lundi 16 janvier 2006
Le Sarkoshow est entré en pleine opération de lissage médiatique, rendu nécessaire du fait du surgissement en plein jour de la personnalité fasciste du ministre-chef de la majorité-candidat à la présidentielle à l’occasion de l’épisode des violences urbaines . En plus, la France commence à s’imaginer d’autres présidents que Nicolas Sarkozy, du type "président-e" ou "vieux beau sur le retour", et ça, ça contrarie beaucoup le petit Nicolas... qui doit agir.
Et voilà donc qu’il annonce hier sur Europe 1 qu’il n’est qu’un candidat "possible" parmi tant d’autres ! [1] Comble : "Il faut en finir avec cette image totalement réductrice d’un chef de parti dont le but serait de tuer absolument toute autre concurrence" déclare celui qui depuis des mois et des mois pense à bien des choses, "et pas qu’en [s]e rasant", et s’arrange pour que toute la France le sache...
On croit rêver. Ca se passe comme ça.
C’est comme à l’occasion du retour de Cécilia Sarkozy au domicile conjugal : un Nicolas Sarkozy promettant lors de sa voeux à la presse (le 12/01), qu’il ne parlerait plus jamais de son couple dans les medias juste après que son homme-lige Patrick Balkany l’étale en pleines pages du Parisien/Aujourd’hui en France quelques heures plus tôt (le 11/01) ! En matière de communication, Nicolas Sarkozy veut le beurre, l’argent du beurre et les fesses de la crémière !
Que Nicolas arrête d’intimider la presse, l’édition, les écrivains, les journalistes, les enquêteurs... Qu’il arrête ses procès en sorcellerie dès qu’on le contrarie... Et qu’il arrête ses magouilles à la limite du licite pour faire tout cela ! [2] Et peut être alors l’opinion lui pardonnera-t-il, mais ce n’est vraiment pas sûr, de n’apparaître que comme la petite caricature "réductrice" qu’il a lui même forgé. Et qu’il est sans même s’en rendre compte...
[1] Nicolas Sarkozy a déjà fait le coup par le passé. Dans un double-langage parfaitement assumé, il avait déjà sorti pareille feinte-Carambar, cf. note n°4 de "Sarkozy : notre "W" à nous... ".
[2] Nous ajoutons cette phrase juste avant publication de la présente brève en découvrant just in time l’excellent papier de notre chère consoeur et amie Patricia, qui démonte comment Balkany a "foiré" sur ce coup là, juste avant les voeux : "Député (UMP) de ce département, Balkany croyait rendre un fier service à son ami Sarkozy, et s’en est même vanté à la soirée des voeux : « Quand sa femme Isabelle et d’autres proches de Nicolas ont réalisé qu’il avait trop parlé, ils ont tiqué et le lui ont reproché : "Mais qu’est-ce qui t’a pris ?" » rapporte un participant. Le couple Balkany envoie alors son homme à tout faire au Parisien pour mettre la main sur l’entretien avant son impression. Il se présente comme « représentant du ministère de l’Intérieur », montre une carte tricolore, demande une copie de l’article. Refus. Il attend donc que le journal sorte de l’imprimerie, embarque un numéro et l’apporte à son patron au conseil général vers 1 heure" écrit-elle . Merci à toi Patricia, de nous montrer qu’il y a encore du monde de vivant à Libération, malgré tout se qui s’y passe...