vendredi 21 avril 2006
Le gouvernement est très fier de sa politique en matière d’apprentissage. Ainsi Jean-Louis Borloo, ministre (néo-sarkozyste [1]) de la Cohésion sociale a plastronné, lors de la présentation d’un bilan sur l’apprentissage : "L’objectif c’est désormais de passer à 500.000 [apprentis par an] en 3 ans et non plus en 5 ans". [2]
Seul petit hic : les contrats d’apprentissage concernent de plus en plus des jeunes diplômés, et de moins en moins des jeunes sans qualification, auxquels ils se destinent pourtant. En 10 ans, entre 1994 et 2004, la part de ces derniers au sein de l’effectif des apprentis est passée de 52 à 45%. [3]
En gros, les efforts gouvernementaux sur l’apprentissage permettent finalement de donner des contrats d’apprentis à des jeunes dont les diplômes auraient dû les destiner à d’autres types de contrats. Et pendant ce temps, les jeunes non qualifiés continuent de se chercher une place. Ca se passe comme ça.
[1] Nicolas Sarkozy a adoubé officiellement Jean-Louis Borloo par un martial "Désormais, nous vous faisons confiance" lors de la crise du CPE, et après que le ministre de la Cohésion sociale lui ait révélé en privé à quel point il partageait ses vues sur l’autisme villepinesque dans ce dossier (confidence privée qui avait été révélée par Le Canard Enchaîné). Avant cela, Jean-Louis Borloo restait résolument chiraquien, n’hésitant pas à balancer ses piques contre le ministre de l’Intérieur-président de l’UMP-futur président auto-proclamé...
[2] Source : I.M. / La Tribune, 21/04/2006.
[3] Source : L.R. / Les Echos, 21/04/2006.