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Le fichage ethnique se concrétise

mardi 5 septembre 2006

Divers organismes se tirent toujours la bourre pour être le premier à organiser le fichage ethnique cher à Nicolas Sarkozy... Et c’est l’Ined qui vient de prendre la tête de cette ignoble course, tellement à l’opposé des valeurs républicaines. L’Institut national des études démographiques vient en effet de recevoir l’autorisation de la Commission nationale Informatique et Libertés pour mener une enquête constitutive d’une base de données nominative et ethnique [1], base de données dont le principe est pour le moment encore illégal en France (sauf autorisation de la CNIL justement).

L’Ined mènera une enquête [2] auprès de 1.500 personnes [3], officiellement pour observer l’intégration des "secondes générations" en Europe. Règne du faux oblige, l’intention serait louable : "Contribuer à remédier ainsi à l’insuffisance actuelle de données statistiques dont souhaitent disposer les pouvoirs publics pour définir et mettre en oeuvre des politiques en matière d’intégration à l’attention de ces populations". Les populations d’origine allogène retenues pour l’enquête sont celles issues de lignées de Turcs et de Marocains [4]. Patrick Simon, le démographe en charge de coordonner ce fichage, assure sans sourciller et contre toute évidence qu’il ne s’agit pas d’un comptage ethnique...

SOS Racisme met en garde contre "la mise en place de fichiers qui amplifieraient les discriminations sur des origines ethniques sans tenir compte de facteurs sociaux, de l’environnement familial ou professionnel". De son côté, Nicolas Sarkozy, autre français d’origine allogène, assène que c’est pour leur bien, pour "mieux lutter contre les discriminations". Un petit coup de patine humanitaire pour imposer dans les esprits l’innocuité du fichage ethnique. Depuis février 2005 , ce n’est que la 3e fois que le gouvernement tente d’acculturer les Français à cette dangereuse idée... Ca se passe comme ça.

Notes

[1] Source : Les Echos, 05/09/2006.

[2] "Les données collectées porteraient sur les caractéristiques familiales, l’éducation et la formation, l’emploi, les pratiques culturelles, le logement et le quartier d’habitation, les relations sociales et la participation politique, la répartition des tâches au sein du ménage, l’éducation des enfants, la religion et les pratiques religieuses, les discriminations, la construction identitaire, les revenus et la vie sexuelle" précise l’autorisation de la CNIL.

[3] Le principe est tellement contraire aux valeurs républicaines (liberté, égalité, fraternité) qu’il vaut mieux y aller progressivement pour habituer les esprits : 1.500 personnes fichées, ça devrait apparaître suffisamment inoffensif aux yeux de l’opinion. L’essentiel est de réussir à imposer progressivement l’idée, le concept de fichage ethnique.

[4] Rappelons ici simplement qu’il s’agit de citoyens français qui ont exactement les mêmes droits que tous les autres...

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1 Message

  • Le fichage ethnique se concrétise

    6 septembre 2006 13:31

    Il fichage se faisait déjà au mois d’août.. Et par la pollice !

    (((((((((((((())))))))))))))))

    SOS Racisme porte plainte contre le fichage éthnique des délinquants

    PARIS (AP) — SOS Racisme a déposé mardi une plainte avec constitution civile contre X pour le fichage supposé de délinquants selon des critères ethniques par les Renseignements généraux (RG), a annoncé l’association dans un communiqué. Selon la plainte, "ces fichiers qui ne renseignent pas sur la nationalité des délinquants mais sur leur origine ethnique ou raciale" sont contraires aux dispositions du code pénal qui interdit le fichage selon des critères ethniques, y compris aux RG. La démarche de SOS Racisme fait suite à la parution dans "Le Monde" du 25 février dernier d’un article sur les bandes des banlieues sensibles. Le quotidien y révèle "l’existence d’un rapport établi par les RG le 6 janvier 2005 répertoriant l’origine ethnique de 436 meneurs recensés dans 24 quartiers sensibles". Selon le quotidien, les RG auraient établi que ces "meneurs" sont de nationalité française à 87%, dont 67% sont cependant d’origine maghrébine et 17% d’origine africaine. Les Français d’origine non-immigrée représenterait 9%, a ajouté le quotidien. SOS Racisme a dit regretter la récupération de ces informations par un grand nombre de groupes et de sites internet d’extrême droite. Et de noter que "l’existence de ce rapport distinguant les délinquants de nationalité française selon leur origine ethnique n’a été démentie ni par les services du ministère de l’Intérieur ni par le ministre lui-même". L’association estime par conséquent qu’il "est nécessaire qu’un juge d’instruction soit désigné aux fins de récupérer les fichiers du ministère de l’Intérieur répertoriant l’origine ethnique des délinquants ainsi que le rapport établi par les services de ce ministère le 6 janvier 2005 et d’identifier tant les commanditaires que les auteurs de ce rapport". Le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile entraîne automatiquement l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction. L’article 226-19 du Code pénal interdit le fichage ethnique et réprime ce délit de la peine maximale de cinq ans d’emprisonnement et 300.000 euros d’amende. AP

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