Ca se passe comme ça

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Les enfants hospitalisés et vive la traçabilité !

mercredi 2 novembre 2005

On a déjà eu l’occasion, à cspcc.com, de dire ce qu’on pensait de la "religion de la traçabilité" . [1]

Notre point de vue se trouve conforté par la récente affaire fâcheuse de steacks hachés contaminés ayant entraîné plus d’une quinzaine d’enfants à l’hôpital, à charge pour leurs parents de prier pour qu’ils en réchappent. Ces enfants risquent tout simplement de perdre leurs reins et de devenir des dialysés à vie... Ca se passe comme ça.

Pour autant, la religion de la traçabilité les protège. Ainsi en début de crise sur France-Info [2], le supra-épicier Michel-Edouard Leclerc, grand gourou de la "populo-distribution", docteur ès-communication de crise, passait un magnifique oral face à la France entière, s’attachant à reconnaître et expliquer, comme il convient de le faire dans ce cas pour se préserver au mieux. Après avoir expliqué comment il n’en dormait plus depuis deux nuits, avoir balancé son fournisseur -Soviba, "qui fournit toute la France" (sous-entendu mes concurrents aussi)- en pâture à l’opinion publique, puis détaillé l’ensemble des mesures mises en oeuvre par son enseigne, le supra-épicier se fait alors interrompre par le journa-présentateur de France-Info, qui ne peut s’empêcher de lancer :

"Finalement, c’est une chance qu’il y ait la traçabilité !". [3]

Sans doute pas peu fier de son effet, le journaliste décontenance même un instant Michel-Edouard Leclerc (peut-etre surpris par tant de candeur), qui se reprend vite et profite de la brèche :

"Je dirais même plus ! C’est une chance que ça tombe sur nous quelque part. Car nous avons les moyens de tracer, de sérier les lots, de mobiliser beaucoup de personnel, etc. Imaginez que cela tombe sur une PME !".

Donc si on résume la pensée du journaliste et du supra-épicier, heureusement que la traçabilité n’a pas empêché l’intoxication des gosses, et heureusement que c’est Leclerc (et tous les autres opérateurs selon M.-E.L.) qui vend de la viande toxique , sinon cela aurait pu être bien pire ! Ca se passe comme ça. Vaut mieux entendre ça que d’être dialysé à vie... Pas vrai les gosses ?

Notes

[1] On définit la "religion de la traçabilité" comme étant cet espèce de mythe, au croisement des mythes consumériste et technologique, venant des Etats-Unis, apparu vers 1997-98, et qui vise à faire croire aux médias, aux consommateurs et aux intoxiqués alimentaires potentiels que la traçabilité est une panacée qui les préservera de tout problème. Ce qui est absolument faux, puisque la traçabilité, en permettant de retrouver après coup un producteur de bien, ne sera jamais une garantie absolue contre les empoisonnements industriels. Ne permettant que de réduire le risque, la traçabilité est peut-etre souhaitable, mais n’évitera pas des accidents de se produire.

[2] France-Info, 30/10/2005, tranche 10-12.

[3] Les citations ne sont pas forcément retranscrites texto, mais reprennent en substance les propos entendus, avec un réel souci de ne pas biaiser.

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1 Message

  • > Et la religion des labels ?

    3 novembre 2005 13:42

    Vous dénoncez la "religion de la tracabilité ", mais que pensez vous de celle des labels ? Sur les boîtes de steacks vues à la Télé, il y avait trois "papillons "-labels (viande française, viande élevée au céréales, etc...).

    Ca n’a pas empeché l’intoxication....

    Répondre à ce message


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