lundi 19 septembre 2005
Afin de mieux remplir ses missions de suivi des chômeurs, l’ANPE lance un programme pluriannuel d’embauche, qui verra le recrutement de 1.355 agents d’ici la fin de l’année : 1.200 conseillers et 155 animateurs d’équipe. Une deuxième vague de recrutement devrait suivre en 2006. Les syndicats de l’ANPE assurent, béats, que leur direction leur a promis entre 3.500 et 3.700 postes [1].
Alors que le gouvernement vient successivement de mettre l’ANPE en concurrence [2] et de renforcer le contrôle des chômeurs, on se doute bien qu’il ne recrute pas pour réduire de 1.355 le nombre de chômeurs en France... Surtout un pouvoir qui n’a de cesse de critiquer le nombre trop élevé de fonctionnaires et de faire reculer l’Etat.

Non, la réalité est plus prosaïque. Il s’agit tout simplement de mettre des hommes neufs aux postes clés du suivi (= du contrôle) des chômeurs. En effet, le gouvernement ne vise qu’une seule chose : que les fonctionnaires de l’ANPE mettent un "tour de vis" supplémentaire au contrôle. Confronté à une sorte de "résistance passive" de la part de ses agents, le gouvernement a été contraint récemment de graduer les sanctions aux chômeurs non motivés, afin de les rendre plus applicables.
Mais avec de jeunes loups ultra-libéraux aux postes-clés, les statistiques du chômage devraient baisser encore plus vite ! Ca se passe comme ça.
[1] Source : Les Echos, n° 19.501, 19/09/2005.
[2] Une idée échafaudée par François Fillon en 2003 et mise en oeuvre depuis par le plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo.