mercredi 5 décembre 2007
Il y a quelques semaines, à l’occasion d’une déclaration de Nicolas Sarkozy sur les projets de réformes institutionnelles, où le président de la République disait son souhait de voir limité à deux le nombre de mandats présidentiels, on avait pensé à une brève légère et impertinente sur le mode "Vladimir Poutine nous a déjà fait le coup" (avant de ruser pour pérenniser malgré tout son pouvoir). On avait finalement renoncé, au vu de la faible valeur ajoutée (coco !) d’un tel commentaire.
Mais alors le fait qu’aujourd’hui Nicolas Sarkozy ose cyniquement féliciter M. Poutine pour sa victoire aux législatives, qui viennent de se tenir dans un climat de parfait déni de démocratie [1], a de quoi laisser pantois. Ce qui n’était qu’une crainte paranoïde de cspcc.com il y a peu, est en train de se dessiner aujourd’hui de façon plus concrète.
Derrière tous leurs beaux discours de façade, Vladimir Poutine et Nicolas Sarkozy partagent le même tempérament autoritaire, autocratique. Tous deux opèrent dans des pays où les contre-pouvoirs sont en voie d’anéantissement. Tous deux utilisent avec aisance la violence pour gouverner, tous deux ne supportent pas la contradiction, tous deux cultivent un culte de la personnalité bien organisé, finement entretenu.
Avec leur collègue Bush (qui lui relève d’un autre stratagème, moins personnifié, en demeurant l’homme de paille de Dick Cheney) qui doit théoriquement partir en 2008, ils ne semblent attendre plus qu’un "choc" suffisamment important, une "rupture" socio-politique d’envergure susceptible de justifier un état d’urgence, un coup d’Etat permanent, dissimulé derrière une bonne couche de faux, qui fait croire, dans la forme, en façade, que la démocratie existe toujours.
Un tel "grand choc" nous attend-il ? 2008 sera-t-elle l’année de tous les dangers pour la démocratie, de plus en plus ravalée au rang de simple concept ? Qu’en pensez-vous ?
[1] A noter le stupéfiant (et inquiétant) relativisme d’Axel Poniatowski, président (UMP) de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale : "Je ne sais pas. C’est ce que dit le Kremlin mais il n’y a pas eu de communiqué de l’Elysée en ce sens". "Je sais qu’il l’a eu au téléphone. En revanche je ne sais pas ce qu’ils se sont dit et je doute dans tous les cas beaucoup qu’il l’ait félicité chaleureusement". "Ce qui est clair, c’est que cette campagne n’a pas été réalisée très démocratiquement". Mais, "je pense qu’en même temps il ne faut pas diaboliser. On sait que Poutine est très populaire en Russie" et "n’oublions pas que la Russie revient de très loin. La Russie était un régime fasciste soviétique, elle traverse une longue période de transition qui est difficile". Source : nouvelobs.com - 5/12/2007.