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La Poste libéralisée, et le courrier qui n’arrive plus

vendredi 11 mars 2005

Alors que le Sénat a finalement adopté en 2e lecture la libéralisation de La Poste hier [1], les villages ruraux de France sont de plus en plus fréquemment confrontés à la dégradation du service public postal... [2]

Ainsi, par exemple, la commune de St-Vallier (Charente) vient de passer une semaine sans distribution de courrier. La Poste était aux abonnés absents du 1er au 6 mars derniers (2005).

Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que le tuyau de mon facteur était bon : les préceptes "ultra" actuellement en vigueur dépouillent le service public non susceptible de rapporter [3] C’est ainsi que la factrice de Saint-Vallier est tombée malade... désorganisant le service.

"C’était déjà arrivé l’an dernier pendant deux ou trois jours mais pas une semaine entière" râle le maire de la commune [4], qui précise que "de sa propre initiative, un collègue maire d’une commune du canton, qui est également préposé, a fait ce qu’il a pu".

Du côté de la direction départementale de La Poste, on nie tout en bloc. L’absence "imprévue" de la factrice aurait été palliée par des "moyens supplémentaires", mais, connaissant peu le terrain, lesdits moyens se seraient perdus dans la cambrousse !

"Mais il n’y avait aucun retard à la fin de la semaine" précise la direction départementale.

Bon à savoir : la Charente compte parmi les départements tests pour innover en matière de nouvelles applications de services publics libéralisés.

Notes

[1] PARIS (AFP) - 10/03/2005 16h45 - Le Sénat a adopté en deuxième lecture jeudi le projet de loi de régulation postale, qui ouvre les services postaux à la concurrence, fixe les règles de la présence de La Poste sur le territoire national, et l’autorise à créer une filiale bancaire.

[2] Les ultra-libéraux qui nous gouvernent n’ont pas encore compris, que toutes les activités de services usant des réseaux n’étaient pas à considérer comme de vulgaires yaourts... et que la libéralisation de tels services, plutôt que de provoquer "baisse des prix et hausse de la qualité, n’engendrait que dysfonctionnements et hausses tarifaires...

[3] Par essence, le service public n’est pas forcément rémunérateur. Mais ceci est sans doute une conception trop "vieille France", "gaucho", "solidaire" et autres... D’ailleurs maintenant il ne faut plus dire "service public" mais "service d’intérêt économique général".

[4] Cité par Charente Libre, n°18695, 11/03/2005.

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