samedi 7 avril 2007
Les accusations d’Azouz Begag dans son livre à paraître ne font que confirmer ce que beaucoup d’habitués des cabinets ministériels savent déjà à propos des "coups de sang" de Nicolas Sarkozy [1].
On n’est donc guère surpris des propos rapportés par Azouz Begag : "Tu es un connard ! Un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! Tu te fous de mon nom… Azouz Sarkozy ! Je vais te montrer, moi, Azouz Sarkozy… Tu te fous de mon physique aussi, je vais te casser ta gueule, salaud ! Connard !".
Or, Nicolas Sarkozy a (dé)menti hier [2] avoir tenu de tels propos : "Ce qu’il dit est un mensonge éhonté, ce ne sont pas mes méthodes (...) Je n’ai jamais dit cela à Azouz Begag pour une raison simple c’est que je crois que je ne l’ai jamais rencontré".
Voilà un argument de défense bien boîteux : car non seulement il paraît évident à tous que Nicolas Sarkozy a forcément rencontré son collègue ministre, au moins lors des conseils des ministres qui, faut-il le rappeler, se tiennent tous les mercredis. Mais même si ce mensonge était vrai, il se trouve, justement qu’Azouz Begag a précisé que ces propos avaient été exprimés par téléphone...
"Franchement il se donne beaucoup de mal pour se rendre intéressant, (...) il faut banaliser tout ça, ça n’a pas d’importance", a ajouté Nicolas Sarkozy.
Le candidat à la présidentielle demande donc aux Français de banaliser le fait qu’il n’est pas maître de ses nerfs, de banaliser son tempérament autoritaire, totalitaire, violent et agressif. Rien de moins, ça se passe comme ça.
[1] Depuis 2002, la presse regorge de ce type de témoignages (policiers, magistrats, haut fonctionnaires...) faisant état des pétages de plombs, furibards et incontrôlés, de Nicolas Sarkozy lorsqu’il est contrarié (par les chiraquiens, ou par le manque de résultats de ses propres services tout simplement...). A cet égard, il suffit de relire les collections du Canard Enchaîné, de Marianne mais aussi du Figaro (si, si !) et du Monde pour en retrouver traces. Quelques exemples ont d’ailleurs été mis en ligne ici.
[2] I-Télévision, 06/04/2007.