrement vite. Ce qui laisse penser que le feu n’aurait pas été allumé avec des cocktails molotov.
Malheureusement pour l’enquête, il ne reste pratiquement aucune trace exploitable. Les carcasses des véhicules, rapatriées dans un garage de la ville, ont été minutieusement examinées. En vain.
Voir en ligne : Angoulême : des voitures brûlées dans la nuit
BORDEAUX. — 16 personnes interpellées lors de la manifestation de dimanche soir ont été présentées au parquet hier
Sept manifestants placés sous mandat de dépôt : Christine Morice
L’audience publique des comparutions immédiates au tribunal de grande instance de Bordeaux sera chargée, aujourd’hui. Hier, 16 individus interpellés au cours de la nuit de dimanche à lundi, à la suite de heurts entre manifestants anti-Sarkozy et forces de l’ordre, ont été déférés devant un magistrat du parquet. Ils ont été présentés à la justice à l’issue de leur garde à vue au commissariat central. Ils sont essentiellement poursuivis pour des violences avec arme par destination, sur agents de la force publique, à la suite de jets de pierres, de canettes, de bouteilles et autres projectiles sur les policiers. Certains devront également répondre de faits d’outrage. Sept d’entre eux ont été placés sous mandat de dépôt, hier après-midi, puis incarcérés à la maison d’arrêt de Gradignan en attendant d’être jugés en correctionnelle ce mercredi, à partir de 14 heures. Huit jeunes gens ont été remis en liberté et comparaîtront libres. Le dernier, enfin, a demandé un délai pour préparer sa défense. Il nie les faits qui lui sont reprochés et sera jugé le 7 juin. Il a pu rentrer chez lui. Hier matin, les proches de plusieurs manifestants placés en garde à vue s’étaient regroupés devant le tribunal de grande instance. « Je n’ai pas de nouvelles de mon fils depuis dimanche soir. Je suis très inquiète », expliquait Mme Lavielle, de Villenave d’Ornon. « Personne ne nous dit rien. » « Je pense que la riposte des policiers a été disproportionnée », se plaignait un garçon d’une vingtaine d’années. « Des gens se sont fait molester au sol, et les interpellations ont été opérées de manière arbitraire. » Une version que contestent fermement les forces de l’ordre, expliquant avoir repéré chaque fauteur de troubles avant de l’arrêter. Etudiants, militants engagés à gauche, voire à l’extrême gauche : le profil des personnes interpellées dimanche soir au cours de la manifestation organisée dans les rues de Bordeaux est tout à fait différent de celui des auteurs de violences urbaines, issus des quartiers dits sensibles. Dans ce cadre-là, deux garçons appréhendés lundi matin à la suite de l’incendie volontaire d’un fourgon, rue de la Rouselle à Bordeaux, seront également jugés cet après-midi.
Voir en ligne : SO
Actualisé le 9 Mai 2007 à 12:17
INCENDIE. 400 MÈTRES CARRÉS DE CETTE ENSEIGNE EMBLÉMATIQUE DU QUARTIER REYNERIE ONT ÉTÉ LA CIBLE, HIER, D’UNE SPECTACULAIRE ATTAQUE À LA VOITURE BÉLIER. Violences urbaines : le garage Renault détruit
« Les jeunes se trompent de cible. Pourquoi incendier un garage qui emploie des gens du quartier ? On ne comprend pas cette violence et je n’ai pas d’explications rationnelles », se désole, Christian Leseur, l’un des trois gérants de la concession Renault, au bout de la rue de la Kiev, à Reynerie. Hier, ce garage auto emblématique qui a déjà subi à deux reprises, en 1998 et 2005, les foudres des émeutiers a été la cible d’une nouvelle attaque menée par plusieurs individus encagoulés.
