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Villiers-le-Bel : nouvelle étape dans la fabrication de "l’ennemi de l’intérieur"

mardi 27 novembre 2007

La guerre civile, le seul grand projet valable de Sarkozy pour la France [1], se répand de nouveau dans la banlieue parisienne, avec toujours comme géniteur un accident mystérieux [2] impliquant la police et causant la mort de deux jeunes de banlieue.

Au milieu du message médiatique dominant ("Regardez : ils cassent tout. Ce sont des sauvages. Restez chez vous, la vie est dangereuse"), on tombe parfois sur des perles de cynisme et d’inhumanité, comme sur TFI/LCI, qui nous "informe" sur le dispositif sécuritaire mis en place pour contenir les violences, et qui nous précise notamment que [3] :

Autre "mesure" de dissuasion : "aucun émeutier" n’a été soigné dans le poste médical avancé (PMA) installé lundi soir à Villiers-le-Bel, a indiqué mardi soir Patrick Pelloux, président de l’association des médecins urgentistes de France (Amuf), seulement des policiers.

Les forces de répression (police) et de secours (pompiers, médecins) ne soignent donc pas les blessés du "camp" adverse. La République n’est plus ce qu’elle était : on en arrive d’une façon plus ou moins généralisée, à ce sentiment répandu et considéré normal que "les mauvais", les "déviants" [4], n’ont pas de droits ! Fût-ce le droit humain le plus élémentaire, que d’être soigné de ses blessures...

Nicolas Sarkozy, qui n’est évidemment pour rien dans toute cette lamentable affaire (vous avez bien vu les images, il était en Chine ma bonne dame !), continue à faire mumuse avec ses hochets fascistes. En continuant de construire, de façonner, de créer, d’inventer, de médiatiser son "ennemi de l’intérieur" préféré : le jeune de banlieue...

Notes

[1] On n’avait finalement pas concrétisé la brève qu’on voulait faire sur le sujet (et puis notre médecin nous a recommandé de nous défaire de notre monomanie sarkozyste...), mais rappelez-vous récemment, lors des grèves pour la défense des régimes spéciaux de retraites, comment les séides sarkozystes en sont arrivés à faire descendre des "anti-grève" dans la rue. Cette opération de montage d’une demi-France contre une autre, ce ferment, cette ambiance, de guerre civile, fût orchestrée par le facho Patrick Devedjian (malhabilement il est vrai, car l’intéressé n’est pas suffisamment fin pour réussir vraiment à manipuler l’opinion sans laisser de traces...).

[2] C’est à dire dont les témoins oculaires racontent des choses intéressantes, pouvant laisser supposer que les policiers n’ont pas été très clairs dans leur action. En 2005, il s’était dit que les jeunes avaient été poursuivis jusqu’à aller se cacher sur l’emprise EDF où ils périssent ensuite électrocutés, que les policiers les ont laissé "mariner" dans le transformateur les sachant en danger. Cette fois-ci, les témoins oculaires (policiers exceptés) évoquent encore des faits troublants tels qu’un accrochage auto-moto de face, une "exfiltration" des policiers incriminés dans l’accident et leur remplacement par d’autres, un délai anormal dans l’apport de secours aux jeunes accidentés... Bref autant d’éléments qui sont très vite oubliés de l’opinion et des enquêteurs. En l’occurence ici, les premières conclusions officielles provisoires n’ont pas mis plus de quelques heures à établir que les policiers étaient irréprochables. Conclusions officielles injectées "à chaud" dans les flux médiatiques, sur la seule foi d’une enquête policière, par la procureur de la République de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry. Procureur qui a ensuite curieusement décidé d’attendre (quoi ? que sa version se répande dans l’opinion ?) et de ne pas saisir de suite la Justice, obligeant l’avocat des victimes à demander la désignation d’un juge d’instruction et l’ouverture d’une information judiciaire et pas seulement d’une enquête préliminaire de l’IGPN (Source : AP - 27.11.2007 - 20:31). Le reste, ce que croit avoir vu le peuple, ne devenant plus que des "rumeurs" une fois assénés les "semble exonérer", "seraient hors de cause" et autres "aurait donc bien grillé la priorité" des médias dominants (Source : C. J. et L.D. (lefigaro.fr) avec AFP et AP 26/11/2007 - 23:55, Le Figaro, Christophe Cornevin et Cyrille Louis 27/11/2007 - 08:04 et S.L. lefigaro.fr avec AFP - 27/11/2007 - 20h52). Et après la disculpation juridique viendra vite le temps de la disculpation médiatique, puisqu’après quelques jours d’émeutes, le bon peuple de France, en plein rut sarkozyste effréné, en concluera que de toutes façons, ces jeunes, là, voleurs de minimotos qui cassent tout, n’ont eu que ce qu’ils méritent...

