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L’Argentine éjecte Suez

mercredi 29 mars 2006

Et de six ! En résiliant unilatéralement la concession accordée au Français Suez sur la gestion de l’eau potable à Buenos Aires, le gouvernement argentin de Nestor Kirchner a procédé la semaine dernière à la sixième renationalisation d’entreprise privatisée en 3 ans. [1]

En effet, l’Etat argentin a déjà repris le contrôle de la poste, d’une ligne de train, de l’agence en charge des fréquences radioélectriques et de 2 autres distributeurs d’eau. A ces renationalisations s’ajoutent la création ex nihilo de 2 sociétés d’Etat, dont une compagnie pétrolière (un geste que ne renierait pas l’homologue vénézuelien de Kirchner).

Pourtant, Nestor Kirchner est loin d’être un idéologue féru de renationalisation, et au contraire des partisans de la vague de privatisation des années 1990, ce ne sont pas des vues dogmatiques qui le guident mais une approche pragmatique des choses.

Vu de Paris, cette éviction de Suez est cocasse dans le sens où elle intervient après celle d’autres entreprises françaises, dont EDF, Thales Spectrum et une autre filiale de Suez... Bref des entreprises semi-privées qui sont au coeur du discours chauvin sur le patriotisme économique , qui comme chacun sait consiste à interdire aux entreprises étrangères de faire en France ce que les géants français font partout dans le monde...

Au-delà, la situation commence à inquiéter sérieusement les capitalistes étrangers, qui risquent de chercher à protéger leurs intérêts en Argentine, quitte à se désengager du pays. Leurs arguments habituels seront en effet de courte portée, quand on se rappelle que ce sont les thèses ultra-libérales et les privatisations qui ont mené ce grand pays à la banqueroute totale en 2001...

Notes

[1] Source : J.-L. B. / La Tribune, 29/03/2006.

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1 Message

  • L’Argentine a connu la banqueroute à l’issue de décennies de gestion peronniste, populisme de gauche fondé sur une lourde administration, des syndicats omniprésents, une législation sociale pesante. Au fil des décennies, l’endettement de l’état argentin en est venu à dépasser le PNB de ce pays.

    Durant les années 1990, pour éviter la banqueroute, l’état argentin, à la recherche fébrile de ressoures financières, a privtisé (ou fait privatiser par les collecivité territoriales) la concession de nombreux services publics. Ainsi 30% des communes représentant 60% de la population ont vu leur gestion de l’eau privatisée sous l’une ou l’autre forme juridique disponible (concession, vente, location, etc.).

    Les investisseurs étrangers, parmi lesquels SUEZ présent à Buenos Aires, ont obtenu de remarquables résultats, comme en témoignent des travaux de recherche académiques. Le réseau délabré qui était laissé à l’abandon par la puissance publique à cours d’argent a fait grace aux investisseurs étranger l’objet d’investissements importants : rénovations, nouvelles stations d’épuration, extensions. Le taux de décès d’enfants a considérablement baissé dans les régions ainsi déservies, grâce à une eau devenue plus saine et plus disponible. Cette qualité améliorée s’est accompagnée de la réduction de moitié des effectifs plétoriques et inneficaces qui précédaient. De façon à éviter que les nouveaux connectés ne doivent payer le prix plein de leur connexion, lapuissance publique a préféré finalement préféré des augmentations de tarifs permettant à l’exploitant d’être remboursé sur la durée, charge à lui de se financer sur les marchés internationaux. http://faculty.haas.berkeley.edu/gertler/working_papers/Water%20for%20Life%20June30.pdf

    Néammoins, ces privatisations n’ont apporté à l’état argentin que quelques mois de liquidités supplémentaires, et un allègement partiel du fardeau sociofiscal. L’endêtement de l’état argentin a continué à croître et finalement la monnaie argentine s’est effondrée.

    Les investisseurs étrangers ont demandé à ce que leurs tarifs soient réévalués en conséquence, ou leur cahier des charges allégés, les produits industriels, compétences humaines et capitaux nécéssaires à une partie du fonctionnement et surtout aux investissements étant effectués en dollars. La puissance publique argentine a refusé. Depuis quelques années, le gouvernement argentin de Nestor KIRCHNER a procédé à des nationalisations quasi-sauvages.

    L’état argentin est poursuivi à ce motif devant les instances d’arbitrages internationales contractuellement compétentes et a déjà été ainsi condamné à verser 165 M$ à Azurix corp, ancienne filiale d’Enron. http://www.easybourse.com/Website/dynamic/FicheValeur.php ?ISIN=FR0000120529&lang=fra&NewsID=25614&pageliste=2

    Voir en ligne : L’eau

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