vendredi 25 novembre 2005
Dans un contexte psycho-socio-politique post-violences urbaines où "l’autre" fait peur ou est à éliminer, la dernière grosse blague de députés UMP en pleine régression fasciste -et décidément de plus en plus déconnectés de la France réelle- a consisté à faire porter la responsabilité des violences urbaines aux groupes de rap hexagonaux, qui useraient d’un vocabulaire incitatif à la violence dans leurs chroniques (les méchants) ! [1]
Il est comique l’ami Grosdidier, député de Moselle qui emmène l’opération ! En gros si Superdupont [2] était encore là pour combattre l’anti-France, il s’en prendrait aux rappeurs...
Mais comme les députés UMP ne doivent pas connaître grand chose au rap, mal conseillés, ils ont un peu tapé au hasard dans les rappeurs qu’ils visaient. Parmi ces derniers, victimes des foudres comminatoires des séides sarkozystes, on trouve en effet des artistes ayant depuis belle lurette arrêté de rapper [3].
Il y aurait donc parfois plusieurs années des paroles aux actes ? Soyons sérieux deux minutes : les Français n’oublieront pas que les violences ont immédiatement suivi les provocations verbales d’un certain président de l’UMP en mal de sondages favorables pour 2007, et une action policière (sous la tutelle directe d’un certain ministre de l’Intérieur) susceptible d’avoir entraîné la mort de deux jeunes.
Alors que les démago-députés daignent arrêter quelques instants leur affligeant spectacle. Ils pourraient donner l’idée à de simples citoyens d’attaquer en Justice Nicolas Sarkozy, pour incitation à la violence [4].
[1] "Nous avons interpellé le Garde des Sceaux sur la chanson FranSSe de Monsieur R et six autres chanteurs ou groupes de rap qui incitent à la haine et au racisme", a déclaré mercredi à l’AFP le député (UMP) de Moselle François Grosdidier, à l’origine de cette initiative. Selon une liste qu’il a transmise à l’AFP, 152 députés et 49 sénateurs sont signataires de questions écrites déposées mardi à l’Assemblée nationale et demandant à Pascal Clément "s’il envisage d’engager des poursuites" contre Monsieur R., le chanteur Smala, le groupe Lunatic, le groupe 113, les rappeurs Fabe et Salif ainsi que le groupe Ministère Amer. Source : Tageblatt , 24/11/2005.
[2] Le superhéros franchouillard et cocorico de Marcel Gotlib, pourfendeur devant l’éternel des ennemis de la France.
[3] Le choix de ces sept groupes et artistes étonne en outre le spécialiste du hip-hop Olivier Cachin, écrivain et journaliste, un temps animateur d’une émission de rap sur M6. "Lunatic a été dissous en 2002, tandis que pour Ministère Amer, le dernier album remonte à 1995, Fabe a arrêté de faire du rap il y a sept ans", dit-il : "On a l’impression qu’ils en ont sorti quelques uns au hasard", rappelant aussi que 113 a pour sa part décroché deux victoires de la musique. Source : Tageblatt, réf. cit.
[4] A l’évidence, si un bon avocat réussit à trouver un moyen d’attaquer les rappeurs sur ce créneau, un bon avocat pourrait facilement trouver un moyen d’attaquer le ministre de l’Intérieur pour les mêmes faits !