mercredi 29 mars 2006
Alors que l’enterrement du "12" est programmé pour le 3 avril, il serait temps que les usagers du téléphone en France prennent conscience qu’ils vont perdre en qualité de service.
En effet, comme l’a déjà soutenu cspcc.com pour les réseaux , la libéralisation d’une activité telle que l’annuaire téléphonique (ou la poste ou l’électricité , etc.) a toujours engendré des effets néfastes (ici : une perte d’exhaustivité dudit annuaire) [1]. En ce secteur comme en celui du transport ferroviaire, l’exemple britannique est très parlant [2], mais n’empêche visiblement pas l’Hexagone de commettre les mêmes erreurs.
L’annuaire téléphonique est un métier qui nécessite de lourds investissements, qu’il est anti-économique d’imposer plusieurs fois, opérateur par opérateur. C’est pourtant ce qui risque d’arriver [3] au nom du sacro-saint dogme de la dérégulation (c’est le même qui bloque depuis des années la constitution du fameux "annuaire universel").
Au final, peu importe que l’usager ait obtenu un service satisfaisant (ici : une réponse à sa question), l’essentiel est qu’il paie... Ca se passe comme ça.
[1] Puisqu’on n’est plus dans une logique de monopole et de base unique mais de concurrence entre une multitude d’opérateurs veillant jalousement sur leurs données... On obtient donc différentes bases incomplètes au lieu d’une base complète.
[2] Les services britanniques de renseignements téléphoniques qui ont survécu à la concurrence engendrée suite à la libéralisation sont désormais tous positionnés sur des "niches" : un tel est spécialisé sur les numéros mobiles, un tel autre sur les numéros susceptibles d’intéresser la communauté homosexuelle, etc.
[3] A ce propos, les opérateurs Le Numero (118.218) et PagesJaunes/FT (118.008) se retrouvent aujourd’hui au Conseil de la Concurrence ; le premier ayant demandé au régulateur qu’il impose au second de continuer à vendre sa base "enrichie" après la disparition du "12". "La qualité des services de renseignements pourrait faire les frais de cette bataille" prévient notre consoeur Sandrine Cassini (source : La Tribune, 29/03/2006).