Ca se passe comme ça

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La délation anonyme et payée, y’a pas plus fiable

mercredi 5 décembre 2007

En République sarkozyste, la police a trouvé mieux que les enquêtes de terrain, mieux que le renseignement humain réalisé dans les règles de l’art (indics, infiltrations, filatures, planques...) : les tracts appellant à dénoncer son voisin, de préférence de façon anonyme et rémunérée comme nous l’apprend Reuters.

La police invite les habitants de Villiers-de-Bel à témoigner pour faire la lumière sur les incidents du mois dernier dans le Val-d’Oise où des policiers ont été la cible de tirs.

Plusieurs milliers de tracts ont été distribués dans plusieurs quartiers de la ville de la banlieue nord de Paris, théâtre de plusieurs nuits de violences après le décès, dimanche 25 novembre, de deux jeunes gens dans la collision de leur moto avec une voiture de police.

Les tracts appellent d’éventuels témoins de "coups de feu tirés contre des policiers" à témoigner anonymement et contre une rémunération pouvant atteindre "plusieurs milliers d’euros".

De quoi garantir à coup sûr la fiabilité des informations ainsi recueillies... La Justice républicaine recette Sarkozy se repaît ainsi des règlements de comptes et des vieilles rancoeurs cuisinées depuis des lustres, qui vont enfin pouvoir s’exprimer. A casepassecommeca.com, on n’était à l’époque pas forcément d’accord avec l’analyse de nos amis d’Aporismes.com, qui selon nous extrapolaient un peu trop à partir de la création de la procédure de plainte dématérialisée.

On mange notre chapeau. Ils avaient entièrement raison. Ca se passe comme ça.

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1 Message

  • Pour Laurent Mucchielli, sociologue, il y a là une vraie nouveauté :

    "Ce procédé, qui était par définition officieux et inmesurable jusque-là, est devenu une procédure officielle. Y compris pour des émeutes, alors que, traditionellement, on rémunérait les indics plutôt pour un travail sur le crime organisé."

    En choisissant cette méthode, la police enterrine en fait, du point de vue du sociologue, une dégradation du travail de terrain :

    "Faute de police de proximité, on ne peut plus faire d’enquête de voisinage. Quand un événement comme ces émeutes éclate, on ne sait plus où chercher. A force de délégitimer la police de proximité en la limitant à des matches de foot ou de petites interventions, nos gouvernements trahissent un véritable blocage idéologique. Du coup, il ne reste plus que le rapport de force."

    Voir en ligne : Rue 89

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