jeudi 23 février 2006
La rhétorique nazie a décidément le vent en poupe chez les politiciens français... Après les propos de Georges Frêche (PS) qualifiant les harkis de "sous-hommes" [1], voilà qu’un sbire du président de l’UMP Nicolas Sarkozy explique que la bonne méthode pour réformer la France consiste en l’usage du "blitzkrieg", ou guerre-éclair, concept nazi ayant permis à l’Allemagne hitlérienne de défaire la France en quelques semaines en 1940.
En effet, Sarkozy se voyant plus que jamais déjà à l’Elysée en 2007, il recommence son petit jeu d’intervenir à tout bout de champ sur tout et sur rien, en prenant soin d’empiéter (sous prétexte d’être président de l’UMP et pas seulement ministre de l’Intérieur) sur les plates-bandes de ses collègues ministres [2], tandis que ses conseillers sont chargés de distiller la propagande sur le thème "Sarkozy, seule option efficace possible".
C’est ainsi que l’un d’eux explique [3] qu’il s’agira, si son "führer" est président, de concentrer les réformes en début de mandat : "Un an pour les mettre en place, quatre ans pour les appliquer", à la façon d’une "blitzkrieg" précise-t-il.
On savait déjà que Nicolas Sarkozy méprisait la France , son modèle social et ses fainéants de Français qui ne veulent pas travailler en se contentant de l’assistanat... Après le choix délibéré de pousser le pays au bord de la guerre civile , voilà qu’il prône de mener la réforme comme une guerre... La rhétorique est tellement révélatrice de l’état d’esprit qui l’anime [4] qu’on en arrive à se demander pourquoi diable Sarkozy veut se présenter à la présidence d’une Nation pour laquelle il a si peu de considération. Ca se passe comme ça.
[1] A ce propos, les députés UMP profitent de ce dérapage verbal pour harceler Frêche et le PS (c’est de bonne guerre, oserait-on dire). Ainsi une députée UMP alsacienne fustigeait des propos "indignes d’un élu de la République", aussi indignes que de mettre le feu à des caravanes sans aucun doute...
[2] Hier, (22/02/2006), Le Figaro mettait en Une (et en exclusivité) le point de vue sarkozien sur l’Ecole et la réforme à l’américaine qu’il faudrait y appliquer, thème que le président de l’UMP reprenait dans la journée devant les militants de son parti.
[3] Les Echos, 23/02/2006.
[4] Et avec de tels propos, que Nicolas Sarkozy arrête de feindre l’émotion quand il a l’impression d’être réduit à une simple caricature .