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La police abat un kamikaze présumé !

vendredi 22 juillet 2005

Tout à l’heure (22/07/2005, 14h15) sur France-Info, voilà que la présentatrice du journal nous apprend que "la police britannique a tué de cinq balles un kamikaze présumé".

Cette phrase [1] est inimitable ! Vraiment très fort ces manipulateurs d’opinion, qui ne réalisent pas l’aberration de leurs propos !

En effet, si on prend une seconde pour se remémorer ce que le mot kamikaze veut dire , on sait que "par extension, on appelle aujourd’hui kamikaze une personne qui sacrifie sa vie volontairement dans un attentat-suicide". Dès lors, il paraît impossible qu’un kamikaze se fasse tuer par la police, tout comme il paraît très difficile de n’être un kamikaze que présumé ! [2]

Ironie de l’histoire

On lit à la Une du Figaro d’aujourd’hui que le gouvernement étudie le projet de rendre obligatoire la maîtrise du français pour obtenir la carte de séjour... On pourrait se demander dans quelle mesure on ne pourrait pas également réfléchir à rendre obligatoire la maîtrise du français pour obtenir la carte de presse !

Notes

[1] En réalité, après consultation du site web de France-Info, l’expression est diffusée par l’AFP, qui la reprend elle-même de Sky News, la fameuse chaîne d’info en continu de BSkyB... La dépêche AFP débutant ainsi : "LONDRES (AFP) - 22 Juillet 2005 14h07 // La police tue un "kamikaze présumé" dans le métro de Londres // La police britannique lancée dans une chasse à l’homme pour retrouver les auteurs des attentats ratés de jeudi à Londres a tué vendredi un homme, présenté par la chaîne d’informations en continu Sky News comme un "kamikaze présumé", dans la station de métro de Stockwell, dans le sud de Londres".

[2] Sur ce deuxième point, soit l’homme est mort et c’est un kamikaze, soit il pose sa bombe et survit et ce n’en est pas un. Mais ça se discute, une fois que l’homme a explosé, il peut arriver qu’on ne sache jamais si c’était de façon volontaire ou non... (Il peut avoir été manipulé, par exemple par des commanditaires lui ayant caché que sa bombe sauterait avec lui).

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2 Messages de forum

  • Le permis de tuer soulève des craintes AP 24/07/2005

    Jean-Charles de Menezes était originaire de Gonzaga, à environ 800km au nord-est de Sao Paulo. D’après les autorités locales, il était catholique.

    (AP) Le "shoot to kill" fait des vagues en Grande-Bretagne. La consigne de tirer pour tuer donnée aux forces de sécurité britanniques suscite des inquiétudes dans ce pays partagé entre lutte antiterroriste et respect d’un habeas corpus tricentenaire.

    Cette loi, votée en 1679 par le Parlement anglais pour empêcher les détentions arbitraires, a été l’une des premières en Occident à assurer le respect des libertés individuelles. Elle protège l’individu de l’arbitraire des puissants et lui garantit la liberté et l’intégrité de sa personne La Commission indépendante des plaintes sur la police, organe de contrôle des forces de sécurité, a promis d’enquêter sur la mort d’un Brésilien, abattu vendredi à la station de métro Stockwell.

    Mais avec retenue. Elle a indiqué qu’elle n’entraverait pas les investigations sur les attentats à la bombe des 7 et 21 juillet à Londres.

    "Il est absolument vital que le plus grand soin soit pris pour garantir que des innocents ne soient pas tués par excès de zèle", a déclaré Sir Iqbal Sacranie, secrétaire général du Conseil musulman de Grande-Bretagne.

    Shami Chakrabarti, directeur de Liberty, une organisation de défense des droits civils, estime que l’enquête de l’inspection des services de police est cruciale pour rassurer l’opinion public. "Il est incroyablement important que la société reste unie en cette période si tendue. Il est très important que les jeunes hommes asiatiques n’aient pas l’impression qu’il y a ici une culture de la gâchette facile".

    Dans un premier temps, des témoins avaient rapporté que l’homme abattu avait l’air indo-pakistanais.

    Il s’agit en fait d’un ressortissant brésilien, Jean-Charles de Menezes, un électricien âgé de 27 ans qui travaillait depuis trois à Londres. "C’était un type bien à 100% qui n’avait rien fait de mal", a déclaré son cousin Alex Pereira.

    Menezes a attiré l’attention de la police vendredi parce qu’il venait de quitter un immeuble placé sous surveillance après les tentatives d’attentats de jeudi. Il a été suivi jusqu’à la station de métro où sa tenue vestimentaire et son comportement ont ajouté aux soupçons qui pesaient sur lui, d’après la police.

    Des témoins ont rapporté que Menezes portait un épais manteau, que des policiers en civil l’ont suivi jusque dans la rame du métro, l’ont poussé au sol et ont tiré cinq balles dans la tête et au torse.

    La police a ensuite reconnu que Jean-Charles de Menezes n’avait aucun lien avec les tentatives d’attentat. "C’est une tragédie", a déclaré Sir Ian Blair, le chef de la police de Londres, en exprimant ses "profonds regrets".

    Il a cependant défendu la nouvelle stratégie de "shoot and kill", seule capable à ses yeux de neutraliser des kamikazes et de sauver des vies. "J’ai conscience que des minorités parlent de la politique du tirer pour tuer ; mais c’est une politique (...) qui vise à protéger", a-t-il assuré.

    Jugeant l’affaire "profondément regrettable", le chef de la diplomatie britannique Jack Straw a noté sur Radio 4 : "Nous devons nous assurer que des règles claires soient respectées, mais nous devons aussi (...) nous assurer que la police doit avoir toute discrétion pour gérer ce qui pourrait être un attentat-suicide. C’est le dilemme".

