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Demain, un gouvernement d’union nationale Sarkozy - Le Pen ?

jeudi 12 avril 2007

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Ensemble, tout devient possible.
(Piqué sur davduf.net)

Depuis un mois qu’on lisait, dans Le Figaro ou ailleurs, les signes avant-coureurs d’un rapprochement UMP - FN [1] on pensait très fort à écrire une brève [2] sur la possibilité, demain [3], d’un gouvernement normalisé d’union nationale associant l’UMP de Sarkozy et le FN de Le Pen.

L’hypothèse a été lancée par Jean-Marie Le Pen lui-même, aimablement relayée par LCI et Le Figaro les 20 et 21 mars : "Il faudrait imaginer une situation suffisamment dramatique pour qu’une sorte de gouvernement d’union nationale puisse être imaginée". Mais le vieux leader frontiste en est persuadé : cette situation est "à notre porte". Il suffirait donc de peu de chose [4] pour que le Front National entre au gouvernement.

D’ailleurs, le récent affrontement entre Jean-Marie Le Pen et Nicolas Sarkozy sur les origines immigrées du second ne doit pas faire illusion : derrière ces oppositions de façade, les deux hommes savent s’entendre quand il est besoin. Et Jean-Marie Le Pen est très clair quand il dit que Sarkozy le facho n’est pas Chirac le républicain : il "n’a pas contre le FN les mots très durs de Chirac, il a émis le souhait que Le Pen ait ses parrainages (...) Le Pen est un pragmatique, ce sont des choses dont il tient compte (...) Il n’y a plus le fossé qui existait avant. Nicolas Sarkozy défend les valeurs traditionnelles de la droite, cela nous rapproche. Si d’aventure, les relations se normalisaient, cela changerait beaucoup de choses (...) une période est peut-être en train de s’achever" analyse le chef du FN.

On pensait donc à cette brève, imaginant déjà les critiques habituelles à notre encontre : "Vous en faites trop, Sarko n’est pas facho, ce n’est pas parce que Le Pen rêve tout haut que l’union des deux droites va se faire, etc.".

Or voilà quelques déclarations de Nicolas Sarkozy lui-même, qui confirment le scénario : "Marine [Le Pen, NDLR] pourrait même intégrer le gouvernement à la fin de mon premier mandat" a déclamé un Nicolas Sarkozy rigolard, cité par Le Canard Enchaîné (11/04/2007), qui précise que "Sarkozy réfléchit certes à une alliance avec le FN, mais pour 2012, histoire, dit-il à son entourage, que "la droite se maintienne durablement au pouvoir". Il n’exclut pas, à terme, a-t-il confié aux mêmes, un rapprochement avec le Front National [5], dont Marine Le Pen aurait pris les rênes et renié les thèses racistes et antisémites de son père".

Or, les thèses du Front National, Marine ou pas Marine, cela donne ce genre de paroles, et ce genre d’actes. La France est prévenue, et ne pourra pas dire qu’elle ne savait pas. Quant à tous les électeurs sarkozystes bien pensants, qui nous reprochent parfois d’aller trop loin en assimilant Sarkozy à un fasciste, on ne veut plus entendre ici ces complices du retour du fascisme en France [6].

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Sarkozy et Le Pen se rencontrent et se parlent...
Extrait de "La face karchée de Sarkozy" © 2006 Riss / Vents d’Ouest

Notes

[1] Ainsi, par exemple, le député UMP de Nice Jérôme Rivière, qui déclare (Le Figaro, 04/04/2007) que "la question d’un accord avec le FN ne doit plus être taboue", précisant que "je ne fais que dire publiquement ce que la majorité des députés UMP pensent".

[2] On voulait initialement la publier entre les deux tours, dans l’hypothèse ou Nicolas Sarkozy serait présent au 2e tour. Car avant un gouvernement d’union des droites, il y aura d’abord des accords électoraux pour les législatives de 2007. Et c’est là que l’alliance bleu-brun commencera vraiment.

[3] Par exemple, après quelques années de fascisme sarkozyste une fois que la France aurait été bien marinée dans ses peurs et élevée dans le culte du rejet de l’autre...

[4] Par exemple, un nouvel épisode de violences urbaines consécutif à la prise de pouvoir par Nicolas Sarkozy...

[5] Ce qui donne toute la mesure de la volonté de rassemblement et d’apaisement de Nicolas Sarkozy, qui risque bien, s’il prend le pouvoir, de continuer ouvertement sa politique de fascisation du pays...

[6] Pour information, aucun régime fasciste ne s’est imposé du jour au lendemain, sans un terreau préalable. Le fascisme est un mal qui s’infiltre progressivement, grâce à des hommes comme Nicolas Sarkozy, et grâce à la complicité aveugle ou intéressée des gens qui votent pour de tels extrémistes... Après, chacun est libre de vouloir le retour du fascisme dans notre pays, mais il faut alors assumer son choix...

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