Ca se passe comme ça

> Abonnez-vous, désabonnez-vous de notre liste de discussion <
Accueil du site > Ca se passe comme ça > "Travailler plus pour gagner plus" : même les policiers en sont (...)

"Travailler plus pour gagner plus" : même les policiers en sont revenus

jeudi 2 août 2007

La liste des cocus de l’efficace slogan de campagne "Travailler plus pour gagner plus" s’allonge un peu plus chaque jour. Que ce soit dans l’industrie ou les services, on ne compte plus le nombre de travailleurs qui, ayant cru qu’ils augmenteraient leur salaire grâce à Sarkozy, déchantent (réalisant ce qui était dès le début pourtant évident : ce n’est pas le salarié qui détermine sa charge de travail, ni son salaire).

Derniers en date, mais pour des raisons un peu différentes, les policiers. "A l’heure où on nous parle de travailler plus pour gagner plus, là c’est travailler plus pour gagner moins !" affirme Patrick Ribeiro, du syndicat Synergie [1]. L’autre gros syndicat de policiers, le SNOP dénonce de son côté des "propositions honteuses de l’administration". De quoi s’agit-il ?

Contrairement à nombre d’ouvriers qui, dans les usines, souhaitaient "travailler plus pour gagner plus" dans le simple but d’améliorer un quotidien plutôt modeste, le cas des policiers est différent : les heures supplémentaires ont déjà été réalisées [2], et même au-delà, puisqu’il s’agit de 5 millions d’heures supplémentaires que les officiers de police ont engrangé sans contrepartie.

Pour solder ces 5 millions d’heures qui enflent chaque jour en créant une incertitude comptable sur le budget du ministère de l’Intérieur, des négociations ont été ouvertes entre le ministère et ses policiers, en vue de trouver une solution au 01/01/2008. Parmi les propositions : payer les 200 premières heures supplémentaires, les suivantes pouvant soit être payées également, soit être reportées sur le compte-épargne temps des intéressés, soit -schéma moins classique- être utilisées pour des départs en retraite anticipée.

Seulement voilà, 5 millions d’heures, ça coute cher, et le gouvernement, aux prises avec un Budget 2008 très tendu, essaie de rogner sur les coûts. Moralité : il a proposé un taux horaire de 9,25 euros brut pour payer les 200 premières heures, et royalement 24,60 euros par mois en cas de passage en compte-épargne temps. Le premier chiffre est dénoncé par les syndicats comme correspondant au salaire d’un élève-officier, le second est mis en balance avec les 300 euros que toucheraient de leur côté les commissaires.

Du coup, les policiers pourraient descendre dans la rue à la rentrée, si les négociations patinent. A moins que le président de la République n’arrange tout, comme à son habitude. Il a promis mardi qu’il s’adresserait aux policiers fin août.

Notes

[1] Source : Les Echos, 02/08/2007.

[2] Le métier d’officier de police fait partie de ceux où on ne quitte pas son poste quand sonne 17 heures. Les impératifs du service et du terrain imposent parfois des permanences non stop, de nuit, de jour, etc. Ce qui se traduit forcément par des heures supplémentaires. Les crimes et délits, en effet, ne s’arrêtent pas les soirs et week-ends...

Répondre à cette brève

1 Message

  • Mobilisations, luttes et solidarités Heures sup’ des policiers : c’est la « rupture » ! Mercredi, 01 Août 2007

    Alors que le président Sarkozy fait l’apologie des heures supplémentaires tandis que l’Etat doit plus de 2 milliards d’heures aux personnels des hôpitaux et plus de 6 millions à ses forces de l’ordre, le Syndicat national des officiers de police (SNOP) vient de rompre les négociations en cours sur leur remboursement."Travailler plus pour gagner plus" : même les policiers en sont revenus

    Voir en ligne : Actuchomage

    Répondre à ce message


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP