samedi 10 novembre 2007
La Charente est officiellement depuis plusieurs années un des 4 départements pilotes pour expérimenter la réforme du service public postal. Il s’agissait alors d’utiliser ce territoire particulièrement rural pour tenter des "innovations" pour "optimiser" le réseau. Rentabilité, toussa...
Aujourd’hui, La Poste quitte le département, via l’absorption-fusion de la direction départementale charentaise par son homologue de Charente-Maritime (à La Rochelle).
Et le ménage a été fait. L’expérimentation a montré qu’en zone rurale, on pouvait tailler dans les services publics à la hache sans trop craindre de réaction citoyenne : 90 bureaux supprimés sur 122 depuis 1998 !
Et sans compter tous ceux qui sont en sursis. Ca se passe comme ça.
c’était à prévoir, depuis des années, la poste parle rentabilité, mais n’a jamais vraiment voulu ainsi que le gouvernement que l’on statut sur le prix du service public.
soit-disant, les gouvernements successifs devaient en parler avec le conseil de l’europe pour ce qui concerne les aides financières éventuelles pour aider l’entreprise pour rester sur place.
j’ai vu certains bureaux rester uniquement parce qu’il y a quelques entreprises qui envoient du courrier en grande quantité ;
sur d’autres, le responsable du bureau faire plus de 100 kms dans la journée pour effectuer des opérations d’épargnes ;
encore d’autres bureaux où la poste a quitté le village ou la ville alors que des banques absentes jusqu’à présent s’y sont implantés après le départ de la poste, quelle manne pour les banques de voir un tel concurrant et récupérer ainsi l’argent que la poste ne veut plus.
vive la rentabilité à outrance pourvu que les 10 cadres les mieux payés de la poste puissent encore augmenter leur salaire sur le dos des usagers et du personnel dont la poste dit vouloir faire une politique sociale en les prenant pour des imbéciles en disant au mois de décembre :
"dès janvier, nous allons engager des négociations salariales, et quand c’est l’heure d’augmenter les salaires, les dirigeants se permettent de répondre, on augmente le salaire de 0,5% pour les agents de droit privée !! "
"ont-ils besoin de tant de temps pour ne pouvoir augmenter le salaire de son personnel ? ou à moins que le temps nécessaire pour calculer l’augmentation de leur précieux salaire est trop important et dure près de 6 mois ?"
seul les citoyens et du personnel de la poste en se réunissant massivement peuvent empêcher ce sabordage, et permettre la péréquation du service public avec du personnel qu’il soit fonctionnaire ou de droit privée puissent être respecter, tout comme la clientèle.
nos aïeux se sont battus pour nous donner des droits, et maintenant, il faut se battre pour les conserver !!
Bonjour "msa13ade",
Merci pour votre contribution dont je partage les vues.
Par exemple, quand vous écrivez :
Encore d’autres bureaux où La Poste a quitté le village ou la ville alors que des banques absentes jusqu’à présent s’y sont implantées après le départ de La Poste, quelle manne pour les banques de voir un tel concurrent récupérer ainsi l’argent dont La Poste ne veut plus.
Dans la mesure ou votre exemple est très pertinent parce qu’il montre bien que c’est parfois le seul dogme ultra-libéral qui entraîne la suppression du service public (c’est à dire qu’on ferme un service public rentable, ce qui est démontré ici par l’installation après coup du secteur privé), il me fait penser au trafic fret que la SNCF est en train d’assassiner (même dans certains cas où il est rentable).
Il y a quelques semaines la SNCF a annoncé, non sans avoir au préalable engagé une vaste et immanquable campagne de publicité dans la presse écrite (régionale ET nationale) sur le thème "La SNCF aime le fret et y investit massivement", qu’elle arrêtait le service de "wagon isolé". C’est à dire qu’elle ne louera plus que des trains entiers ou, à la limite, des demi-trains. Cette annonce, juste avant le Grenelle de l’Environnement qui a promis (à qui veut bien le croire) qu’on mettrait le paquet sur le ferroviaire, a été une douche froide pour de nombreuses entreprises dans toute la France, qui utilisaient tous les jours des wagons isolés, et qui n’ont d’autre choix désormais d’opter pour le transport par route.