Peu avant 18 heures, une voiture bélier est lancée à vive allure en marche arrière contre le grillage de la concession. Selon des témoins, les individus incendient le véhicule avant de mettre le feu à la vitrine du magasin abritant cinq voitures. Les flammes se répandent très vite et réduisent à néant les 400 mètres carrés du local commercial où sont entreposés le matériel informatique et les bureaux. L’enseigne est partiellement détruite. « J’étais en train de servir un client et j’ai entendu une grosse explosion, raconte un commerçant du restaurant situé face à la concession. J’ai aussitôt fermé ma boutique par précaution… » Une attaque coordonnée qui intervient dans un climat extrêmement tendu, voire explosif, dans les quartiers depuis deux jours et le résultat de l’élection présidentielle. En effet, depuis dimanche, caillassages contre les policiers et voitures incendiées rythment les fins d’après-midi à Reynerie, Bagatelle et Empalot. Des incidents suivis d’affrontements avec les forces de l’ordre déployées en nombre depuis trois jours. Mais ces heurts n’ont jamais atteint les degrés de violence d’hier. Une nouvelle étape vient donc d’être franchie dans l’escalade de ces événements.
Pour la première fois depuis dimanche, un bâtiment commercial, et non des moindres, est la cible désignée d’un incendie d’origine criminelle faisant planer le pire pour les trente personnes employées dans ce magasin. « Il est encore trop tôt pour parler de chômage technique mais il est certain que l’on ne pourra pas rouvrir de suite », poursuit le gérant, terriblement affecté et qui ne veut pas se résoudre à partir. « Ici, c’est mon quartier et j’y suis attaché. Je travaille depuis 27 ans dans cette entreprise, il n’y a aucune raison pour que l’activité disparaisse. » Tout autour de ce décor de cendres, tandis que les CRS se déploient rue de Kiev, les habitants du quartier assistent, médusés, au ballet des lances à incendie. « Il faut renouer le dialogue avec les jeunes, dit Mohamed El Ghamrasni, représentant de la fédération des Musulmans de France. Les élections sont terminées et toute cette violence ne sert à rien. » Le message d’apaisement sera-t-il entendu par la jeunesse des cités qui a promis « le feu » en cas d’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l’État ? « Ils ne sont pas près d’oublier les mots Karcher et racaille », assure un travailleur social.
Hier, l’association SOS Racisme a lancé un appel au calme en condamnant, elle aussi, les actes de violence. Les CRS ont quitté la rue de Kiev vers 19h30. Mais la tension reste vive à Empalot, La Faourette et Bagatelle où les forces de l’ordre étaient déployées hier soir.
Frédéric Abéla
Pendant que la Reynerie s’enflammait, la place du Capitole avait retrouvé son calme, hier soir. Car lundi, elle avait vécu une seconde soirée d’émeutes. Vers 19 heures, 300 personnes parmi lesquelles des étudiants, des anars et des marginaux s’étaient rassemblées dans le calme pour crier leur hostilité à Nicolas Sarkozy. Sur le mur du Capitole, une banderole en résume la pensée : « Sarkozy démocrade ».
Mais la manifestation a dégénéré peu après 22 h 15. Des poubelles sont alors incendiées au centre de la place et contre la porte du Capitole. Les pompiers interviennent et les hommes de la compagnie départementale d’intervention chargent dans un nuage de gaz lacrymogène. Une grenade explose dans des locaux de l’Alliance française, au premier étage d’un immeuble bordant la place. « Y en a marre, on ne peut plus bosser », se désole le patron d’un café. Celui du Café Albert, à l’angle de la rue Romiguières, déplore la destruction de quelques-unes des tables encore déployées en terrasse au moment du reflux des émeutiers pourchassés par les forces de l’ordre. Au-delà du centre-ville, le bilan de la nuit de lundi fait état de 36 voitures incendiées, ainsi que plusieurs dizaines de poubelles. Deux écoles ont été visées par des tentatives d’incendie et de dégradations : Gallia, à Reynerie, et Daste, à Empalot.
Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc s’est dit « scandalisé par ces actes totalement vains qui doivent être réprimés avec la plus grande sévérité. J’espère un renforcement de l’arsenal répressif juridique, et des moyens de prévention ». Le maire souhaite notamment « tendre la main avec générosité » aux (très) jeunes adolescents des cités pour leur éviter « un basculement » dans la délinquance. Mais il implore le futur nouveau gouvernement d’entamer au plus vite une révision de la législation sur les mineurs multirécidivistes, et se prononce pour la mise sous tutelle des allocations familiales des parents « défaillants ». J.-L. D.-C.
« Désolé, mais le bus s’arrête ici ». Pas contents, les usagers de la ligne13, hier matin vers 9 heures, lorsque le conducteur leur a indiqué que, suite à un risque de caillassage à la Reynerie, le bus en provenance des Arènes ne desservirait pas Mirail-Université et Basso Cambo. La ligne 13 a retrouvé toutefois son terminus normal en fin de matinée, tout risque d’incident étant écarté.
Depuis dimanche soir et les incidents qui ont suivi l’annonce de la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, la direction de Tisséo a préféré en effet prévenir que guérir : « Nous avons mis en place un dispositif préventif en cas d’incidents, depuis les émeutes de l’hiver 2005, explique Jean-Paul Bodin, responsable du réseau bus, en cas de risque nous dévions les lignes hors des secteurs les plus sensibles pour éviter tout problème et assurer le service public dans les meilleures conditions ». On se souvient qu’un bus avait été brûlé à Toulouse lors des émeutes.
Dimanche, des baies vitrées de la station de métro Bellefontaine ont été dégradées et la station a été fermée avant la fin du service, tandis que le réseau de nuit des bus a été interrompu vers 22 h 30. Lundi soir, la station de métro Reynerie a aussi été fermée plus tôt à titre préventif tandis que la ligne nocturne N3, dont terminus est en principe à Papus, s’arrêtait un peu plus haut, au rond-point de Langlade.
« Au départ, de nombreux conducteurs ont fait jouer leur droit de retrait en cas d’incidents, précise Franck Delperrier, du syndicat Sud Transport, quand il y avait des problèmes sur les lignes 38, 19 ou 41 par exemple. La direction a compris et préfère dévier quand il y a un risque. Tant mieux ».
Après l’incident de la ligne 13 hier matin, l’incendie du garage Renault à la Reynerie en soirée, a entraîné à nouveau la déviation des bus (lignes 2, 12 et 13) qui devaient desservir le secteur. Philippe Emery
Grosse audience de comparution immédiate aujourd’hui devant le tribunal correctionnel où une quinzaine de manifestants anti-Sarkozy âgés entre 18 et 25 ans sont attendus à la barre. Sur les 52 personnes interpellées par les policiers, place du Capitole et aux alentours, (31 dans la nuit de dimanche à lundi et 21 dans la nuit de lundi à mardi), 15 à 18 d’entre-elles sont finalement poursuivies pour violences contre les forces de l’ordre. Elles ont toutes été écrouées hier en attendant leur procès. Parmi ces individus, une majorité d’étudiants, BTS ou Bac +4 pour certains.
Dans la nuit de lundi à mardi, 10 personnes ont été placées en garde à vue après les incidents du Capitole. Deux ont été déférées hier et écrouées. À noter que trois mineurs ont été eux aussi déférés après des violences commises dans le quartier de Bagatelle lundi soir. Le plus jeune de ces mineurs est âgé de 13 ans et demi. Il a été interpellé en possession de cocktails Molotov. Les deux autres sont soupçonnés d’avoir caillassé le commissariat du Mirail.
Voir en ligne : La Depeche
Avignon : De la Rocade à Montfavet les incendies se multiplient
Publié le mercredi 9 mai 2007 à 05H06
Encore onze voitures brûlées dans la nuit de lundi à mardi Rose-Marie était dépitée devant sa voiture calcinée par les flammes criminelles. Ses parents lui avaient avancé l’argent pour l’acheter il y a seulement trois mois.
Rose-Marie était dépitée devant sa voiture calcinée par les flammes criminelles. Ses parents lui avaient avancé l’argent pour l’acheter il y a seulement trois mois.
