Ca se passe comme ça

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L’emploi n’est pas la priorité des députés

jeudi 20 octobre 2005

Il paraît que l’emploi est "la" priorité du gouvernement... En tous les cas ce qui est sûr, c’est qu’il n’est pas celle de la Commission des finances de l’Assemblée nationale .

Voilà l’histoire : la Commission des finances a adopté la semaine dernière un amendement au Budget 2006 contrariant la volonté gouvernementale d’avancer d’un an la réforme de la taxe pour la formation professionnelle. [1]

Comme le Budget 2006 est le premier à se faire avec les nouvelles règles comptables imposées par l’excellente LOLF [2] il est désormais obligatoire de compenser toute disparition de recettes par une disparition de dépenses de montant équivalent. Les 203 millions effacés d’un coup de plume par des députés soucieux de ne pas pénaliser les entreprises, il fallait donc impérativement les supprimer aussi des dépenses 2006.

La Commission des finances n’a pas hésité longtemps [3] : elle propose de supprimer 103 millions affectés au fonctionnement de l’ANPE, 50 millions affectés à l’allocation de solidarité spécifique [4] et 50 millions affectés aux contrats aidés !

Comme elle est dirigée aux 4/5e par l’UMP, cette commission est somme toute assez logique avec sa ligne de "droite". [5] Ca se passe comme ça, un nouveau bâton dans les roues de Jean-Louis Borloo .

Notes

[1] Cette réforme vise en gros à ponctionner plus lourdement les entreprises pour financer la formation professionnelle. En quête d’argent frais pour boucler son budget 2006, Mandrake le magicien Thierry Breton avait avancé d’un an cette réforme prévue pour 2007 et censée rapporter 203 millions d’euros aux Régions (ce sont elles qui sont en charge de l’apprentissage).

[2] La loi organique pour les lois de finances (LOLF) vise à donner une comptabilité analytique à l’Etat, sur le mode de celle du secteur privé, afin de permettre de savoir exactement ce que l’Etat dépense. Elle organise le budget non plus ligne de dépense par ligne de dépense pour chaque ministère, mais en 34 grandes missions, subdivisées en 133 programmes, de façon transversale aux ministères.

[3] Source : Les Echos, n°19524, 20/10/2005.

[4] ASS, ce machin auquel on a droit quand on ne peut plus être chômeur et avant de toucher le RMI...

[5] C’est même peut-être plus subtil que ça : comme elle est largement composée de "sarkozystes", qui accusent Chirac, de Villepin et Breton d’avoir organisé un Budget 2006 asséchant exprès les capacités budgétaires de 2007 (année où le petit Nicolas s’imagine déjà à l’Elysée ), si ça se trouve, la Commission a volontairement donné un coup de canif dans les programmes pour l’emploi. Ce serait là une basse vengeance politicienne dont les sans-emploi feraient les frais, mais ceci n’est qu’un hypothèse de cspcc... Chacun sait bien que les politiciens ne sont pas aussi vils.

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