Ca se passe comme ça

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Quand la crise se répand dans l’économie réelle (1)

dimanche 12 octobre 2008

Choc systémique en cours : les signaux faibles d’une contamination de l’économie réelle par la crise financière commencent de plus en plus, depuis une semaine disons, à laisser la place à des signaux forts. "Ca se passe comme ça" inaugure aujourd’hui une série sur toutes les formes que prend le grippage annoncé.

- Aujourd’hui : un vendeur d’autos occasion tenaillé entre suppression de sa caution bancaire et credit crunch de ses clients [1]

A Bouresse (Vienne), le garage Beaudrin pâtit de la crise financière qui, en plus de rendre les crédits auto plus difficiles à obtenir, modifie le comportement de ses banquiers. "La caution bancaire nous permet de ne payer les fournisseurs qu’à échéance de 60 ou 90 jours. Et du jour au lendemain, on nous supprimait les deux tiers de cette caution !" déplore Louis de Russé qui a repris l’entreprise en 2006. En conséquence de cela, le garage n’a pu se constituer un parc d’automobiles d’occasion à hauteur de sa réputation.

Pour s’adapter, l’entreprise a alors proposé à ses banquiers une stratégie de recentrage sur des activités à plus forte marges (mécanique, carrosserie, location), mais là encore, la frilosité des banques fût patente : "Deux de nos trois banques ont refusé de nous suivre et la 3ème s’est donc retirée".

Moralité, de Russé a obtenu une mise sous observation par le tribunal de commerce qui lui permet de geler ses créances pour 6 mois. A la clé : 3 licenciements (sur 19 salariés) et le passage aux 35 heures pour sauver le maximum d’emplois [2]. Louis de Russé est amer : "Nous aurions pu absorber une baisse de 10% de notre caution bancaire, mais pas de 60% ! Ils savaient qu’en cassant notre rythme aussi brutalement, ils cassaient la machine" s’emporte l’entrepreneur en évoquant les banquiers.

Ca se passe comme ça.

Notes

[1] Source : Centre Presse, 11/10/2008.

[2] Les idéologues de l’ultra-libéralisme apprécieront mais n’ont qu’à la fermer vu que c’est de leur faute si on en est là...

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