vendredi 16 décembre 2005
Il a très vite semblé, hélas, que la réponse à notre question du 8/11/2005 était positive...
A preuve, la percée de la lepénisation des esprits, mesurée par un sondage récent.
39% de personnes interrogées jugent "inacceptables" les idées du FN, soit 5 points de moins qu’en 2004. Ce même taux baisse également de 9 points par rapport à 1997, selon un sondage TNS-Sofres publié mercredi par le Monde et RTL.
14% des personnes interrogées trouvent les idées du Front National justes, et 43% "excessives" (37% en 2004), 4% étant sans opinion..
Si en 2002 70% des Français considéraient que le FN et son président, Jean-Marie Le Pen, représentaient "un danger pour la démocratie", ils sont en 2005 66% de cette opinion. 33% des personnes interrogées pensent que Jean-Marie Le Pen sera au second tour de la présidentielle de 2007, et 55% sont d’un avis contraire. 29% souhaitent le voir au second tour et 67% ne le souhaitent pas.
33% sont comme Jean-Marie Le Pen pour la défense des valeurs traditionnelles et 25% approuvent le discours du FN sur la situation dans les banlieues.
Du coup, Jean-Marie Le Pen se prend à rêver : "Je crois que nous sommes sur une voie de progression très nette puisque les évènements corroborent en quelque sorte les prévisions et les avertissements que nous n’avons cessé de donner. Par conséquent, je crois que le Front national est sur la voie du pouvoir". Merci qui ? Merci Sarkozy ! [1]

[1] Depuis l’épisode des violences urbaines, Nicolas Sarkozy semble avoir définitivement renoncé à séduire au centre et à gauche en 2007. Il est donc à craindre désormais que le président de l’UMP ait pour stratégie de réitérer la configuration du 2e tour qui porta Chirac au pouvoir en 2002 (droite/extrême-droite). C’est à dire qu’il risque de continuer à entretenir les haines xénophobes et les délires sécuritaires pendant toute l’année 2006 (à commencer par la prochaine période de Noël et de la Saint-Sylvestre, où les médias dominants annoncent déjà une recrudescence des violences urbaines...). A ce titre, cspcc.com ne croit pas du tout la propagande frontiste qui essaie de faire croire que Nicolas Sarkozy manoeuvrerait pour empêcher une candidature de Le Pen. Un tel faux ne résiste pas une seconde à la logique des stratégies politiques des uns et des autres. Le Pen : se victimiser et faire parler de lui as usual ; Sarkozy : sécuriser le 2e tour de la présidentielle (retombée stratégique voulue) et soigner son image non facsiste via une opposition frontale avec Le Pen (retombée médiatique connexe).