Face à la grogne suscitée par cette ineptie à la fois économique et écologique, que croyez-vous que réponda Dominique Bussereau, notre vaillant secrétaire d’Etat aux Transports (qui, quand il est ministre, a une fâcheuse tendance à user de sa fonction nationale au profit de son fief électoral local en pays royannais, mais ceci est une autre histoire...) aux nombreuses entreprises industrielles qui râlaient ?
En substance :
que la SNCF faisait ce qu’elle voulait, ce qu’elle jugeait bon de faire pour redresser ses comptes (comme si on allait gober que l’Etat ne pouvait influer sur la politique stratégique de la SNCF !).
que le secteur privé n’avait qu’à mettre en place un service de substitution pour remplacer le fret wagon isolé de la SNCF (comme si une entreprise privée partant de rien pouvait, du jour au lendemain, mettre en place un telle force de frappe !).
que si le secteur privé ferroviaire ne proposait rien, que les entreprises utilisatrices pouvaient se fédérer pour organiser elle-même le service (comme si c’était le vocation d’un industriel de la chimie, de l’extraction minière, des carrières ou autres que de faire rouler des trains !).
Voilà le genre de réponse-foutage de gueule d’un ministre responsable de nos jours...
Tout le monde, au-delà des clivages politiques, voit bien aujourd’hui que le programme qui s’applique depuis quelques années consiste en un recul généralisé du service public, même du service public rentable (le peu qui existe). Et le manque de courage politique du gouvernement, qui sabre tout mais n’ose pas assumer ces actes devant les électeurs, est patent. C’est plus que jamais le règne du faux en matière de communication politique.
Je note par ailleurs que vous m’avez l’air informé comme peut l’être un agent de La Poste (je me trompe peut-être). Nous recueillons souvent sur cspcc.com, avec bonheur, des témoignages d’agents publics. Agent EDF ici, agent SNCF là... Et en tant qu’usagers du service public, nous réalisons souvent que la résistance s’organise aussi de l’intérieur. Très courageusement, chaque jour et sans que ces zozos de libéraux qui vous dirigent (cadres et directeurs zélés en quête de promotion, qui savent bien qu’ils seront d’autant mieux récompensés par le pouvoir qu’ils auront dégraissé au lance-flammes) n’en sachent jamais rien, des facteurs, des contrôleurs SNCF, des agents d’EDF (spécial dédicace aux Robin des bois) outrepassent leurs consignes, manoeuvrent habilement et avec ingéniosité pour contrecarrer les conséquences des politiques des zozos. Là pour laisser un colis au voisin (et éviter qu’il ne perde une semaine à le récupérer parce que le bureau de poste n’est plus ouvert que quand il travaille, voire plus ouvert du tout), là pour passer l’éponge sur un oubli de compostage de billet, là pour maintenir un usager sous le régime du relevé confiance (parce que suite au passage du releveur de compteurs le 15/08 quand il était en vacances, il serait censé payer 57 euros pour continuer à profiter du service), etc.
A ceux-là, qui résistent en silence, qui sont les derniers garants du service public, et qui sont hélas de moins en moins nombreux, je profite de votre post pour leur dire MERCI. Un très grand merci.
Je ne sais pas si mon commentaire est pertinent, mais je suis tombée sur cette vidéo récemment : http://www.dailymotion.com/video/x38a1f_les-conducteurs-de-trains-informent
forcement partisane mais assez intéressante
Hello,
Tellement pertinent qu’il en devient cliquable ici, pour les économes du click... http://www.dailymotion.com/video/x38a1f_les-conducteurs-de-trains-informent
Quelques longueurs et "accentuations" idéologiques qui comme d’habitude desservent un peu la crédibilité de la démarché, mais au final le fond du message est très bon, et de plus en plus vrai (si on continue à rester passif face au démantèlement de l’Etat, on crèvera un jour par défaillance du service public, sauf si on est très riche), et la forme de communication est un bon exemple de désintermédiation aboutie.
Merci et à bientôt dans la rue (cette fois, j’y vais)