vendredi 11 janvier 2008
Gros titre aujourd’hui 11 janvier 2008 (ça sonne comme une date d’attentat déjà...) dans "Le Figaro", service après-vente de la cellule de communication de l’Elysée, quotidien des "idées saines" : Menaces islamistes : la DST sur le qui-vive.
Dans la plus pure tradition FUDesque, le journal de ce bon vieux marchand de missiles Serge Dassault nous apprend que la menace islamiste en direction particulière de la France se serait largement renforcée ces derniers mois et ces dernières semaines, comme l’attestent les messages laissés ces derniers temps sur le blog de Ben Laden. C’est notamment pour cette raison que le Dakar a été annulé in extremis... Quelques semaines avant cet heureux événement écologique, des Charentais-Maritimes disparaissaient mitraillés en Mauritanie.
Evidemment dans cette histoire, Le Figaro ne fait jamais le lien avec la politique étrangère de M. Sarkozy à l’endroit de l’islam qui, à l’image du pauvre homme qu’il est, n’est que fanfaronnades, mépris et crachats à la gueule en direction des musulmans et de leur culture. Ainsi même si l’article principal montre bien, citant un communiqué islamiste,que Nicolas Sarkozy est une cible explicite d’al-Quaeda, dont il faudrait "provoquer la chute", l’encadré "décryptages", une interview d’un ancien responsable de la DST, occulte totalement la personnalité et les actes de Nicolas Sarkozy comme cristallisateurs du renchérissement islamiste [1].
Qu’il vienne stigmatiser de la façon la plus grossière la culture de l’islam des "cités" françaises (émeutes en 2005 et 2007 avec dans les deux cas des jeunes de familles musulmanes tués suite à altercation avec la police, grenade dans une mosquée, envolées racistes et xénophobes hallucinantes de certains UMP, etc.) ou plus récemment qu’il s’exhibe dans moult pays musulmans (Egypte, Jordanie...) tel un caïd au mépris des us et coutumes locales, au point de faire réagir les diplomaties arabes, Nicolas Sarkozy est tout simplement en train de prendre la suite de "W". pour souffler tranquillement, sans avoir l’air d’y toucher, sur les braises du "choc des civilisations".
Et il le fait sans trop se forcer, tant il a l’air d’avoir un problème viscéral avec l’islam (et la religion d’une façon plus générale). Son grave dérapage du 3 octobre 2007, est là pour nous rappeler la dangerosité de la vision de Sarkozy en la matière. Les mesures de pophylaxie médiatique déployées autour de cette info de Jean Quatremer [2] sont significatives. Le choc des civilisations : notre nabot de président nage en plein dedans !
Pêle-même quelques rappels de certains actes récents de Sarkozy sur ce dossier :
Renforcement des moyens français en opération en Afghanistan (engagement militaire accru : installation sur place de forces aéroportées de type Rafale, envoi de nouveaux opérateurs de formation de l’Armée afghane, de troupes supplémentaires...).
Evocation "décomplexée" du bombardement de l’Iran ("la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran") au cours de son premier discours fondateur à la conférence des ambassadeurs, en août dernier. Signe de la même vision manichéenne que Bush sur "l’Axe du Mal".
Voyage d’alignement sur les Etats-Unis d’Amérique, et pire encore sur George W. Bush [3] "La France est l’amie de l’Amérique".
Politique de banalisation des contrats et installations nucléaires dans les pays musulmans (Libye, Emirats Arabes Unis, etc.).
Exaltation chrétienne de la France, à l’occasion de son voyage au Vatican en décembre
Quand on voit tout ce gâchis... Quand on voit de façon hélas trop évidente là ou vont nous mener les frustrations et les délires d’un seul homme. Quand on voit cette haine basique d’une religion, cette inculture crasse de celui qui se croit toujours supérieur à tout... On a envie de crier "Rendez-nous Chirac !" [4]. Quelle pitié. Ca se passe comme ça.
[1] Louis Caprioli évoque trois raisons, dont on ne voit pas très bien les contours au final (sans doute à cause du format très court de l’encadré), mais jamais Nicolas Sarkozy et ses provocations (nous ne croyons pas qu’il s’agisse de simples maladresses)...
[2] Cette information a mis non seulement du temps à sortir (événement du 03/10, publication le 14/11), contrainte de le faire en "mode sécurisé" (c’est à dire que Jean ne dévoile pas sa source, tout en étant tout à fait sûr de la fiabilité de son info), mais en plus elle n’a quasi pas été relayée par d’autres médias ou très tardivement et brièvement... Au final, le grand public n’a jamais entendu parler de cette diatribe éructante d’un président de la République française pathétique.
[3] Ce qui est une hérésie politiquement parlant, pour un président pseudo-"neuf et de rupture" comme Sarkozy, que de chercher à apparaître sur le même plan qu’un acteur largué et vieillissant qui vient de se metttre toute la planète à dos.
[4] Notre présent cri garde en mémoire le fait que la diplomatie chiraquienne avait réussi à maintenir à distance la menace. La France n’était plus une cible prioriaitaire de l’internationale islamiste sous sa présidence. Même si une menace latente demeurait toujours, Paris restant clairement dans le camp de l’Occident.