    M. Straw s’est entretenu au téléphone avec son homologue brésilien Celso Amorim, de passage à Londres, et lui a assuré qu’une enquête serait ouverte. M. Amorim, qui devrait être reçu par M. Straw lundi, a confié que son gouvernement était à la fois "choqué et perplexe" après ce drame.

    Jean-Charles de Menezes était originaire de Gonzaga, à environ 800km au nord-est de Sao Paulo. D’après les autorités locales, il était catholique. "Il n’avait rien à voir avec l’islamisme", a déclaré Agostino Ferreira Rosa, un policier de Gonzaga.

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  • (AFP 02.08.07 | 14h41) Scotland Yard a été épinglé jeudi par la commission indépendante de la police pour sa gestion de la bavure dans laquelle le Brésilien Jean Charles de Menezes a été tué dans une station de métro après les attentats de Londres en 2005.

    La commission indépendante de la police (IPCC) a décelé "des manquements graves" dans la gestion des informations clefs communiquées sur cette bavure survenue dans la station de métro de Stockwell le 22 juillet 2005.

    Le rapport de l’IPCC pointe notamment la responsabilité d’un haut responsable de la police qui a induit en erreur le public et son supérieur sur l’identité et la responsabilité de la victime dans ce drame.

    Cette enquête ne portait pas sur les circonstances de la mort de l’électricien brésilien de 27 ans mais a été ouverte à la suite d’une plainte de la famille sur l’attitude des médias après sa mort, qui ont mis du temps à établir son innocence.

    La commission accuse Andy Hayman, chef du contre-terrorisme et des renseignements, "d’avoir trompé le public", induisant la presse en erreur.

    "Il a été le principal responsable de la rédaction d’un communiqué publié à 18H44 indiquant qu’il n’était pas clair si le défunt était l’un des quatre kamikazes recherchés depuis la veille", indique le rapport.

    Jean Charles de Menezes a été tué de sept balles le 22 juillet 2005 après que des policiers l’eurent pris pour un kamikaze.

    Ce drame a eu lieu au lendemain d’une vague d’attentats manqués et deux semaines après les quatre explosions provoquées par des kamikazes dans les transports publics de la capitale britannique, qui ont fait 56 morts et 700 blessés.

    La police l’avait confondu avec un terroriste qu’elle surveillait et Menezes a trouvé la mort alors que la police tentait de l’arrêter.

    Mais les policiers n’ont donné au Brésilien aucune instruction "qu’un homme innocent aurait pu comprendre", a révélé l’enquête.

    La police avait fait état après la bavure d’un comportement suspect de Jean Charles de Menezes et de son habillement qui pouvait porter à confusion.

    Sa famille estime que la police britannique a dissimulé une bavure et a demandé à plusieurs reprises la démission de Ian Blair, le chef de Scotland Yard.

    Ian Blair a été blanchi en 2006 par une première enquête de cette commission qui a confirmé à nouveau jeudi qu’il n’était pas mis en cause, ayant reçu lui aussi des informations incorrectes.

    Sur le fond de l’affaire, la famille a perdu un appel en décembre contre la décision du parquet britannique, de ne poursuivre individuellement aucun des 15 policiers impliqués dans la mort de l’électricien.

    La famille a demandé en dernier recours aux Lords, qui font office de Cour suprême, de se saisir du dossier.

    Scotland Yard est poursuivi en revanche pour violation des règles de santé et de sécurité pour n’avoir pas réussi à assurer la protection de Menezes.

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    LONDRES (Reuters 02.08.07 | 17h49) - Une commission chargée de traiter les plaintes visant la police britannique a estimé qu’un haut responsable des services antiterroristes avait trompé ses collègues et l’opinion lors du décès d’un Brésilien innocent tué par des policiers qui l’avaient pris pour un kamikaze.

    Le chef de la police londonienne, Ian Blair, a en revanche été disculpé des accusations de mensonge formulées contre lui. L’Independent Police Complaints Commission (IPCC) a noté que de hauts responsables de la police ne lui avaient pas dit, le jour des faits, qu’un innocent avait été tué.

    Jean Charles De Menezes, 27 ans, a été tué de sept balles dans la tête par des policiers alors qu’il s’apprêtait à monter dans une rame du métro à Londres le 22 juillet 2005.

    Des agents de la police londonienne l’avaient pris pour Hussein Osman, l’un des quatre hommes jugés coupables le mois dernier d’avoir essayé de déclencher des bombes dans les transports de Londres la veille du décès de Menezes, et deux semaines jour pour jour après une première vague d’attentats qui avait fait 52 morts dans la capitale britannique.

    L’IPCC a ouvert une enquête sur le comportement des policiers, des proches du Brésilien ayant accusé Ian Blair d’avoir donné des informations erronées concernant les circonstances de sa mort.

    Dans son rapport elle conclut que le commissaire adjoint de la police de Londres, Andy Hayman, le policier le plus haut placé dans la lutte antiterroriste en Grande-Bretagne, a induit en erreur ses collègues l’après-midi du décès du Brésilien en ne leur disant pas que ce dernier était innocent, ce qui a abouti à la communication de fausses informations à la presse et à l’opinion.

    La commission exprime sa "profonde préoccupation" quant au comportement de Hayman et demande à l’autorité supervisant la police de Londres de "réfléchir aux mesures qu’elle compte prendre" à son sujet.

    Dans un communiqué, la police de Londres a présenté ses excuses pour les erreurs commises dans la "communication interne et externe" lors de la quête des auteurs des tentatives d’attentats tout en disant avoir "modifié considérablement" la manière dont elle gère la diffusion des informations en cas de crise.

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