Ca se passe comme ça

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Le corporatisme fasciste de certains commerçants

dimanche 25 mars 2007

"La police s’est engagée à faire son travail et à harceler les gens qui gênent" déclare un Laurent Arlot satisfait, persuadé qu’il perd du chiffre d’affaires à cause de la présence de jeunes mendiants en ville, et révélant au passage sa conception du travail de policier [1]. Président de l’association "Cap 2000" [2] des commerçants du centre-ville d’Angoulême (Charente), Laurent Arlot fait partie de ces petits commerçants comme il en existe tant en France, toujours à se lamenter contre tout : les taxes qui les grèvent, les pauvres qui ne consomment pas, les grandes surfaces qui vendent moins cher qu’eux, etc. De ces petits commerçants pathétiques, persuadés que le morceau de trottoir devant leur devanture leur appartient, à l’esprit corporatiste étriqué...

Ce genre d’esprits sarkozystes rêvent secrètement à l’avènement d’une république autoritaire qui laisserait travailler les "honnêtes gens" comme eux, les boutiquiers sans coeur et sans créativité...

Le corporatisme est, avec l’exaltation nationaliste et le culte du parti unique, une des trois mamelles du fascisme. Le fascisme est à nos portes. Ca se passe comme ça.

Notes

[1] Relevé par Sud-Ouest, 24/03/2007. La semaine passée, son association s’était réunie avec les responsables de la mairie et de l’hôtel de police, réclamant des mesures "énergiques" contre les jeunes mendiant dans l’artère piétonne (et commerçante) de la bourgade. Maniant le verbe de façon à faire croire à un véritable Bronx (rappel : il s’agit d’Angoulême, ville moyenne du Groland...), noircissant le tableau à dessein et s’imaginant déjà des agressions imaginaires, le président des commerçants du centre s’était vu rappeler que sa bonne ville était (encore) située dans un état de droit démocratique. En substance, la mairie avait rétorqué que l’arrêt anti-mendicité qu’elle avait promulgué ne pouvait courir sur toute l’année au risque d’inconstitutionnalité, et la police qu’après une première garde à vue, elle était bien obligée de relâcher les jeunes mendiants, rien ne pouvant être retenu contre eux... Très contrariant apparemment pour les commerçants...

[2] Il serait peut-être temps de songer à changer de nom, non ?

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2 Messages de forum

  • C’est fait, l’arrêté « anti-mendicité » a été reconduit pour la sixième année consécutive par le maire d’Angoulême. Et pour bien montrer sa détermination, ce dernier invite les Angoumoisins, « témoins d’agressions verbales ou physiques pour qu’ils déposent plainte et qu’ils m’informent en tant que maire d’Angoulême de la suite de leurs démarches ».

    Le maire veut afficher un visage de fermeté et adresser un message rassurant, notamment aux commerçants du centre-ville qui l’ont interpellé récemment lors de l’assemblée générale de Cap 2000. Certains d’entre eux avaient même demandé une application permanente de cet arrêté. Ce que la loi ne permet pas.

    Ce texte précise que dans le centre-ville (1) entre le 1er avril et jusqu’au 31 octobre prochain, « sont interdites toutes occupations abusives et prolongées des rues..., accompagnées ou non de sollicitations ou quêtes à l’égard des passants, lorsqu’elles sont de nature à entraver la circulation des personnes ou de porter atteinte à l’ordre public ». Le texte interdit également « la station assise ou allongée lorsqu’elle constitue une entrave à la circulation des piétons ». Hier, Philippe Mottet a justifié cette reconduction en évoquant « une situation préoccupante et des incidents qui se sont répétés récemment ». Il a notamment fait allusion à une dame renversée par des chiens il y a quelques semaines (lire notre édition du 22 mars) ainsi « qu’une bagarre qui a dégénéré samedi après-midi avec des personnes alcoolisées sur la place Saint-Martial, nécessitant l’intervention des policiers et des pompiers (2) ». D’ailleurs l’arrêté interdit également toute consommation de boissons alcoolisées sur la voie publique (en dehors des terrasses de cafés et restaurant) et prohibe le regroupement de chiens même tenus en laisse.

    Un message dissuasif vers les « routards » et des SDF

    Avec cet arrêté, le maire apporte un cadre juridique aux policiers municipaux et nationaux pour intervenir. Sachant que son application est laissée à l’appréciation des forces de l’ordre. A partir de combien de personnes estime-t-on un regroupement ? Quelle peut-être la nature du trouble à l’ordre public... Déjà depuis le premier avril, plusieurs personnes ont été verbalisées sur la base de cet arrêté.

    Enfin, avec ce texte, le maire adresse un message à cette population de SDF ou de routards pour les dissuader de transiter par Angoulême. Le bouche-à-oreille fonctionnant bien, les personnes concernées savent généralement où elles sont le moins bien accueillies. « Et l’on constate que le phénomène se dégonfle dès que l’arrêté est publié » remarque le maire. Et deux précautions valant mieux qu’une, chaque semaine, les deux directeurs de la police nationale et municipale devront faire un point ensemble sur ce dossier.

