lundi 19 septembre 2005
Donnant entrevue à la presse locale à la veille de son départ de la présidence du Medef de Charente, Jean-François Vieira (qui assure actuellement l’intérim à la tête du tribunal de commerce d’Angoulême, après les mises en examen de sa présidente et du principal liquidateur judiciaire de la ville [1]), ne se rend même pas compte des inepties qu’il profère.
Ainsi, à la question "Qu’attendez-vous des élus ?", le patron des patrons charentais répond [2] :
"Qu’ils réduisent la dépense publique. Moins on dépense d’argent collectif, mieux on se porte. Concernant la nouvelle majorité, j’applaudis les économies sur Magelis. Mais il faudra faire le bilan des projets qu’elle aura portés. Je pense notamment au centre d’enfouissement des déchets industriels dont l’absence en Charente représente un surcoût de 15.000 euros par jour pour les entreprises, l’équivalent de 150 emplois (...)".
En voilà encore un qui n’a pas peur des paradoxes ! Moins d’impôts, moins de collectivités, moins d’Etat et toutes ces saloperies ! Par contre, on se demande bien ce qu’attend le contribuable et la collectivité pour payer le centre de traitement des rejets et autres pollutions que les activités de M. Viera et de ses amis génèrent ! Le mec ne se rend même pas compte de ce qu’il sort dans la même réponse... [3].
Il s’inscrit ainsi dans la plus pure ligne de son ex-homologue au plan national, Ernest-Antoine Seillière, pourfendeur de l’Etat devant l’éternel, toujours prompt à réagir dès qu’une grève des cheminots -enclenchée parce que les travailleurs publics ne supportent plus la pression énorme que fait peser sur eux le démantèlement organisé de l’Etat- "prend les entreprises en otage" ! Ou encore comme ce cher Denis Kaessler, vice-président du Medef et président du réassureur Scor, lui aussi toujours en train de vomir sur les prélèvements obligatoires tout en suppliant l’Etat d’intervenir dans son business à la première grosse catastrophe écologique ou terroriste !
L’Etat c’est toi, c’est moi, c’est vous, c’est nous. Mais apparemment c’est pas les mecs du Medef ! Ca se passe comme ça.
[1] Cette histoire si ordinaire de "mafia d’un tribunal de commerce" n’étant pas encore jugée, cspcc.com s’abstiendra pour l’heure de tout commentaire...
[2] Charente Libre, n° 18856, 15/09/2005.
[3] A cspcc.com, on a un super conseil d’ami à donner à M. Vieira : qu’il installe sa prochaine entreprise à la Nouvelle-Orléans (ou à Houston), il paraît que l’Etat y est quasi inexistant...