[3] Source : D.H. (avec agence) - le 27/11/2007 - 21h25.

[4] Ici, cochez la case qui vous sied : méchants, pédophiles, jeunes des banlieues, chômeurs, syndicalistes, musulmans, homosexuels, chacals (version russe), etc.

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8 Messages de forum

  • allez-y, n’hésitez pas : donnez-nous les sentiments des casseurs. Allez-y, SUR PLACE. - modération à priori, je n’ai aucune illusion -

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  • "Scoops" macabres de L’Express

    27 novembre 2007 23:20, par 16 bis
    L’Express invente un nouveau style journalistique : la revue de blog des jeunes de banlieue morts... Les blaireaux de la "grande presse" ont enfin trouvé à quoi Internet servait... A faire des "scoops", coco !

    Voir en ligne : Lien nauséeux

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  • Personne en effet, parmi les élites dominantes de l’Hexagone, n’a cherché à tirer les enseignements des émeutes de l’automne 2005. Les autorités locales comme les intervenants sociaux cités par la presse française s’accordent, au contraire, pour décrire une situation qui s’est encore détériorée dans les banlieues. Plutôt que d’y renforcer le maillage social, les autorités ont accentué la répression. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, a ainsi décidé de détacher en permanence dans les banlieues des CRS spécialisés dans la guérilla urbaine plutôt que d’y développer un îlotage de quartier et une police de proximité.

    Le gouvernement évite cette fois les déclarations fracassantes. Nicolas Sarkozy, devenu président de la République, observe prudemment la situation de Chine, où il est allé signer quelques contrats. Réputé hyperactif et omniprésent, le chef de l’Etat est resté en retrait, laissant ses ministres aller au front.

    A l’image de celle qui lui a succédé à l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, qui demandait hier l’aide de la population des banlieues pour « isoler ceux qui sont les délinquants ». Cet appel à la délation pourrait faciliter les amalgames et la criminalisation de l’ensemble de la jeunesse des banlieues. Un peu à l’image de la stratégie du gouvernement à l’égard des grévistes du métro et de la SNCF, accusés de prendre en otage le peuple des travailleurs.

    Il y a six mois, fort de son bon score, Nicolas Sarkozy prétendait vouloir être le président de tous les Français. Son gouvernement continue pourtant allègrement à casser la France en deux. Le président a beau chercher à divertir les foules en alimentant la presse people des « sarkozettes » qu’on lui prête : des réalités plus crues n’auront de cesse de se manifester. Car la France d’en bas reste bel et bien prisonnière du sarkozysme.

    Voir en ligne : Le Courrier

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  • 10 h 22, quelques pétards éclatent. Aussitôt la police est partout, les jeunes nulle part. Sauf quelques égarés qui tombent à pic pour donner des images aux télévisions.

    Trois jeunes de moins de 25 ans quittent un parking dans une belle BMW. On les sort fermement de la voiture, mains sur le capot, pieds écartés. Contrôle d’identité passablement humiliant, par 300 policiers, sous l’œil un peu gêné de 100 journalistes qui leur mettent les caméras sous le nez. On fouille le coffre. On le filme. Rien. Circulez.

    Une dizaine d’interpellations

    Le conducteur, un beau jeune homme dont la boucle d’oreille étincelle, est parfaitement à l’aise. "On était chez des copains. Voilà, ils nous contrôlent, c’est normal, c’est la situation." Et avec un sourire en coin, aux journalistes : "Faites attention à vous, c’est risqué." Puis à deux reprises : "Ils vous racontent pas la vraie histoire." Personne d’ailleurs dans la cité ne croit une seconde à la version officielle.