    1) Le périmètre concerné comprend place St-Pierre, rempart Desaix, boulevard Jean-et-Jérôme-Tharaud, rue de Bélat, boulevard Emile-Roux, rempart de l’Est, boulevard Churchill, boulevard Bury, rue de la Tourgarnier, place de la Bussatte, rue des Boissières, rue St-Roch, rue E-Escalier, avenue Gambetta, rue de la Corderie, rue Léonard-Jarraud, avenue de Cognac, place Dunois, route de Bordeaux, avenue Wilson, ainsi que la place V-Hugo, le Jardin vert, le parc de Frégeneul, le parc du Petit-Fresquet. (2) Les faits se sont déroulés en fin d’après-midi. Les pompiers ont été appelés pour soigner une personne sur place et la police nationale a procédé à quelques contrôles d’identité

    Voir en ligne : Le maire remet l’arrêté anti-mendicité en vigueur pour six mois

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  • La vidéosurveillance pour cadrer la petite délinquance

    Une enveloppe de 200.000 €. C’est la ligne budgétaire que Soyaux a décidé d’attribuer pour la mise en place d’un système de vidéo surveillance sur certains équipements municipaux. Cette commune, de 10.000 habitants, dont la moitié vit dans le seul quartier du Champ-de-Manœuvre, va, dans un premier temps, lancer une étude pour savoir sous quelles conditions elle pourra installer ce système.

    Mais 200.000 €, c’est largement suffisant pour investir dans de l’équipement. Premiers bâtiments visés : le gymnase municipal du lycée Jean-Albert-Grégoire, le foyer du centre social, saccagé à plusieurs reprises et qui doit rouvrir dans les prochaines semaines. L’espace Matisse est également concerné, et sans doute certains bâtiments scolaires.

    Tous ces équipements ont déjà été l’objet d’effractions, de tentatives d’intrusions voire de dégradations ou d’agressions. « Au gymnase Grégoire, il n’y avait pas un week-end sans que nous constations des intrusions et des dégradations. Nous avons installé des alarmes, sans succès, des vigiles, j’y suis allé moi-même », détaille François Nebout, le maire, passablement agacé par la situation. Un local du Rased (soutien scolaire) a brûlé en octobre dernier. D’autres incidents plus ou moins graves ont été constatés dans d’autres écoles.

    A l’automne dernier, François Nebout avait mobilisé tous les acteurs concernés par les problèmes de délinquance, y compris les services de la police.

    « Dérive sécuritaire »

    Mais entre les deux institutions, on ne parle pas toujours le même langage. Les uns - les policiers - ont besoin de plaintes et de témoins pour enquêter. La ville, elle, enregistre les récriminations, constate les dégradations et doit réparer ou nettoyer avec les conséquences financières que cela implique. « Nous avons tout essayé, il y a eu les politiques de prévention, l’intervention de travailleurs sociaux avec des résultats limités. Là, c’est une autre piste que nous souhaitons explorer », indique le maire.

    Il est conscient des réticences qu’une telle initiative peut susciter. Au sein du conseil, elle n’a pas tardé. Bernard Rivalleau (PS), redoute « la dérive sécuritaire et l’atteinte à la vie privée ». Surtout, il estime que « l’on se contente de déplacer le problème » et, qu’à la veille d’élections municipales, « c’est assez démagogique ». En revanche, cet opposant, par ailleurs receveur du bureau de poste de Montbron, est à ce titre habitué à la vidéosurveillance, peut admettre cet équipement à l’intérieur de certains locaux, comme le foyer du centre social, « quand il s’agit de protéger le personnel ».

    Si à l’Association des maires de Charente, Marie-France Michaud, sa présidente, reconnaît que ce n’est pas une préoccupation, à la mairie d’Angoulême, on réfléchit au problème, notamment pour le musée des Beaux-Arts, en cours de complète rénovation, ou dans certains quartiers comme celui de Ma Campagne, qui subit des dégradations régulières. Mais cela ne reste qu’une hypothèse. Les parkings souterrains d’Angoulême sont déjà sous surveillance vidéo, de même qu’un équipement comme Nautilis.

    A Soyaux, il s’agit de franchir un pas supplémentaire, avec des caméras extérieures. Comme dans la commune de Ludon, 3.000 habitants, à une quinzaine de kilomètres de la banlieue bordelaise. Elle s’y est attelée en 2002. « J’ai été le premier à le faire, raconte Joseph Forter, son maire. A l’époque, les plans Vigipirate avaient été réactivés sur Bordeaux et une certaine délinquance s’est déplacée chez nous. Nous avons huit caméras au centre-ville où sont concentrés beaucoup d’équipements communaux qui étaient régulièrement visités ou dégradés. Depuis l’installation de ces caméras, il n’y a pratiquement plus de problème. »

    Il a fait école puisque la communauté de communes à laquelle il appartient a décidé de placer sous vidéosurveillance ses propres équipements, notamment les déchetteries, et vient de créer la première police communautaire.

    L’effet dissuasif

    A Soyaux, ce ne sont pas les bandes des grandes villes que l’on redoute, ce sont plutôt les actes d’incivilités. François Nebout veut croire dans l’effet dissuasif d’un tel système. Dans le camp sécuritaire, Héloïse Pruche, directrice départementale adjointe de la sécurité publique, reconnaît bien volontiers que ses services sont « très favorables à l’utilisation de vidéosurveillance, par leur effet dissuasif et parce qu’elles peuvent aider les enquêtes ».

    Gilles Ayrault, directeur de l’association de prévention spécialisée est évidemment beaucoup plus réservé. « Je ne peux pas m’exprimer sur ce que veut faire Soyaux, mais je me méfie de la société Big Brother vers laquelle on nous entraîne. J’y vois un effet de mode. »

    Même chose chez Philippe Vinot, secrétaire départemental du syndicat des enseignants SE-Unsa. Certes, « il condamne les dégradations d’établissements scolaires qui pénalisent les élèves d’une part et les contribuables ». Il préférerait largement une politique de prévention plus soutenue. L’un et l’autre s’interrogent sur l’efficacité, à long terme.

    Voir en ligne : La vidéosurveillance pour cadrer la petite délinquance

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