vendredi 16 juin 2006
Au Royaume-Uni, les chantres de la libéralisation/délocalisation à tous crins ont pris beaucoup d’avance par rapport à la France (pouvant appliquer leur démantèlement systématique des services publics dès les années 1980 sous Thatcher), les deux pays se situant à peu près à chaque extrêmité idéologique sur l’échelle de l’Etat-providence.
En conséquence, il est logique que le Royaume-Uni puisse tirer les leçons de l’ultra-libéralisme appliqué bien avant la France [1], afin de prendre -quelques pannes et accidents retentissants plus tard- les mesures qui s’imposent...
Ainsi, après l’idée de renationalisation du rail , voilà que les Britanniques commencent les relocalisations d’activités tertiaires, à l’instar de Powergen, le distributeur de gaz et d’électricité (propriété de l’Allemand E.ON), qui a annoncé hier qu’il allait rapatrier ses centres d’appel [2], délocalisés vers l’Inde il y a 5 ans.
Pourquoi donc ? Oh, trois fois rien : les opérateurs du service après-vente ne comprenaient rien à ce que disaient les clients (et vice-versa), ce dont ces derniers n’arrêtaient pas de se plaindre. En outre, Powergen a estimé qu’il était plus aisé de former et de manager ses télé-opérateurs sur le sol domestique...
Accessoirement, la relocalisation permettra de créer un millier d’emplois au Royaume-Uni. C’est Blair qui va être content. Ca se passe comme ça.
[1] Laquelle en est encore à tergiverser sur la meilleure méthode pour privatiser EDF et GDF, vous parlez d’un archaïsme !
[2] Source : Le Figaro, 16/06/2006.