vendredi 4 juillet 2008
Dans la France actuelle, le mythe du plein emploi peut aussi faucher des retraités, pourvu que cela permette de ne pas employer quelqu’un autrement que via un contrat précaire. Inconsciemment nourris des idéologies sarkozystes en vigueur du type "travailler plus pour travailler plus", certains employeurs (publics de surcroît) n’y vont pas par 4 chemins pour ne pas avoir à embaucher des gens de façon pérenne. Il en va ainsi de l’hôpital de La Rochelle qui pour affronter son traditionnel "effet de ciseaux estival" (plus de patients en ce lieu touristique mais moins de personnel pour cause de vacances) n’a pas hésité à innover, en battant le rappel de personnels infirmiers retraités. C’est ce que dénonce le syndicat Sud de l’établissement face à une direction qui minimise l’audace de sa GRH, en prétextant la pénurie de main-d’oeuvre. Ce qui est faux dénonce Sud, qui connaît des infirmiers ayant postulé avant d’être éconduits. "Mais ici comme ailleurs, la direction ne veut pas embaucher, ne pas alourdir la masse salariale [1]. Elle préfère avoir affaire à des CDD, des intérimaires. On se doute que cela ne va pas dans le sens d’un meilleur service rendu à la population" explique Christophe Jauffrey, secrétaire local de Sud Santé [2].
Vacanciers en villégiature à La Rochelle, ne soyez donc pas surpris si vous êtes pris en charge par un vieux chevrotant : non, non vous n’êtes pas tombé sur un malade échappé de gériatrie, c’est l’infirmier qui va vous prendre en charge !
Une grande première en France selon Sud. Ca se passe comme ça et ce n’est évidemment pas un hasard si ça se passe aujourd’hui.
[1] Et pourtant, l’hôpital de La Rochelle compte parmi un des rares en France à ne pas avoir de problèmes d’argent... D’après nos confrères des "Echos", il figure même, avec Cannes, au premier rang de ceux qui réalisent des bénéfices, avec plus de 4 millions d’euros d’excédent l’an dernier ! "Pour 2009, la Fédération hospitalière française évalue à 4,15 % la hausse nécessaire des crédits pour les hôpitaux, et ce sans mesure nouvelle sur les dépenses (plans de santé publique, par exemple). Le ministère de la Santé rétorque que les déficits ne sont pas inéluctables, puisque, avec les mêmes règles tarifaires, certains établissements dégagent des excédents. A la fin 2007, le bilan de la FHF fait état d’un cumul d’environ 100 millions d’euros de profits pour les hôpitaux bénéficiaires. Selon nos informations, le centre hospitalier Pierre-Nouveau (Cannes) et celui de La Rochelle ont réalisé des excédents d’environ 4 millions l’an dernier, devant Bourg-en-Bresse (3,5 millions), Villefranche-sur-Saône (2,5) ou encore Cahors et Mont-de-Marsan (plus de 2 millions)". Source : Les Echos, 03/07/2008.
[2] Source : PQR, 03/07/2008.