© CYRIL HIELY "On n’a pas arrêté cette nuit et apparemment ça va continuer" confiait hier, inquiet, un pompier avignonnais. Il semblerait en effet qu’il voit juste. Durant la nuit post-élection, 5 voitures avaient été brûlées à Avignon et Montfavet. Durant la nuit suivante, ce sont 11 véhicules qui sont partis en fumée : 6 dans les quartiers longeant la Rocade, rue Noël-Hermitte, avenue Anne d’Autriche, rue du Gardian et rue Marquis de Calvières, et 5 dans les cités montfavétaines, aux Broquetons mais aussi rue des Rêveuses, rue des Filles d’Avignon et rue des Quatre vents. De 21h49 à 5h02, les soldats du feu avignonnais ont multiplié les sorties pour circonscrire les flammes de la révolte anti-Sarko des jeunes de quartiers.
"J’ai vu ce matin le préfet qui ne me paraît pas très inquiet" nous confiait hier le maire d’Avignon, Marie-Josée Roig. "Que veulent les incendiaires exactement ? Que l’on refasse les élections ! Je pense que ces faits sont des réactions épidermiques mais que cela va se calmer. Il faut que nous soyons à l’écoute de leurs revendications et surtout leur montrer qu’on ne les méprise pas". Reste que les propriétaires des véhicules carbonisés eux aussi commencent à se révolter.
Par Romain Capdepon ( avignon@laprovence-presse.fr )
Voir en ligne : LP
Savoie Edition du 9/05/2007 FAITS DIVERS. Réveil difficile, hier, à La Ravoire, Barby, Aix-les-Bains, Albertville...
Encore des incendies et des dégradations Christelle DUPRAZ avec Ludovic FAVRE et Jackie ROUX
Incrédule, cet ancien policier de Menthon (Provence-Alpes-Côte-d’Azur) balaie les cendres qui restent sur sa voiture. Stationnée sur un parking au coeur de la petite commune de Barby, dans l’agglomération chambérienne, elle a évité les flammes de peu la nuit dernière. Côte à côte, quatre des voitures stationnées aux Terraillers, à Barby, ne sont plus que des carcasses calcinées. Tout comme aux Épinettes. A Aix-les-Bains, un local a été largement dégradé.
Incrédule, cet ancien policier de Menthon (Provence-Alpes-Côte-d’Azur) balaie les cendres qui restent sur sa voiture. Stationnée sur un parking au coeur de la petite commune de Barby, dans l’agglomération chambérienne, elle a évité les flammes de peu la nuit dernière. A côté, une autre a eu moins de chance et a été complètement détruite par le feu. Comme beaucoup d’autres. Plus d’une dizaine au total sur les communes de Barby et La Ravoire principalement. Mais aussi à Chambéry, Francin, Saint-Pierre-d’Albigny, Albertville, Aix-les-Bains, Tresserve... Sans compter les feux de poubelles.
La nuit a donc été plus qu’agitée pour les forces de l’ordre et les pompiers. Et le réveil difficile, pour les habitants des quartiers concernés, en ce matin du 8 mai. Pour eux, c’est le choc puis l’incompréhension. Avant de faire le lien avec le résultat de l’élection présidentielle. Forcément. Les gens ont encore en tête les événements survenus dimanche soir à Aix-les-Bains et voient là une suite (lire notre édition d’hier).
La gendarmerie est plus prudente sur les raisons de ces violences. « Il n’y avait personne sur les différents secteurs et encore moins de groupes localisés. Pas comme dimanche soir où il y avait des bandes de jeunes et où l’on savait à qui on avait affaire. Il s’agit peut-être d’un ou deux individus qui ont tourné. Les feux étaient très étalés dans la nuit, de 23 heures à 5 heures », indiquait-on hier matin à Chambéry. « Côté dispositif, on avait du personnel dehors ou prêt à intervenir ».
