mercredi 9 novembre 2005
Nicolas Sarkozy en avait fait son argument "gauchisant" n°1 : la suppression de la double peine [1]. Mais voilà : sans doute conscient que toute récupération politique des électeurs de gauche et du centre est désormais impossible, en pleine frénésie de récupération fasciste [2] d’émeutes qu’il a lui-même largement contribué à déclencher , voila que le ministre de l’Intérieur rétablit la double peine, en demandant aux préfets d’expulser immédiatement du territoire français les étrangers condamnés pour leur participation aux violences urbaines, y compris s’il sont en situation régulière sur le territoire.
"Quand on a l’honneur d’avoir un titre de séjour, on n’a pas à se faire arrêter en train de provoquer des violences urbaines", a-t-il asséné [3], surfant sur la vague d’intransigeance tout naturellement engendrée par 13 jours de violences, et qui s’accompagne par amalgame de relents xénophobes visibles et audibles [4].
A casepassecommeca, on serait tenté d’ajouter : "Quand on a l’honneur d’avoir un titre de ministre d’Etat, on n’a pas à se faire surprendre en train de provoquer des violences urbaines" [5].
[1] La double peine a été supprimée administrativement par le ministre de l’Intérieur. Mais l’augmentation de la répression ayant accompagné ses mandatures a en réalité entraîné de nombreux nouveaux cas de "doubles peines" de fait (immigrés en situation régulière emprisonnés pour des délits, se retrouvant privés de la possibilité de renouveler leur titre de séjour -de par la privation de liberté- et se retrouvant de facto éconduits du territoire national à la sortie de prison).
[2] Pour ceux qui trouveraient ce terme trop fort, comme sur le forum de cette brève , rappelons que les trois mamelles du fascisme sont le culte du parti unique, l’exaltation nationaliste et le corporatisme. Nous sommes ici en plein dans l’exaltation nationaliste ("l’honneur d’avoir un titre de séjour", "les étrangers"...).
[3] Source : AP | 09.11.05 | 15:27
[4] Relents qui se trompent d’ailleurs complètement de cible, la plupart des jeunes émeutiers étant de nationalité française.
[5] Ni d’outrepasser la loi, de détourner l’état d’urgence pour continuer à instiller la haine au lieu de s’en servir pour apaiser les tensions, etc. Nicolas Sarkozy agit actuellement au mépris de tous les principes fondamentaux garantissant nos libertés. Le salut de la démocratie républicaine impose sa démission ou sa destitution.