mercredi 2 novembre 2005
La violence qui a explosé à Clichy-sous-Bois se répand en Seine-Saint-Denis et dans la petite couronne parisienne. Le Sarkoshow vient de passer au niveau supérieur, celui dont l’épisode commence par des victimes collatérales d’une répression tous azimuts, se poursuit par des passages express de Sarkoman sur la scène, et se termine par des pelletées de blessures, des wagons de voitures brulées et autres atteintes aux biens, et des tombereaux d’interpellations.
L’opération médiatique "La droite en 2007", menée de main de maître par le tandem Sarko-Villepin et qui vise à faire croire que le seul choix possible, en 2007, sera de départager les deux hommes, se paie aujourd’hui au prix du sang et des voitures en flammes. Il montre surtout la funeste capacité de nuire de Nicolas Sarkozy qui, depuis son dérapage contrôlé sur le "nettoyage au Karcher®", se met régulièrement au même niveau que les racailles de banlieue (surenchère sur le sujet, raisonnements manichéens, provocations, gonflage de biceps).
Résultat : l’ambiance se dégrade. Comme le raconte la presse Dassault , les assaults sont imminents. Les délinquants de banlieue qui jusqu’ici se mettaient sur la tronche dès qu’ils n’étaient pas de la même cité parlent aujourd’hui de s’unir contre l’Etat français. Le discours devient militaire. La grenade lacrymogène, lancée par les forces de l’ordre dimanche soir dans une mosquée, alimente une surenchère communautaire chez des jeunes pourtant bien Français. « Ke dieu bénisse la france pck la guerre va commencer » relève sur un blog "Le Figaro" à l’abri à Paris.
Un vrai problème pour tous les habitants de banlieues qui, quoi qu’en disent Sarkozy, TF1 et Le Figaro, n’hébergent pas que des jeunes délinquants désoeuvrés. Le ministre de l’Intérieur, qui lui ne reste sur place que le temps de traverser une dalle, s’en contrefout puisqu’il accomplit là encore son passe-temps favori : mettre son mandat ministériel au service de sa carrière personnelle (en entretenant les troubles civils à dessein pour "construire" son image). Ca paraît extrêmement grave mais pourtant le caïd de la place Beauvau devrait rester ministre !
Comme on l’a déjà écrit ici , le petit Machiavel-Nicolas n’arrive plus à contenir le Sarko-Imperator qu’il rêve de devenir. Tant pis pour les conséquences. Tant pis si le pays reste divisé en deux. La guerre civile, voilà le projet sarkozien pour la France. Les électeurs de 2007 sont prévenus. Ca se passe comme ça.