Pneus crevés, voitures rayées
On déplore le gros des incendies entre La Ravoire et Barby : les Épinettes, le parking du magasin "Babou" et celui des Terraillers, durement touché avec six véhicules incendiés. Dans un lotissement de La Ravoire, pas de feu mais de nombreuses voitures vandalisées. Pneus crevés, carrosseries rayées, poubelles brûlées provoquaient indignation et désolation chez les habitants. Au total, plusieurs plaintes devaient être déposées.
A Aix-les-Bains, la nuit a été bien agitée également. Sans pour autant atteindre le niveau de tension de celle de dimanche à lundi. Entre 22 heures et 5 heures du matin, les sapeurs-pompiers sont ainsi intervenus sur quatorze départs de feu, disséminés dans plusieurs quartiers (Sierroz, Franklin-Roosevelt, La Liberté, Marlioz...). La majeure partie d’entre eux a concerné des poubelles, mais on déplorait, hier matin, la destruction totale d’une voiture et la forte dégradation d’un local dédié aux cours de catéchisme à Marlioz. Aucun affrontement n’a été répertorié, les incendiaires, plutôt mobiles, ayant cette fois-ci choisi de jouer au chat et à la souris avec les forces de l’ordre.
Du côté d’Albertville, on a déploré trois feux de voitures. La première a pris feu vers 22 h 30 rue Félix-Chautemps, suivie de deux autres, dans le quartier du Champs de Mars, alors que des poubelles et des cartons s’embrasaient ailleurs dans la ville, jusqu’à 4 h 15 du matin (chemin des Trois Poiriers, avenue des Chasseurs-Alpins, à la Pierre du Roy...).
Voir en ligne : DL
Il y a pas que ds la nuit de dimanche à lundi , mais ds la nuit de mercredi a jeudi , nous avons eu 3 voitures bruler ds notre ruelle a AIX -LES-BAINS . Faut vraiment arreter tout ca il ce rende meme pas compte qui brule les voitures des gens qui sont innocent . Avec mon copain nous avons rien dormie de la nuit , de peur qu’il brule la notre aussi . Je pense que a comptais de maintenant il devrai avoir des rondes de nuit car il faut arreter tout ca .
merci elodie
Article du mercredi 9 mai 2007
Une permanence UMP incendiée à Villeurbanne
De nouveaux incidents ont éclaté hier soir dans les rues lyonnaises, opposant 200 manifestants aux forces de l’ordre. Si la première manifestation de 400 personnes s’était déroulée sans incident l’après-midi, un nouveau rassemblement, plus violent, a eu lieu hier soir place des Terreaux. Peu avant minuit, une quinzaine d’interpellations ont été dénombrées. Dans le même temps, les pompiers intervenaient sur une quarantaine de feux de voitures et de mobiliers urbains dans l’agglomération lyonnaise. À la nuit tombée, le cortège anti-Sarkozy a emprunté la rue de la République, entamant une série de dégradations du mobilier urbain et bloquant la rue piétonne. Habitués à ce scénario depuis dimanche, les policiers ont dû s’interposer.
Appel au calme de Gérard Collomb Le maire de Lyon, a condamné « fermement les actes de violence urbaine qui se déroulent depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Je lance un appel au calme, à l’apaisement à au respect de l’issue de cette élection. Je peux comprendre la déception, voire la tristesse de tous ceux qui n’avaient pas voté pour M.Sarkozy. Mais une majorité s’est dégagée dans les conditions normales d’une élection. Il convient de respecter ce résultat », conclut Gérard Collomb.
À Villeurbanne, c’est un local UMP qui a été visé. La permanence située en centre-ville a été endommagée par un incendie vraisemblablement criminel, ce dont attesterait le bris de la vitrine. Les dégâts seraient assez légers d’après la mairie de Villeurbanne. Jean-Paul Bret, le maire, s’est rendu sur place et a « rencontré des responsables et des militants choqués. Je condamne cette violence. Les Français ont désigné leur président. Chaque citoyen, quel qu’ait été son vote, doit l’accepter ».
Dans la nuit précédente, les pompiers étaient intervenus sur 69 feux de voiture dans l’agglomération.
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