vendredi 6 juin 2008
La rengaine présidentielle est désormais bien matraquée connue : les chômeurs ne sont tous que de grosses feignasses profitant du système qu’il faut envoyer se faire tuer en Afghanistan remettre au turbin à grands coups de pieds au cul !
Fertile dans le cerveau malade de l’hôte de l’Elysée, cette théorie ne résiste pas à l’épreuve des enquêtes de terrain. La dernière en date émane même d’un organisme officiel : une étude du ministère du Travail publiée lundi montre qu’en réalité, les "faux chômeurs" (ceux qui soi-disant ne veulent pas retrouver un travail, car c’est bien connu que vivre de l’assistanat est un plaisir devenu sport national...) ne représentent guère que 2% des demandeurs d’emploi !
Comme l’expliquait Lucie Robequain dans "Les Echos" mardi [1] :
Loin des idées reçues, [l’enquête] montre que les chômeurs sont prêts à de lourdes concessions pour retrouver le chemin du travail. Plus des trois quarts d’entre eux accepteraient un emploi inférieur à leur qualification. La moitié serait disposée à déménager. Un sur deux serait même prêt à signer un contrat de travail précaire ou à temps partiel si cela lui était proposé.
(...)
Si les candidats à l’emploi restent au chômage, c’est parce que les offres sont insuffisantes, ou qu’elles sont inadaptées à leur qualification et à leur expérience, indiquent une grande majorité (82 %) des personnes interrogées.
(...)
Dans bien des cas, ce sont les raisons financières qui justifient ces refus. C’est, en tout cas, le motif le plus souvent cité, devant la « mauvaise situation géographique » et la « pénibilité du poste ».
Au vu de ces résultats, on comprend mieux pourquoi la "droite" cherche depuis 2002 à faire sauter les 3 garanties essentielles que notre droit accorde aux chômeurs (le gouvernement actuel est hélas sur le point de parvenir à en faire sauter 2, mais ceci est une autre histoire).
Sarkozy ferait bien de museler consulter ses services avant de s’obstiner à croire que les Français vont gober ses assertions idéologico-fantaisistes.
[1] Les Echos, 03/06/2008.