    Voir en ligne : Le Monde

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    • Une vidéo donne un nouvel éclairage sur l’accident de Villiers-le-Bel La mini-moto des deux adolescents sur le lieu de l’accident à Villiers-le-Bel, le 25 novembre 2007

      (20minutes.fr) Une vidéo amateur remet en question les premières conclusions de l’IGPN (inspection générale de la police nationale) au sujet du drame de Villiers-le-Bel. Un jeune du quartier commence à filmer une dizaine de minutes après l’accident. Sur les images, visionnées par 20minutes.fr, on distingue la voiture de police sérieusement endommagée, et une première équipe de pompiers qui intervient sur les deux victimes, très proches du véhicule.

      L’état, très endommagé, de la voiture, proche des photos diffusées dans la presse et prises après le commencement des émeutes laisse penser que le véhicule n’a pas été dégradé juste après l’accident, mais bien endommagé au moment de la collision. La position du véhicule est d’ailleurs la même que sur les photos publiées par la suite. Il n’aurait donc pas été déplacé. Or selon les premières conclusions de l’IGPN, citées par le quotidien « Le Monde », « l’état de la voiture, capot très enfoncé et pare-brise éclaté, s’expliquerait par des dégradations commises à coups de barre de fer après l’accident. La position du véhicule, le long du trottoir, ne refléterait pas non plus la réalité. Il aurait été déplacé. » La thèse de l’IGPN avait déjà été mise à mal par le témoignage d’un riverain, recueilli par la Bondy Blog, partenaire de 20 minutes.fr.

      « D’abord dans des mains juridiques »

      Autre enseignement de la vidéo, les pompiers ont pu intervenir dans le calme et aucun périmètre de sécurité n’a été établi. Les passants sont très proches des secours, mais ne manifestent aucune hostilité à l’égard des pompiers sur les cinq minutes de vidéo visionnées. Cette vidéo est en possession de Yassine Belattar, proche de la famille des victimes et animateur sur la radio Générations 88.2. Il ne souhaite pas encore la diffuser aux autres médias.

      La vidéo, qui dure cinq minutes, a été montée par le vidéaste amateur pour la diffuser sur le site myspace.com. « Je l’en ai dissuadé », explique Yassine Belattar, qui devrait récupérer l’ensemble des rushs, une soixantaine de minutes selon lui, ce mercredi. « Il faut mettre ces images d’abord dans des mains juridiques, ensuite seulement journalistiques. »

      Mercredi, les premières conclusions de l’IGPN étaient beaucoup moins catégoriques sur les dégradations commises sur la voiture de police.

      (...)

      Voir en ligne : 20 Minutes

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    • Les proches des familles endeuillées accusent : l’accident a été provoqué par le conducteur de la voiture de police. « Les policiers appellent ça, faire du shooting. » Sur les lieux même du drame, un condisciple des deux gosses tués clame : « Juste avant l’accident, j’ai entendu les flics leur dire que s’ils les revoyaient encore avec leur moto, ils les tamponneraient. » Un autre hurle : « Les flics les ont laissés là et ils sont partis sans les secourir. »

      Voir en ligne : TDG.ch

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    • Version officielle en décalage 28 novembre 2007 21:59

      C’est un ex-cadre de la police qui le dit. "Cette intervention des policiers était bordélique dès le départ". A Villiers-le-Bel, après la mort des deux jeunes, les interrogations persistent.

      Cette affaire de Villiers-le-Bel, du moins sa version officielle : "ça sent l’histoire qui n’est pas carrée du tout". C’est un ex-flic qui le dit.

      "Il y a trop de questions dans cette affaire. Et il n’y a pas de réponses à toutes les questions que se posent les uns et les autres".

      "C’est ça qui met le feu aux poudres, plus que la situation sociale de Villiers-le-Bel".

      "La version officielle est tellement en décalage avec le ressenti des gens sur le terrain que, du coup, toutes les thèses deviennent possible." "Il y a un verrou qui doit sauter pour éviter de laisser se développer les fantasmes. La situation exige de donner un maximum d’infos à la population."

      "C’est très grave. Si l’IGPN (la police des polices) donne aujourd’hui des versions contestables, ça veut dire qu’on ne peut plus croire la verision officielle. Ça pose un problème de crédibilité de la police, des procédures... et donc d’ordre public".

      Voir en ligne : Le Post.fr

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