(AFP 02.08.07 | 14h41) Scotland Yard a été épinglé jeudi par la commission indépendante de la police pour sa gestion de la bavure dans laquelle le Brésilien Jean Charles de Menezes a été tué dans une station de métro après les attentats de Londres en 2005.
La commission indépendante de la police (IPCC) a décelé "des manquements graves" dans la gestion des informations clefs communiquées sur cette bavure survenue dans la station de métro de Stockwell le 22 juillet 2005.
Le rapport de l’IPCC pointe notamment la responsabilité d’un haut responsable de la police qui a induit en erreur le public et son supérieur sur l’identité et la responsabilité de la victime dans ce drame.
Cette enquête ne portait pas sur les circonstances de la mort de l’électricien brésilien de 27 ans mais a été ouverte à la suite d’une plainte de la famille sur l’attitude des médias après sa mort, qui ont mis du temps à établir son innocence.
La commission accuse Andy Hayman, chef du contre-terrorisme et des renseignements, "d’avoir trompé le public", induisant la presse en erreur.
"Il a été le principal responsable de la rédaction d’un communiqué publié à 18H44 indiquant qu’il n’était pas clair si le défunt était l’un des quatre kamikazes recherchés depuis la veille", indique le rapport.
Jean Charles de Menezes a été tué de sept balles le 22 juillet 2005 après que des policiers l’eurent pris pour un kamikaze.
Ce drame a eu lieu au lendemain d’une vague d’attentats manqués et deux semaines après les quatre explosions provoquées par des kamikazes dans les transports publics de la capitale britannique, qui ont fait 56 morts et 700 blessés.
La police l’avait confondu avec un terroriste qu’elle surveillait et Menezes a trouvé la mort alors que la police tentait de l’arrêter.
Mais les policiers n’ont donné au Brésilien aucune instruction "qu’un homme innocent aurait pu comprendre", a révélé l’enquête.
La police avait fait état après la bavure d’un comportement suspect de Jean Charles de Menezes et de son habillement qui pouvait porter à confusion.
Sa famille estime que la police britannique a dissimulé une bavure et a demandé à plusieurs reprises la démission de Ian Blair, le chef de Scotland Yard.
Ian Blair a été blanchi en 2006 par une première enquête de cette commission qui a confirmé à nouveau jeudi qu’il n’était pas mis en cause, ayant reçu lui aussi des informations incorrectes.
Sur le fond de l’affaire, la famille a perdu un appel en décembre contre la décision du parquet britannique, de ne poursuivre individuellement aucun des 15 policiers impliqués dans la mort de l’électricien.
La famille a demandé en dernier recours aux Lords, qui font office de Cour suprême, de se saisir du dossier.
Scotland Yard est poursuivi en revanche pour violation des règles de santé et de sécurité pour n’avoir pas réussi à assurer la protection de Menezes.
****************************
****************************
LONDRES (Reuters 02.08.07 | 17h49) - Une commission chargée de traiter les plaintes visant la police britannique a estimé qu’un haut responsable des services antiterroristes avait trompé ses collègues et l’opinion lors du décès d’un Brésilien innocent tué par des policiers qui l’avaient pris pour un kamikaze.
Le chef de la police londonienne, Ian Blair, a en revanche été disculpé des accusations de mensonge formulées contre lui. L’Independent Police Complaints Commission (IPCC) a noté que de hauts responsables de la police ne lui avaient pas dit, le jour des faits, qu’un innocent avait été tué.
Jean Charles De Menezes, 27 ans, a été tué de sept balles dans la tête par des policiers alors qu’il s’apprêtait à monter dans une rame du métro à Londres le 22 juillet 2005.
Des agents de la police londonienne l’avaient pris pour Hussein Osman, l’un des quatre hommes jugés coupables le mois dernier d’avoir essayé de déclencher des bombes dans les transports de Londres la veille du décès de Menezes, et deux semaines jour pour jour après une première vague d’attentats qui avait fait 52 morts dans la capitale britannique.
L’IPCC a ouvert une enquête sur le comportement des policiers, des proches du Brésilien ayant accusé Ian Blair d’avoir donné des informations erronées concernant les circonstances de sa mort.
Dans son rapport elle conclut que le commissaire adjoint de la police de Londres, Andy Hayman, le policier le plus haut placé dans la lutte antiterroriste en Grande-Bretagne, a induit en erreur ses collègues l’après-midi du décès du Brésilien en ne leur disant pas que ce dernier était innocent, ce qui a abouti à la communication de fausses informations à la presse et à l’opinion.
La commission exprime sa "profonde préoccupation" quant au comportement de Hayman et demande à l’autorité supervisant la police de Londres de "réfléchir aux mesures qu’elle compte prendre" à son sujet.
Dans un communiqué, la police de Londres a présenté ses excuses pour les erreurs commises dans la "communication interne et externe" lors de la quête des auteurs des tentatives d’attentats tout en disant avoir "modifié considérablement" la manière dont elle gère la diffusion des informations en cas de crise.
Répondre à ce message