jeudi 10 janvier 2008
Le fascisme sarkozyste vient d’avancer d’un grand pas le 9 janvier 2008 avec l’adoption par les députés du texte de loi de Rachida Dati, bulldozer ès-sarkozysme, autiste et appliquée dans ses missions destructrices, sur la "rétention de sûreté".
Cette mesure indigne nous fait sortir de notre torpeur lasse [1] tant elle est révélatrice de ce qui nous fait haïr le sarkozysme, le fait que des incompétents avides de pouvoir se permettent de nous faire croire qu’ils font de la politique, alors qu’ils n’en est rien puisqu’en réalité ils ne font que gesticuler devant les caméras, et pondre des lois inapplicables pour l’heure mais très dangereuses dans le fond, dans l’esprit.
Car si Mme Dati connaissait ses dossiers, ou s’intéressait un tant soit peu à la procédure pénale, elle saurait tout d’abord que le contrôle a posteriori des délinquants libérés, le contrôle post-peine purgée, existe déjà. Cela s’appelle le suivi socio-judiciaire et ce n’est malheureusement que très peu utilisé faute de moyens suffisants accordés à la Justice. Tare typique du sarkozysme que de pondre des lois pour pouvoir crâner avec aux 20 heures... sans même réaliser que les dispositifs qu’elles créent existent déjà, ou que les lois précédentes sur le sujet n’ont pas encore vu leurs décrets d’application publiés.
Par contre, ce que refuse de voir Mme Dati, petite marionnette pathétique de Nicolas Sarkozy amoureuse de son mentor, c’est la nature du mal qu’elle instille, par ricochet, dans la société et les institutions françaises. Sa loi en effet ne fait qu’institutionnaliser un concept abject : celui de la privation de liberté sans jugement, de l’embastillage sur lettre de cachet [2]. Concrètement inapplicable, le vrai danger de la loi réside plutôt dans son son impact collatéral vis-à-vis de l’opinion, qu’on habitue à ce genre de Justice expéditive, administrative.
Que fait-on passer comme message au peuple ? Un message révolutionnaire, comme l’a justement analysé Robert Badinter, qui dénonce une "minorityreportisation" de la procédure pénale... [3] Que le juge ne sert plus, que les peines qu’il distribue ne font plus référence, puisque l’embastillage administratif est possible. Quel concept récurrent (déjà maintes dénoncé ici) derrière tout cela ? Tout simplement celui-ci : que les "méchants", les "mauvais" (pédophiles, délinquants, jeunes de banlieue, chiens molossoïdes, immigrés, chômeurs, syndicalistes, etc.) n’ont plus de droits. Que le droit est relatif. Que l’arbitraire est roi. Que la loi du plus fort s’applique.
Aujourd’hui les agresseurs de mineurs, puis tous les récidivistes... Demain, les "dissidents" refusant de s’encarter à l’UMP ?
[1] Avez-vous remarqué comme cspcc.com a lâché la bride ces dernières semaines ? Pas que le sarkozysme débile ne nous indigne plus, non non... Mais devant tant de vanité, devant le feu d’artifice d’incompétence, d’arrogance et de blink-blink, on est submergé. Le guignol nous use, et son spectacle devient somme toute assez répétitif. Et puis nous savons bien que désormais, de nombreux sites ont pris le relais de notre sarkovigilance initiée en 2003. Au passage, nous vous recommandons la lecture de notre excellent cousin.
[2] Un concept qui existe déjà dans notre démocratie, comme avec les hospitalisations d’office par exemple. Mais qui pour l’heure demeurait une "exception exceptionnelle" à la règle. Alors que l’objet de Mme Dati est justement de banaliser la démarche.
[3] Evidemment ce terme est de cspcc.com, pas de Robert Badinter, qu’on imagine pas homme prêt à tant d’audace néologiste... Nous avons utilisé ici des guillemets pour signifier le néologisme, pas comme outil de citation...