samedi 10 novembre 2007
Le comité national des Pêches dénonçait hier une "volte-face" de la Commission européenne, terme fort complaisamment relayé par les médias dominants.
Bel exemple de règne du faux, car il n’y a là aucune volte-face. Comme le montre l’historique de l’affaire, la Commission européenne n’a jamais dit qu’elle acceptait les mesures proposées par la France. Elle a dit le 7/11 qu’elle attendait de voir, en précisant qu’il existait des possibilités de mettre certains dispositifs d’aides en place. Le 8/11, après avoir reçu les premières indications sur la nature du soutien concocté par Paris, elle a mis en garde la France sur l’illicéité de son dispositif. Il paraît évident qu’il n’y a donc aucune volte-face nulle part, la Commission n’étant pas à l’origine des promesses et n’ayant jamais affirmé qu’elle avaliserait quoi que ce soit.
La réalité est plus simple, c’est tout simplement que Nicolas Sarkozy n’a rien changé à sa méthode bassement démagogique [1], et promet la lune et son contraire à tout le monde, histoire de faire de bonnes images au JT. En face, la Commission européenne ne fait que son travail, en rappelant à la France la nature des engagements qu’elle a signés naguère. L’action de Bruxelles, contre-pouvoir extra-national, est d’autant plus salutaire qu’elle intervient à un moment où, en France, l’ensemble des contre-pouvoirs ont été anéantis (citoyens, presse, parlement, etc.) ou sont en voie de l’être (justice, presse économique, etc.).
[1] Rappelons également que c’est la base même du fascisme que de s’appuyer sur les corporatismes pour asseoir son pouvoir...