mercredi 5 avril 2006
Le patriotisme économique continue en Amérique latine... au grand dépit de multinationales françaises prédatrices. Après l’éviction de Suez en Argentine , c’est au tour de Total de se voir saisir un champ pétrolifère par le Venezuela.
Le gouvernement vénézuélien a en effet pris possession samedi 1er avril de deux champs pétrolifères : celui de Jusepin (33.000 barils/jour, tenu par le Français Total) et celui de Dacion (50.000 barils/jour, tenu par l’Italien Eni) [1]. Ces reprises en main font suite au refus des deux sociétés européennes de se conformer à une loi de 2001 sur l’exploitation pétrolière par les compagnies étrangères, compagnies pour lesquelles nouveau statut a été adopté vendredi. La loi impose aux compagnies étrangères la mue de leurs anciennes autorisations d’exploitation en obligation de créer des sociétés mixtes avec le pétrolier public vénézuélien PDVSA (qui doit détenir au minimum 60% des entités ainsi constituées pour exploiter le sous-sol).
Outre le statut, la fiscalité de l’exploitation a également été révisée par la loi : les sociétés mixtes intégrant des compagnies étrangères sont désormais tenues de payer 30% de royalties sur les hydrocarbures, et 50% d’impôts sur les bénéfices (contre respectivement 1% et 36% auparavant).
La "gauche" est démocratiquement passée presque partout en Amérique latine. Le pillage éhonté des ressources de ces pays du Sud par les grandes firmes du Nord n’est plus aussi aisé [2]. Ca se passe comme ça.
[1] Source : La Tribune, 04/04/2006.
[2] On comprend mieux pourquoi les Etats-Unis d’Amérique ont essayé de liquider le président Chavez...