vendredi 21 avril 2006
Toujours autant schizophrène le Medef, déroulant encore la même logique autiste qui se mord la queue...
Actuellement en négociation avec les syndicats, le Medef planche sur les contreparties qu’on pourrait éventuellement songer à accorder aux travailleurs effectuant des travaux pénibles [1].
Autant le dire de suite, le Medef n’est pas très emballé [2]. Après avoir constaté qu’aucun dispositif n’existait jusqu’ici sur cette question, il en conclut qu’il faudrait en créer un. Il sait qu’un départ anticipé en retraite pourrait être techniquement une solution [3].
Mais par dessus tout, il craint que "la prise en charge des départs anticipés de salariés ayant occupé des emplois pénibles implique la mise en place d’un système de financement qui pèserait sur les entreprises". [4]
Il préconise malgré tout un "dispositif dédié", mais qui devra impérativement fonctionner avec un "financement public".
Et, tentant vainement de ne pas sombrer dans la double personnalité la plus sauvage en réclamant plus de dépense publique, il s’empresse de préciser que la mise en place d’un tel financement nécessiterait, évidemment, "des économies dans d’autres domaines". [5]
Si on résume, ça se passe comme ça :
1./ Les entreprises tuent des salariés à la tâche.
2./ On les force a réfléchir à une contrepartie.
3./ Elles ne veulent surtout rien avoir à payer.
4./ C’est donc l’Etat qui doit le faire, *mais* en prenant l’argent sur un autre programme. [6].
[1] Travailleurs généreux avec le système, qui risquent de consommer peu de retraites, vu qu’on les aura tués à la tâche...
[2] D’ailleurs il ne négocie sur ce sujet que parce que le gouvernement l’a menacé d’une loi si les partenaires sociaux ne faisaient rien.
[3] Même s’il n’aime pas trop l’idée puisque la tendance actuelle viserait plutôt à faire travailler les gens plus longtemps...
[4] Citation et suivantes in La Tribune, 20/04/2006.
[5] Ici, l’histoire ne dit pas si les négociateurs du Medef pensent aux intermittents du spectacle...
[6] Si cspcc.com était taquin, il suggérerait d’amputer les crédits affectés à la médecine du Travail (cercle vertueux : moins de médecine du Travail = moins de conséquences de la pénibilité diagnostiquées = moins de travailleurs indemnisés = plus d’argent pour la médecine du Travail)... Mais cette dernière ayant déjà été passée au Kärcher en 2004 , il n’y a, hélas, pas de quoi rire.